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Acte de 1177, Septième des Kalendes de mai

Le pape Alexandre 111 d'autorité apostolique confirme à dite Abbaye le cellier du Désaley et ses dépendances.

1182. 8* des Kalendes de janvier.

Le pape Luce III confirme à l'abbaye de Théla les vignes du Désaley : a For aminé Duylle usque ad Combain Rachis sicut semita dividit gua tendit Lausannam; et a Comba Rachis usgue ad Petram DayUetf; et a Peira DayUcy usgw ad Peêram Oéf.

1274. Le lendemain de Sainte-Catherine.

Deux commissaires députés à ce par le chapitre général de Tordre de Citeaux limitent entre les vignes et possessions de TAbbaye de Théla et celles de l'Abbaye de Haut-Grét riére le Désaley, Taque-duc faisant limite devant être entretenu à frais communs.

Est ordonné que le chemin situé sur le cellier du Haut-Grest et qui tend vers le cellier de Théla, soit entretenu aux frais de l'Abbaye de Théla jusqu'au lac, etc.

Les dits commissaires déddent et ordonnent que le ruisseau coulant d'auHlessus du cellier du Haut^rest, demeure commun aux

usages des deux celliers et son cours maintenu à frais communs.

1279, mai. Vente faite à l'Abbaye de Théla par Nicolas de Gheybry dit de Grousa, du consentement de Rodolphe et Guillaume ses frères, de deux pièces de vigne mouvantes du fief de dite Abbaye et

situées au territoire de Désaley ^ infra Clausum de dite Abbaye.

LE DÉSALKY

1308, octobre.

Prononciation sur dilTérens d'entre l'Abbaye de Théla d'une et dame Agnès veuve de Guillaume de Paleysieux donze), nobles Girard et Mennod leurs rafonts et Jeannette femme du dit Girard d'autre part; sur ce que les dits nobles de Paleysieux prétendoient que la dite Abbaye fut tenue de payer annuellement un Ressaty en son ceHier du Désaley, au lieu dit des Conversions^ pour les dits nobles de Paleysieux el trois compagnons menez avec eux au dit cellier: — sur quoi il fut prononcé: i** que des dits nobles de Paleysieux pour eux et les leurs quelconques quitteroient à la dite Abbaye le dit Reuatf tant h cause du dit cellier que les autres biens de dite Abbaye, moyennant la somme de iOO sols. 2" les dits nobles donnent à la dite Abbaye la plus-value du dit Ressat.

1515, mercredi avant la nativité 4e St4ean Baptiste.

Par vertu de prononciation foite par arbitres sur diffifirents entre TAbbaye de Théla et Jean fils de Rodolphe de Grousa ; le dit Jean donne et quitte à perpétuité à la dite Abbaye, spécialement tout le droit qui lui compète au dit Désaley : savoir depuis le ruisseau qui jouxte à dite Planche, jusqu'à la maism de dite Abbaye et depuis le lac jusqu'au chemin appelé Mabghart qui est et détend par des^ ' sus la maisoH de dite Abbaye, -

1328. Reconnaissance en faveur de TAhbaye de Théla par Laurent Magnin d'une vigne située au territoire du Désaley, jouxte la vigne des hoirs de Pcrrette de Four, de Perrod de Montcnons et de Dunez, d'une part; le vieux Gloz des religieux de l'Abbaye du Haut- Grest, d'autre ; le chemin tendant vers le village de Rive-dessus. Sous la censé de deux coupes de vin, mesure de Lavaux de Lustry^ avec directe seigneurie.

1358, février. Reconnaissance de Guillaume fils de Pierre Bono, en faveur de l'Abbaye de Théla, d'une pose de terre située en la Castaz du Désaley; jouxte la terre du confessant qu'il tient du seigneur évêque d'une part; la terre aux hoirs des Grives, de Vautre, et de la part dessus, la terre Es Rippel dessous. Sous la censé directe de deux coupes de vin, mesurage de St Saphorin avec la dixme.

1S65. Dimanche avant St^lément.

Reconnaissance en feveur de dite Abbaye par Jaquet Richonet.

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LE OÉSALEY

1® D'un raorcel de vigne^ silué au Désaley, jouxte la vigne de GoQOD Bottens doozel d'une pari et la vigne de Jean fiordiaui, de Fautre.

