LA MESSE
“La messe est commencée. Mgr Pietro di Maria est monté à l'autel, revêtu des habits pontificaux et coiffé de la mitre. Le choeur de chant entonne le “Requiem”, parole qui reviendra Souvent au cours de la cérémonie : “Seigneur, donnez-lui le repos éternel!” Cette âme, que vous avez faite noble et belle a lutté; elle a connu les difficultés de la vie; elle a été plus que les autres en butte à la tentation. Donnez-lui, Sei- &neur, le repos éternel. Ce Corps a souffert ; souvent
l'empreinte de Ja douleur.
“La prose terrible du “Dies irae” est entonnée, Ce chant fait une profonde impression Sur l’auditoire.
Dans cette prose, l'Eglise met devant nos yeux l’inexorable justice à laquelle il faudra rendre compte de tout. Pendant la vie, miséricorde; après la mort, justice. On voit “le jour de colère, ce jour où Dieu fait entendre les arrêts d’une justice impitoyable et les cris de douleur de ceux qui seront les éternels damnés”.
“Si le “Dies irae” est terrible, l'Eglise raconte la scène touchante de la résurrection de Lazare. Ce ne sont pas seulement des chants que l'Eglise prodigue pour consoler. L'acte de religion par excellence va s’accomplir. Le Christ lui-même va intervenir en s'offrant en victime propitiatoire pour celui que l’on pleure. La clochette s’agite; un silence solennel règne dans la basilique; les têtes s’inclinent dans l’adoration, Celles qui ne s’inclinent pas, parce qu’elles n'appartiennent pas à la foi catholique, sont visiblement impressionnées et émues:; tant de grandeur, tant de pompe les fascine.
“ Puis, le “Pater”, cett. prière commune à tous les chrétiens, et la communion de Celui dont il faut
avoir mangé la chair et bu le sang pour ressusciter au dernier jour.
“La messe est dite et l’absoute commence.
“Mgr Pietro di Maria se rend avec le clergé devant le catafalque. ‘l'ous portent des cierges; le célébrant récite une émouvante prière: “N’entrez pas, Seigneur, en jugement avec votre serviteur.” Il supplie la divine miséricorde. Puis les chantres en-
tonnent le “Libera”: “Délivrez-moi, Seigneur, de la mort éternelle en ce jour redoutable...” “L'officiant répand l’eau bénite sur les restes mortels de l’illustre défunt et fait monter autour la Vapeur odoriférante de l'encens.
“L'absoute se termine par quelques versets et une oraison où l’on demande à Dieu “que son serviteur
rection, ressuscité à la gloire, il vive parmi les saints et les élus.” Et ce magnifique souhait forme l’adieu final: “Qu'il repose en paix! Amen!”
“Aux accents de la “Marche funèbre” de Chopin, le cercueil est lentement levé de son lit d'honneur,
basilique, et Plantin; comme diacre d'office, M. le curé Myrand:; comme sous-diacre d'office, le repré- Sentant du collège de l’'Assomption, où sir Wilfrid a fait ses études, le chanoine Pauzé. MM. les abbés Martin et Hébert agissaient comme maîtres des cérémonies.
“La chorale de la basilique, assistée de quelques chantres des diverses paroisses de la ville et de Hull, a rendu, sous la direction de M. Champagne, la messe de Perosi et le “Dies irae” d’une messe inédite de M. Amédée Tremblay. Les solistes étaient MM. Paul- G. Ouimet, Gustave Gosselin, Miville Belleau, Armand Lacroix, M. Beaudet et J. Tremblay. M. Joseph Saucier, de Montréal, a rendu les “Adieux” de Schubert. M. Amédée Tremblay touchait l'orgue. La bénédiction a été donnée au cimetière par le R. P. Lejeune, O.M.I.