Progrés médical, 17 juin
DE L'KSTOMAC
deux observations de vomissements nerveux chez des hystériques, qui furent guéris par l'emploi du lavage. Depuis, les cas de ce genre se sont multipliés. Il est quelquefois diflicile de faire le diagnostic de ces vomissements. Cependant un certain nombre de phénomènes ont été signalés par les auteurs qui permettent de ne pas les méconnaître. Leur fréquence, la facilité avec laquelle ils s'effectuent, l'absence de douleurs spontanées ou à la pression au niveau de l'estomac, le peu d'altération des ahments ainsi rejetés, tous ces faits concourent à donner au vomissement hj'stérique son allure particulière. La caractéristique en sera encore fournie par les stigmates concomitants, parla conservation de l'état général, par le peu d'inquiétude provoquée chez le malade par ce symptôme cependant si gênant.
L'action du tube, dans ces conditions particulières, est tout à fait remarquable. Non seulement, et des observations en ont été publiées par MM. Dnjardin-Beaumetz, Charcot, Huchard, etc., le vomissement cesse, mais si l'on introduit des aliments par la sonde, on les voit demeurer dans l'estomac et être digérés, alors qu'ils auraient immédiatement été vomis, s'ils avaient été ingérés à la façon ordinaire.
L'introduction de la sonde est le plus souvent facilité par l'anesthésie du pharynx, assez fréquente. Dans d'autres cas, on est obligé d'employer toutes sortes de subterfuges et de déployer une patience considérable, pour faire admettre
ce moyen tliérapoiiliqiie. Il nous est cependant diiTicile d'apprécier les i-ésultats dus au lavage seul, parce qu'on introduit le plus souvent, après avoir nettoyé la cavité gastrique, du lait ou toute autre substance pai' la sonde. A l'action du lavage s'ajoute donc celle de la suralimentation, sur laquelle nous reviendrons ultérieurement. Cependant ces lavages ont une action certaine et permettent très rapidement aux malades de manger sans être exposés h vomir. D'ailleurs, cette action toute spéciale se retrouve encore lorsque, chez une hystérique, les vomissements semblent avoir pour point de départ une altération génitale. Dans ces cas, les vomissements se rapprochent de ceux que l'on observe dans la grossesse, et qui, comme on le sait, prennent quelquefois une intensité suffisante pour justifier la provocation de l'avortement. Ici encore le lavage a une action remarquablement et rapidement favorable.
On pourrait admettre que le succès de cette petite opération est surtout dû à l'émotion qu'elle provoque, et que l'inlluence morale, la suggestion, jouent le principal rôle dans l'amélioration si rapide à laquelle on assiste. Cependant rien n'empêche de croire que le passage, dans l'estomac, d'une certaine quantité d'eau alcaline, tiède, détermine une sédation marquée du système nerveux local et que le lavage agit au moins autant en diminuant l'irritabilité de la muqueuse qu'en calmant l'excitabilité générale.
DE l'estomac
On observe souvent clans l'hyslorio, surtout chez les malades qui vomissent, une diminution de la sécrétion urinairc. On a même montré que les vomissements pouvaient jouer un rôle de suppléance réelle des fonctions rénales, et que les matières vomies contenaient de l'urée. Ce .corps peut être une cause déterminante des vomissements. Le lavage, en diminuant la durée de son contact avec l'estomac, exercera ainsi encore une action, sur l'utilité de laquelle nous n'avons pas à insister. De même dans la grossesse. On sait, en ellet, que l'urémie gravidicpie a ^j^J^i^ Ye été accusée, au moins autant que les perturbations grossesse, purement fonctionnelles du système nerveux, de provoquer des vomissements incoercibles. Que l'urée passe donc dans l'estomac, par suite d'une altération du rein, ou par une suppléance que l'on ne peut comprendre que par une perturbation étrange du système nerveux, le lavage répondra à la môme indication. L'estomac, reposé, nettoyé, pourra tolérer ultérieurement le séjour des aliments, il pourra même les digérer plus ou moins complètement.
En dehors de l'hystérie, en dehors de la grossesse, si on constate l'existence de vomissements urémiqucs, on sera tout aussi en droit et de les traiter par le lavage, et d'espérer de cette thérapeutique un effet rapidement favorable.
L'urée agit d'ailleurs ici comme toutes les substances irritantes que nous avons passées en revue, en étudiant l'action du lavage dans les
r.AVAGE
<MnpoisonnciTienls, et celte action est due probablement à sa décomposition en carbonate d'ammoniaque. Quelquefois enfin les vomissements peuvent être jM'ovoqués par le passage dans la cavité gastrique de corps qui, pour ne pas s'éliminer, à proprement parler, par les voies digestives, n'en constituent pas moins des produits de déchets organiques. Les crachats avalés par les tuberculeux, par exemple, irriteront la paroi stomacale et pourront même devenir la cause d'ulcérations. Celles-ci, rai'cment à vrai dire, seront de Lavage chez na ture bacillaire. Le lavage, en facilitant l'élimileux^,"''*^'^*^"' nation de ces crachats, diminuera l'anorexie que ces matières mucopurulentes provoquent si facilement. DeCerenville ' acité desexemples très nets de cette action particulière du lavage de l'estomac dans la tuberculose. On en trouverait d'autres dans la thèse de M. Marfan. D'ailleurs les crachats sont loin d'être les seuls corps étrangers de l'estomac, dont l'extraction soit justiciable du lavage. Leriche a rapporté l'histoire d'une jeune fille de 18 ans, modiste, qui avait avalé une épingle et qui ne la rendit qu'après avoir eu l'estomac lavé Lavage pour avcc 15 lltrcs d'cau. M, Bouveret se serait même
remédier a . , , . . , ,
linge s lion scrvi dc cc moycu pour retirer une pièce de éirangersî"^ 20 francs qu'un malade avait avalée dans le but
de se guérir d'une dilatation d'estomac. Nous n'en finirions pas si nous voulions passer
en revue tous les corps étrangers dont on a