2* D*ttn antre mored de vigoe au dît Désaley^ jouxte Ja vigne des hoirs de Gonna MeiUtez, d*80tre part la vigne du seigneur Humbert

de Lucinge, de l'autre jouxte ia vigne de Bardian de Rive. Sous la censé d'un selier de vin du cru.

i378,25jaoner.

NoMe Humbert de Collombier donne i TAbbaye de Théla, trois muids de vin de censé du vin du Déaaley à lui dus par to dite

Abbaye.

1585, 5 octobre.

Reconnaissance de Rodolphe, seigneur de Pont, d'avoir payé au nom de noble Humbert de Gollombier, cbevalier, à TAbbaye de Théla, la dixme d*une vigne située au Maz, jouxte la vigne de Domp. Estienne de Guerrix d'occident; ia vigne de Jean Mestraulx d'orient.

1388, jeudi avant Sl-Denys.

Reconnaissance de Perret d'outre lac d'avoir payé deux setiers de vin pour raison de dixme ou aumône à l'Abbaye de Théla pour une vigne au Désaley, appitrtenant à noble Guillaume d^Albignyon.

1300, 4 février.

Abandonnaliou faite à l'Abbaye de Montheron par Perrin Borgonyon de Rivaz de vignes situées au Désaley, lieu dit en la vigne à laz Viely et à La~prês.

i418, 5 mars.

Albergeage passé par TAbbaye de Montberon h Jean et Glande

Corbères de Piii'doux povr eux et leurs légitimes d^etix descendans seulement et non pour autres quelconques d'un inorcel de vigne au Désaley lieu dit sus Montheron, Sous la censé directe d'un setier de vin du cru, la dime comprise dans le dit sètier.

Gonditbns : les dits albergataires cultiveront bien et duêment la dite vigne, en temps et saisons convenables, et maintiendront en bon ôtre cl referont les Charmuz soit les murets di^s dites vignes. Ne pourront vendre, aliéner et la charger d'aucune servitude sans le consentement exprès de dite Abbaye. Dans le cas de confiscation, de mort sans enfimt légitime, la dite Abbaye pourra retirer è elle la dite Vigne sans contradiction.

LfiDÉSALBY 175

1435. Rfleonnaissance de Pierre Janin d'un moreel de vigne silué au Désaley, liea dit en LomgimaUz,

4486. Albergeage perpétuel à Pierre Goumoëns de la vigne au

Désaley lieu dil sus Montheron, sous la censé direclc d'un setier et des deux tiers de uioilié d'uu autre seller de vin» dixme coqiprise. L'Abbaye de Moniheron réserve de pouvoir prendre sur le mur de la dite vigne en largeur de Irois pieds d*bomme et d'un pied de profondeur pro terrando (pour terrer) le clos de la dite Abbaye.

Il y a d'autres albergea,c,Ts en faveur de Antoine don Gharpit de Cheybris; Pierre et Mermol Beruyer de Pubioz; Jean Gornuz à?. Rive; Jaquet Murissier de Puëdoux ; Nicod Gbarvoz; noble George Muriset du Montillier; Villeime Gbarvoz, autrement Leyvraz de Rive en 1640; François Du Vont de Rive; Jean Boijaud; Pierre Emery de Rive : Nieod Vuagnières; Henri Savary; François Paschod.

En i565. Je char de vin (400 pots) du Désaley coûtait dix écQS pistolets, dont cbacan râlait cinq florins (le florin

à 4 batz). L6 sac de froment sept ilorios^ celui de messe! cinq.

En 1862, le bail avec les vignerons indique douze poses de vignes, qui ont [noduit 304 muids de vin vendus 29^266 francs nouveaux, y compris la part du vigneron.

DéMdey du Hant-Crest:

Extrait d'une notice sur l'Abbaye du liaut-Crét par le doyen Bridel :

On lira avf'c plaisir le fragment suivant qui témoigne de l'intérêt de notre savant concitoyen pour tout ce qui se rattache à Thistoire de notre pays :

On aime à faire des recherches sur ces sociétés religieu-

176 LE DÉSALEY

M8 qui, les premières, ont éclairci nos forêts, ensemeoeé DOS plaines et planté des vignes sur nos coteaux ; en remoDtant à travers les siècles écoulés, od porte à leur mémoire le tribut de respect et de reconnaissance que lui doit la postérité, riche de leurs peines et de leurs sueurs. Telle fut l'Abbaye de Ilaut-Crèt, appelée, aussi Aucrès, Ocre, Altcrest, et en latin Alta-crista, Altecrescens.

