LES ŒUVRES POST-SANATORIALES
Rééducation et réadaptation.
Depuis longtemps déjà on a eu le souci d'assister le tuberculeux à sa sortie du sanatorium au moment où, rendu à la vie publique avec des moyens diminués par la maladie, il se trouve dans l'obligation de se refaire une vie.
Si tout le monde est d'accord sur le principe, les divergences s’accusent quand il s’agit des mesures à mettre en œuvre.
On a, au début, essayé la rééducation, car on croyait surtout que c’étaient les métiers qui, en eux-mêmes, facilitaient le développement de la tuberculose. On croyait que le fait d’être enfermé dans un bureau favorisait son développement. De là, l’idée de la vie à la campagne. De cette idée sont nées beaucoup d'œuvres. Parmi ces œuvres, une des plus intéressantes'et des premières en date fut celle de Papworth, fondée en 1915; ce village est encore actuellement un modèle du genre.
Les malades y sont rééduqués.
La seule règle pour la reprise du travail est que la température rectale ou buccale ne dépasse pas 37°5 C, et cette reprise est progressive. On n'y pratique pas le travail pour lui-même, c’est-à-dire la cure de travail, mais un travail rémunérateur. On y fait des travaux ruraux et industriels qui permettent au malade de subvenir à ses besoins, puisqu'il ne revient à la charge de l'Etat en moyenne qu'à trois ou quatre livres par an seulement.
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Il vit dans un cottage avec sa famille et sa vie est analogue à celle qu'il mènerait dans n'importe quelle petite ville d'Angleterre.
En France, il existe une copie de ce village, Salagnac, qui malheureusement ne prend pas nos malades.
En Amérique, aux Etats-Unis, on a créé de nombreuses cités semblables, mais industrielles, qui ont donné de bons résultats.
En France, on a préféré créer des écoles de rééducation qui, ensuite, placent leurs malades. C’est ainsi que nous avons :
Compagnie franco-britannique de Sillery (Seine-et-Oise), comprenant quinze lits pour hommes et garcons au-dessus de 10 ans.
Débouché des sanatoriums de Bligny, elle a été créée par M.-L. Guinard, avec l’aide de fonds anglais. Son but »st d’ « achever de guérir et de donner la santé aux convalescents issus des sanatoriums, prévenir l’éclosion du mal et fortifier les faibles en les préparant à l’existence saine de la campagne ».
La surveillance médicale y est exercée et comprend une visite médicale par quinzaine.
Le préventorium de Sillery se met en rapport avec des offices de placement et s'emploie à trouver une place à ceux qui ont fini leur apprentissage.
Champigny (Seine-et-Marne), Ecole de rééducation de la Ferté-sous-Jouarre : soixante-cinq lits pour garçons à partir de 13 ans, c’est une école d’horticulture. La durée des études est de trois ans. Elle délivre un diplôme de fin d’études et s'occupe du placement des élèves.
Ecole de rééducation professionnelle de la Placettière (Loire-Inférieure), par Châteauthébaut, possède cinquante lits pour adultes.
Préventorium de la Folie, à Berck-Plage (Pas-de-Calais), école d'apprentissage (agriculture, horticulture, menuiserie) : quatre-vingts lits pour adultes.
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Villa de Valpré, à Saint-Joseph, Marseille (Bouches-du- Rhône) : douze lits pour garçons, sortant de l’œuvre Grancher (apprentissage agricole).
Ecole pour tuberculeux : section de rééducation annexée au sanatorium du Mardor, appartenant à la Société française du secours aux blessés militaires (vannerie, jardinage, petit élevage, menuiserie).
Nous avons eu également à Campagne-les-Bains (haute vallée de l’Aude) une colonie agricole fondée par le Service de Santé de la 21° région en 1916, pour la rééducation des blessés de guerre et leur orientation vers l’agriculture,
Deux établissements de ce genre existent encore à Passy- Véron et à Bouton-les-Roses.
Malheureusement, toutes ces institutions orientent les malades vers l’agriculture, ceci comporte des inconvénients trop faciles à mettre en évidence.
Le travail de la terre est généralement pénible, les salaires y sont bas, il est parfois difficile de trouver à se placer; enfin, à celui qui veut acheter un terrain, il faut un capital.
Lafforgue, G. Andrieu et A. Frankel résument la plupart de ces objections et admettent même que, dans certains cas, des aggravations se sont produites parmi les rééduqués à la campagne, alors que des citadins stabilisaient leur lésion.
De plus en plus, la tendance actuelle est de préférer la réadaptation à la rééducation. Celle-ci, en effet, n’oblige pas le malade à apprendre un nouveau métier, mais au contraire l’engage à reprendre son ancien emploi sous surveillance médicale.
Courcoux, un des propagandistes les plus qualifiés de cette nouvelle orientation doctrinale, a eu l’occasion de suivre quatre cents employés de bureaux, et de s'occuper au replacement de ceux qui étaient cliniquement guéris. Il a pu les suivre pendant douze ans.
Soixante-cinq ont pu reprendre leur travail, quarante-deux n’ont pas eu d'interruption de plus de quinze jours, quatorze ont eu des rechutes dépassant trois mois. cinq ont eu des rechutes importantes.