‹ Laurier [microforme]Chapitre 29 sur 69 · PRET · texte numérisé non relu

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Il y a quelques années, sus l'empire des sentiments que les traditions du Parlement anglais inspirent à tout sujet britannique, j'avais, un moment, pensé que je pourrais avoir un siège à Westminster ; je suis arrivé depuis à la conclusion que c'était un rêve, un beau rêve tout de même. Toutefois nous allons retourner dans nos pays plus convaincus que l'unité impériale doit être basée sur l'autonomie locale.

Il avait bien raison d’être content du rôle qu’il avait joué à la Conférence de 1907, d’être content de lui-même, ainsi qu'il l'écrivait à un ami, dans les termes suivants :

La Conférence est terminée et pensant à tout ce qui s'est passé depuis les dernières conversations que j'ai eues avec toi avant mon départ, je suis surpris des résultats obtenus. J'ai échappé à tous les dangers ; toutes mes idées ont été acceptées sur toute la ligne, ma politique l'a emporté. Îl me parait certain que ce voyage plein de périls a en somme très bien tourné, Mais ceci est entre nous, car je ne veux pas avoir l'air de battre !1 grosse caisse. ......

Laurier revint au Canada plus populaire que jamais, aux yeux de ceux spécialement qui connaissaient le courage et le désintéressement avec lesquels il avait défendu les intérêts du Canada et fait avorter tous les projets funestes à son autonomie. Mais les mauvais jours arrivaient où il aurait à faire face à l'hostilité des nationalistes et des impérialistes, où les premiers lui reprocheraient d’avoir trop fait pour l'Angleterre et les autres de n’avoir pas fait assez.

Toutefois les élections de 1908 lui furent favorables, sa majorité réduite d’une quinzaine de voix dans les provinces anglaises, lui resta fidèle dans la province de Québec qui lui donna 54 sièges sur 65.

Il avait ouvert la campagne électorale, le 5 septembre, à Sorel où 10,000 électeurs étaient venus de

Laurier en

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Partout pour le voir et l'entendre. 11 ne manqua pas l'occasion de rappeler les événements glorieux que les lieux évoquaient dans son esprit, de parler des grandes luttes politiques dont ils avaient été le théâtre.

C'est our les bords de la rivière Richelieu, dit-il, que nos au temps de Papineau, plantèrent l'arbre de la liberté. Je suis sûr que

ne pas me rejster parce que je suis Comme vous canadien-français,

Inutile de dire que des acclamations enthousiastes accueillirent ces paroles patriotiques.

Quelques jours plus tard, dans une assemblée monstre, au parc Sohmer, à Montréal, il disait, commentant la devise adoptée par les Organisateurs de la campagne électorale : “Laissons Laurier finir sa tâche.”

11 reste beaucoup à faire et je songe souvent à ce que je voudrais faire pour compléter ma tâche, mais malheureusement les années s'accumulent sur ma tête, et c'est probablement la dernière fois que je fais appel à mes compatriotes. Oui, si j'étais de vingt ans plus jeune, il est plusieurs projets que je soumettrais au pays, mais je le répète, je vieillis ; vieillir est une erreur, mais, une erreur dont je ne suis pas seul coupable. Je ne puis espérer qu'il me sera donné de solliciter encore une fois l'appui

ce moment et je ne crois pas me tromper en disant que cet appel sera entendu.

“Oui, oui”, s'écria la foule profondément émue par ce touchant appel.

Ce ne fut pas son dernier appel, car deux fois encore, en 1911 et en 1917, il devait solliciter l’appui de ses concitoyens, mais avec des résultats bien différents.

Les événements devaient bientôt fournir aux forces coalisées des nationalistes, des impérialistes et des orangistes l’occasion et les armes qu’elles attendaient pour le renverser.

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