Fondée en 1134 sur la rive gauche de la Broie, prés du château des barons d'Orou, du donjou des sires de Palézieux et des nobles manoirs de Bossonens et d'Attalens.

En 1141, l'évéque Guy leur confirma la possession d'un Ûef à Palézieux, donné par Bonfîs de Cbexbres, et leur céda une portion du Dasalay (Désaley) pour y faire des vignes, plantées seulement treize ans après ; Amédée, évêque de Lausanne» confirma ces donations en 1154 aux conditions suivantes : c Je remets la terre déserte et inculte du Désaley, aux firères du Haut-Grét, pour en jouir h moitié fruit. Je promets de payer au bout de 4 ans L. 20 pour le travail qu'ils y feront; sinon ils retiendront toute la récolte jusqu'à entier payement : de plus, quand nous viendrons à quitter par mort ou autrement Févêché de Lausanne, nous leur donnons en franc-allou la moitié des vignes plantées par eux, et cela en aumône et par principe de charité : que si les dits frères veulent cultiver Tautre moitié, ils auront aussi la moitié de la récolte : pressé par la nécessité, nous leur avons emprunté 10 livres qui leur seront fidèlement rendues par nous ou par nos successeurs. Et pour éteindre cette dette, on taxera à sa valeur la récolte annuelle de ma moitié, et on la leur remettra conmie un à-compte. Fait à Lausanne en plein Chapitre avec l'approbation d'Ardutius^ évêque de Genève. »

Les religieux attaquèrent alors le Désaley qui n'était encore qu'un chaos de rochers et d'éboulis ; ils apportèrent

L£ DÉSALEY

des terres là où elles manquaient, plantèrent des ceps dont « les grappes mûries par le soleil du midi produisireDt d'eïceilents yIds. Bientôt ils en fournirent la table de l'évéque. Us en régalèrent les Seigneurs que la dévotion ou le désir de s'instruire attirait auprès d'eux. Leur exemple encouragea les habitants de Layaux, et c'est à ces moines hlancs qu'on doit, si ce n'est l'établissement, au moins les progrès de ces beaux vignobles de St-Saphorin et de Cuily qui donnent maintenant les meilleurs vins de notre canton» qui attestent la patience énergique et les pénibles travaux de leurs premiers cultivateurs et qui font l'admiration du voyageur, surpris de compter dans quelques endroits jusqu'à 40 terrasses dès les bords du lac jusqu'au sommet des côteaux.

Peu de temps après > le même évéque fit un nouveau compromis par lequel le cens qu'il se réservait était déterminé à trois mulds.

En 1167, Gautier et Guillaume de Blonay reconnurent les concessions que leur père Amé avait faites à Uaut^ Crét et les augmentèrent de la dîme de toutes les vignes acquises ou à acquérir au Désaley. L'évôque Landri lui donna ses dîmes dans les défrichements exécutés par les religieux sur le territoire de Palézieux et de nouvelles terres au Désaley, près de la tour de Marsens.

L'hiver rigoureux de 1238 causa de grandes pertes par la gelée de la majeure partie des vignes du Désaley, il fallut renouveler avec du plant venu de Boui^ogne.

En 1536, lors de la conquête du Pays de Vaud, les Bernois sécularisèrent le couvent sous son dernier abbé Pierre Morel. 11 fut décidé en 1539 que le bâtiment servirait d'hôpital, et que ses revenus seraient employés au soulagement des pauvres de la contrée et aux pensions des ministres.

Les biens du couvent de Haut-Grét furent vendus au plus

178 LE DÉSALET

offirant le 18 mai 1558. Cette vente produisit 2983 coaronnes d'or, qui vaudraient aujourd'hui francs SS,558 75

centimes. (Cette indication m'a été donnée le 19 octobre 1862 par M. le professeur Hisely.) Il paraît que les vignes du Désaley n'ont pas été vendues alors. La commune de Lausanne les acheta le SI février iSOS* à la vente des biens nationaux ; le Désaley du Haul-Crest dit Désaley d'Oron» de la contenance de 96 ouvriers» fut vendu au prix de 6S,000 francs anciens.

