‹ LautrecChapitre 27 sur 43 · ALFRED LA GUIGNE · texte numérisé non relu

ALFRED LA GUIGNE

et M. Pierre Decourcelle, dans sa rare collection, possède, par Lautrec, le portrait de l'une de ces danseuses, devant un portant, qui est bien une prestigieuse et incomparable toile.

Quelle distinction, bien que le visage soit encore agressif! Quel dessin vivant, merveilleux! et combien, ici, Lautrec l'emporte une fois de plus sur Degas, qui, pourtant, accusa souvent Lautrec de le plagier; Degas, avec son dessin figé, conventionnel; Lautrec si animé, si exubérant, et si pénétrant, d'une presque insolence despotique !

Je sais, je sais : toutes ces œuvres sont considérées même actuellement comme des « caricatures » par ceux des gens de théâtre qui furent portraiturés, les gens du moins que la Parque coupable n'a pas encore saisis! Certainement, par exemple, Mlle Brandès et M. Le Bargy n'ont aucune autre opinion, s'il leur arrive de revoir — ce dont je doute ! — le dessin qui les représente, elle, vipérine, et lui, trop jeunet. Et, cependant, ne sont-ils pas rehaussés ainsi, « augmentés », en quelque sorte, par Lautrec, tous et toutes ? Mieux même : ne devraient-ils pas être

tout à fait comme cela, pour se parer véritablement d'une réelle personnalité ?

Mais voilà, en ce triste temps, il faut tout sacrifier au cahotant chariot de Thespis, surtout le génie! — et M. Brisgand, par ses sottises,, opère mieux!

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