A LA BASILIQUE
“ A onze heures presque précises, le cercueil de l'illustre défunt, porté par huit policiers, traverse le parvis de la basilique. Le R. P. Laflamme, O.M.I., curé du Sacré-Coeur, paroisse de sir Wilfrid, assisté de MM. les abbés Myrand et Pauzé, va au-devant du défunt et fait la levée du corps. Puis le cortège entre dans l’église, tandis qu’au jubé les chantres font entendre les accents déchirants du “Miserere”. La façade et l’intérieur de la basilique sont tendus de noir. Le corps est déposé sur un magnifique lit d’honneur, entouré de cierges.
“ Le gouverneur-général occupe la première place près de la balustrade, puis les lieutenants-gouverneurs, ensuite les parents du défunt. En arrière et autour du catafalque se pressent les porteurs d’honneur, les ministres, les juges, les députés, les sénateurs et tous les invités. Les galeries sont remplies de dames. Un nombreux clergé emplit les stalles et déborde dans la nef.
Les officiants font leur entrée et la cérémonie commence; elle sera d’un bout à l’autre imposante et solennelle. Cet apparat extérieur, cette grandeur
laurier
impressionnante, l’Eglise les déploie non seulement comme un hommage à la douleur des parents et aux regrets de tout un peuple, mais encore et surtout comme un hommage au caractère sacré du chrétien et à la dignité du corps purifié par 1 eau du baptême.
“ Venez au-devant de nous, saints de Dieu”, ont entonné tout à l’heure les chantres, sur une mélodie d’une allure de tristesse adoucie par 1 esperance. “Accourez, anges du Seigneur, venez îecevoir cette âme et la présenter aux regards du Très-Haut ! Qu’Il t’accueille, le Christ qui t’a appelée, et que les anges te transportent dans le sein d’Abraham !