Le bail actuel indique neuf poses, six ouvriers.

La récolte totale en 1861 a été de 315 muids (de 100 pots), vendue pour le prix de 28,718 fr., dont à déduire . la part du vigneron.

lie» deux cdUlers.

£n faisant connaître l'origine du Désaley» et les circonstances sous lesquelles ces vignes sont devenues la propriété

de la commune de Lausanne, nous dirons quelques mots des hommes dont l'énergie et la persévérance ont élevé ces innombrables terrasses où les ceps reçoivent les soins que Ton donne ailleurs aux cultures les plus précieuses.

U n'est pas possible de remonter à l'époque précise des premiers défrichements ; les plus anciens actes où il soit

* La eommime de Lansaime a acheté à la même vente :

Lepré dnCh&teaa enGeeigette, lixeeytem . fr. ancieiu. Le grand pré d'Oachy avec b&timent, vingt et on

seytenrs > 80^00 »

Le domaine de Bnrignon, 106 eavrien de vignes > 78^ »

L^Âbbaye de Mont, 10 poses de pré, 80 de vignes » 180,000 • Lee Embnxnei, 1002 poses de montagne . . \

Le mont Ofan^ mont Biffli, 129 poses . . . { * *

LE DÉSALEY 479

fait mention des vignes du Pays-de-Vaud datent de Tan

517. Pour ce qui concerne le Désaley, il ne nous est pas resté de données historiques jusqu'à Tannée 1141 » époque à laquelle Guy de Marlanie fit la première concession aux congrégations religieuses de l'ordre deCiteaux, mais il existait déjà dans le voisinage des plantées du Seigneur évéque et probablement du Seigneur de Grandson.

D'après une ancienne tradition, les populations de La« vaux, et plus particulièrement celles de Rivaz et de Chex-J* bres tirent leur origine des Gotbs^ race germaine très énergique qui , au MV^ siècle, envahit une partie de l'Europe.

Quelle que soit l'origine du peuple qui habite la rive du lac située entre Lausanne et Vevey» on a peu d'exemples de travaux aussi considérables et aussi bien exécutés que ceux que l'on remarque dans cette contrée ; on comprend alors que toutes les personnes qui visitent ce pays, en particulier les étrangers, rendent honunage au courage, à la persévérance des hommes qui ont établi ces vignes et à ceux qui les entretiennent avec un soin continuel. Les terres sont d'une nature extrêmement forte, le sol est très incliné, ces circonstances exigent du vigneron des travaux spéciaux dans le but de maintenir le niveau du sol autour des ceps et d'appuyer les murs : on a vu plus haut que Ton terre les murets depuis longtemps.

Une longue expérience a amené une grande perfection dans la taille de la vigne* et dans les soins donnés au cep et an sol ; les autres vignobles de la Suisse ont largement mis à profit cette expériénce, en introduisant partout les modes de culture et les plants de Lavaux.

* J'ai réani dans une petite brochure ce que j'ai vu pratiquer dans les vignes de Lavaux pour ce qui concerne le taiUe de la vigne: Essai sur Tart de taiikr la viffne, par R. Blaachet, seconde édHion, Lmsaiine

LE DÉSALEY

La vigneronne seconde son mari dans ses pénibles travaux ; le cultivateur de Lavaux ne voit pas comme celui de Mootreux (de race probablement romaine) sa compagne porter la terre et les engrais, fossayer et reierser la gne ; la vigneronne du Désaley maintient les vignes en bon état de propreté» dans ce but elle rablanne ses charmus plusieurs fois pendant l'année; elle effeuille, bioehe la vigne et fait la vendange ; elle cultive son jardin ei gouverne le bétail. C'est la fenume qui ordinairement tient la bourse dn ménage ; elle reçoit de son mari la valenr de la récolte et rarement celui-ci fait un achat ou une vente sans la consulter; cette confiance fait honneur aux uns et aux autres. Signalons encore une chose assez remarquable pour un pays de vigne, c'est que la femme ne s'adonne pas au vin, quoique presque toujours les clefs de la cave soient confiées à sa garde.

La fille est presque certaine d'être réduite à sa légitime, malgré cela, elle n'en travaille pas moins avec courage, zèle et dévouement.

La ville de Lausanne avait déjà opéré des améliorations

dans le domaine de FAbbaye du Désaley, dans sa partie la plus méridionale lorsqu'elle acheta le domaine du Désaley d'Oron ; ce fut après cette acquisition qu'elle sentit la nécessité d'étudier le système de terrassement pour le reste non encore réparé des deux domaines.

Ën 18ââ, la partie à l'orient du bâtiment de l'Abbaye et deux ou trois terrasses dans la partie inférieure à l'ouest et du Désaloy d Oron étaient en rapport ou replantés; les deux tiers environ étaient un chaos entremêlé de quelques ceps soutenus partie au moyen d'échalas, partie tratôaut sur les roches roulées ou contre des parois de rochers, disputant la place aux ronces et aux fraises, reposant sur un sol excellent. Ce qui frappa M. Félix Marcel, alors di-

L£ DÉSÂLËY 181

recteur des domaines, c'était d'une part la lenteur des travaux qu'on ne pouvait cependant pousser avec plus d'activité, en suivant la marche alors en usage ; marche onéreuse aux vignerons par les travaux énormes auxquels ils étaient obligés, et onéreuse au propriétaire parce qu'une surface très considérable du sol, soit un très fort capital restait improductif et le serait très longtemps encore, en restant dans Je procédé employé. Il exposa qu'en faisant hAter les travaux de manière à mettre en état tout le reste du domaine (sauf 6 à 7 ouvriers au-dessus du Désaley d'Oron) dans un espace de deux et demi à trois ans, le coût de ces travaux serait payé par le seul intérêt perdu, sur la valeur du sol; les vignerons n'étant plus chargés de minages extraordinaires, lu culture se ferait plus régulièrement et productivement.

Cet avis fut adopté par Tautorité communale et un entrepreneur chargé de Tceuvre.

L'ouvrage tel qu'il fut conçu, fut achevé dans le terme convenu. Les quelques fossoriers de terrain au nord du Désaley d'Oron qui pouvaient attendre ftirent réparés plus tard.

Les prévisions de l'administration se sont justifiées. Les , récoltes du Désaley de Montheron soit de l'Abbaye ont produit pour la part du propriétaire dans les années 1827 à 4831, une moyenne annuelle de . . Fr. 3,154 40

GeUe des années 1856 à 1860 .. . > 15,710 39 soit dans le rapport de 100 à 498.

Le Désaley d Oron a produit dans les années 1827 à 1831 une moyenne annuelle de . . . Fr. 2,567 —

Et pour celles de 1856 à 1860 . . > . 13,464 73 soit dans le rapport de 100 à 534.

La dépense totale a été d'environ 60,000 francs fédéraux.

De l'ancien état de choses» il ne reste que deu^ bft^^

182 LE DÉSALET

ments restaurés dont las parties encore intéressantes sont les Chapelles. Celle dé TÂbbaye a toujours sa ?oûte et ses

nervures, elle sert de fruitier. Celle du Désaley d'Oron a perdu son caractère» des restes de peintures et de pierres de taille permettent seules de penser que ce petit bâtiment a senri à un culte.

Il n'est guère iàcile de fixer la date précise des premières

vignes plantées en Suisse. Quelques inscriptions romaines en l'honneur de Bacchus ont été trouvées, il est vrai» à Avencbes, à St-Prex et ailleurs ; mais on pouvait adorer le dieu de la treille sans avoir de raisins : Fopinion la plus accréditée est que les vignes ont été introduites dans les contrées les plus chaudes de THelvétie environ Tan Wù, sous l'empire de Probus, qui leva la défense faite 300 ans auparavant par Domitien de planter des vignes dans les provinces.

Le plus ancien document qui parle des vignes.en Suisse est un acte du concile d'Epaune par lequel Sigismond, rot

de Bourgogne, donne en 515 des terres à l'Abbaye de St-Maurice parmi lesquelles sont spécifiées des vignes dans le Paçus Valdensis (pays de Yaud) ; un siècle après» une charte fait mention de vignes situées à St-Aubin en Vully.

Ën 810» Gharlemagne dota en partie le Chapitre qu'il avait fondé à Zurich avec des vignes situées aux environs de cette ville. Un diplôme de son fils Louis-le-Débonnaire, donné à Lausanne en 814 apprend que le domaine impérial avait des vignes à Maurmont près d'Eclépens (Ësclepedengis). La première année du siècle»

LE DiSALBY

Rodolphe l^, roi de la petite Bourgogne, donna nne vigne

située à Modemacum (Mornay), près Lausanne, au prêtre Aymon qui en fut investi par Frédégaire, comte du Palais. Le vignoble du Rheinthal» prés da lac de Constance^ date de 918.

Les religieux d'Haute-Rive plantèrent eux-mêmes les vignes des Faverges sur le terrain qui leur avait été concédé en 1338 par Rodolphe III, comte de Gmyére.

ExiraU des Mémoires et documents ptêbUés par la Société d'hiOoire et éParckéotogie de Genève. Tome XIV«« 1862.

1005, S mars. Elesone donne è ses fils une vigne située à Denens^ ^ dans le pagus de Lausanne, entre l'Aubonne et la Menoge. Une des terres données comme confins appartient à Sl-Pierre de Genève.

S. d. (de 1015 à 1052). Odilon, abbé de Romainmotier et œabricy fils de Robert de Mont, sur Tordre du roi Rodolphe, font un 4cbange de terres et de vignes situées à Bursins , dans le comté équestre.

S. d. (de 994 à 1049). Valdo et Leotherius donnent à Romainmotier des vignes situées à Gland, dans le comté équestre.

1188. Nantelme, évôque de Genève, confirme la donation d'une vigne feîte à FÂbbaye d^Aulps.

1228. Pierre de Hauteville renonce à ses réclamations contre le couvent de Bonmont au sujet de terres à Grens et de vignes à Féchy.

1269. Accord entre Conon, abbé de Bonmont et Jacob de Autra* eotif au sujet de dons faits au dit couvent, notamment d'une pièce de vigne appelée Monterot.

1276, mars. Ebal, seigneur de Mont, vend une vigne au couvent de Bonmont.

1279, avril. Girard de Luxye, bourgeois d'Aubonne, reçoit de TAbbaye de Bonmont la jouissance pendant sa vie d'une vigne située sous Téglise de St-Martin, à Bougy.

1881, 10 janvier. Amédée d-Aribaz, dit Dardel» vend au chapitre de Genève des vignes el des droits à Gqlonges, Gbôtaz et Vétraz.

MONNAIES DE LAUSANNE

par Adolphe Blahohxt.

Parmi les nombreux moyens dont on se sert pour reconstituer Thistoire, il en est peu, aucun peut-être, qui permette de caractériser les dîTerses phases de L'existence d*mi peuple comme la numismatique; nous essaierons donc de l'utiliser pour l'histoire de la ville de Lausanne.

nrMe g— loiigi

La seule monnaie de cette époqne» Ironrée près de Lausanne, provient des environs de Grissier: eHe porte à

l'avers une tête imberbe tournée à droite, et sur la face opposée un taureau marchant à gauche, avec l'inscription GEAHANYS iNDYTiui — U faut S'attendre, si Ton fait des

liONMAIBS DE lAUSANNE

fouilles à Vidy > à trooyer des monnaies gauloises» comme cela a en lien à Moadon, Âvenches% et Nyon. Dans

deiDière ville on a déterré des pièces des Volkes Aréco-

* Fkès dM rames de rampUthéfttre ronain de l'andeime Afentieiuii ena ftit^ fl y a peu de tempa^ une troaTaille fort intéreMante dont M* Gasperi, eonsenraleiir da Musée arèhéelogiqne d'ATeiieiie% a enlTobligesoee de nous fidre part et qae nous nous empressons déporter, avec son ctmsentement, à la conoaissaiiee de nos leeteorSi

(7est nn pdnçon on eoin pour frapper des monnaies qu'on vient de trouYor. n se compose d'an disque rond de fer, d'environ deux doigte de diamètre, et d'âne pièce de brome inerastée dans le disqœ. La sarftce de cette pièce est légèrement concave, polie, et porte une gravure pea profonde , mais bien conservée, qui représente one tète d'homme, imberbe, les cheveux ornés d'une couronne ou d*un diadème. A première vue on y reconnaît l'empreinte d'une monnaie antique.

Mais cette empreinte n'appartient pas à une monnaie romaine, comme on en trouve tant à Avenches ; elle rappelle plutôt les monnaies grécomacédoniennes sur lesquelles on voit gravée une tête d'Apollon. H reste cependant une différence très sensible entre ces monnaies et le coin trouvé à Avenches. Car le dessin de ce dernier ne présente ni le caractère idéal des traits, ni le fini de l'exécution qu'on remarque sur les monnaies d'origine grecque, et la manière dont la chevelure de l'image est dessinée est entièrement identique avec celle des monnaies gauloises ou celtiques. En l'examinant de près, on ne peut douter que la gravure sur le coin d'Avenches ne soit une copie imparfaite de celle des monnaies de Philippe le Macédonien, que les Gaulois ont si fréquemment imitées , et que le coin n'ait servi k frapper de la monnaie gauloise ou celtique.

Il y a, du reste, un moyen bien simple de vérifier ce fait La collection archéologique de Zurich contient quatre moonsiee d'or gauloises, trouvée»- daos les cantons de Lucerne, Schaffouse et Berne, qni coïncident parfiftitement, qaant à leur dimension et à leur emprunte, avec le coin dont nous parlons, et il y a longtemps qa'on les a reconnues pour être des indtations des monnaies macédoniennes.

Autant qae noua savons, le coin de monnaie celtique d'AvendieBest le seul objet de ce genre conservé jusqu'à nos jours. Bu moins nous n'en avons pas vu de décrit ailleurs. Peut-être qu'A en existe ^noore d'autres dans la poussière de quelque collection.

La découverte de ce cmn donne une nouvelle illustration à Fnucienne ArentifiDm. On savait q^ cette ville était la capitale dea HéMtai>

MONNAIES DE LAUSANNE 187

miques portant la téte d'Apolloo et au revers le cheval galopant à gaache; des AUobroges montagnards ayant aossi à l'avers la téte d'Apollon, mais nn bouquetin bondissant à gauche sur la face opposée ; des Eduens que l'on reconnaît à la tête casquée de Pallas d'un côté et au cheval galopant à gauche de l'autre.

noas apprenons maintenant qa*on y frappait la monnaie du pays, et eeU depuis la plus haute antiquité. Car les Gaulois fabriq^naient cette monnaie qui imitait les types macédoniens longtemps avant Céear, peat*étro avant que les Romains ensBont envahi les Gaules.

A FInstar des pièees qui eorrespendent an eoin dont notis paxieiis, les antres monnaies d'or gaaloises qu'on trouve fréquemment en Saisie peuvent aussi avoir été fira|»pées à Avendies. Cest du mdns ce qu'on doit supposer après la découverte qui vient d*ètre faite. Cela confirmerait Passertion de Strabon (Idb. 17. 8) qui dit que le pays des Helvètes est riche en or. Gomme on trouve de l'or dans plusieurs rivières suisses (l'Asr et l*Emme en fournissent encore aujourd'hui), une analyse chimique des anciennes monnaies d'or helvétiques aurait bien de l'intérêt et nous ferait peut-être voir qu'eUes sont fabriquées avec ce même métal qu'on recueille, de nos jours encore, sor les bords de nos fl^vés.

Mais les monnaies à^argent, au type d'Orgetorix, qu'on trouve assez fréquemment dans les pays voisins des anciens Eduens et Sequanois, pourraient auôsi avoir jété frappées à Âvcnticum. Peut-être que de nouvelles découvertes en fourniront la preuve.

Nous avons l'intention de publier un dessin du coin de monnaie d'Avenches dans un Mémoire sur les monmties gauloises trouvées en Sitisse, qui paraîtra sous peu. Espérons que la bonne chance qui a amené au jour cet objet intéressant, enfoui depuis tant de siècles, continuera et mettra le musée d'Avenches aussi en possession de la seconde moitié de l'appareil monétaire, de la pièce servant à frapper le revers de la monnaie, qui portait le dessin d'une biga gauloise.

(Signé) H. Metkb.

(Extrait de VlndieateiÊr ân^Ooire et ^mtigmiis SNtee», Zurich, ao«t 1862).

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