RES
Elles soulignent la nécessité d’une assistance durable aux malades permettant une reprise du travail tardive et seulement sous surveillance médicale.
B. — Métiers.
Les métiers ne semblent pas particulièrement favorisants pour la tuberculose en eux-mêmes et, ainsi que le disent Lafforgue, G. Andrieu et A. Frankel : « On estime beaucoup plus important en l'espèce que la nature de la profession elle-même : 1° l’hygiène des locaux professionnels; 2° les conditions d'existence de l’ouvrier : logement sain, nourriture substantielle, vie agréable en milieu familial, proximité du travail, excluant la fatigue inhérente aux longs trajets, etc. »
L'examen de nos observations nous permet de conclure exactement dans le même sens. Nous avons relevé, en ellet, dans nos observations, 55 cas de tuberculose avec une mortalité de 70,9 p. 100 parmi les métiers de plein air réputés sains (agriculteur, camionneur, chauffeur de taxi, jockey, marin, etc.). |
Par contre, nous avons relevé 151 cas de tuberculose avec une mortalité de 64,6 p. 100 parmi des ouvriers exerçant des métiers qui, jusqu'à présent, ont été considérés par la sagesse populaire comme favorisant l’éclosion et l’aggravation de la tuberculose (employé de bureaux, de grands magasins, cimentier, cordonnier, polisseur, etc.).
IH ne paraît donc pas obligatoire d'imposer un changement de métier au tuberculeux convalescent, mais de rendre les conditions de ce métier hygiéniques. Hazeman, citant luimême Kidner, nous en fixe les conditions idéales
a) Travail en plein air ou à l’intérieur : Pas de forts courants d'air, ni de grands vents, ni de soleil brûlant, ni de magasins surchaulfés, ni sous la neige fondue, ni sous la pluie.
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b) Atelier : Pas de parquets humides ou mouillés. Les sous-sols, les travaux souterrains, les magasins surpeuplés, ne conviennent pas.
c) Air : Renouvelé fréquemment. Température optima entre 16 à 20° C. L'humidité relative à ces températures ne doit pas être inférieure à 30 p. 100 ou supérieure à 90 p. 100.
En citant de nouveau les auteurs : Lafforgue, G. Andrieu et À. Frankel, il semble « qu'à condition de n'être pas malsain, le métier le plus indiqué pour un convalescent de tuberculose est celui avec lequel il est familiarisé depuis sa jeunesse ».
Il nous a semblé que cette dernière opinion n'était cependant que partiellement exacte, et vraie seulement pour les cas où le changement de métier a été laissé à la libre et parfois fâcheuse inspiration du malade.
En effet, parmi nos observations, nous avons relevé vingtquatre malades répondant à celte catégorie et dont le devenir est fixé par le tableau suivant :
54,1 p. 100 de bien portants; 25 p. 100 de rechutes, et une mortalité de 20,8 p. 100.
Par contre, le changement de métier conseillé par le médecin donne de tout autres résultats. C’est ainsi que notre maître M. le Professeur Leuret a pu conserver dans le sanatorium Xavier-Arnozan, dont il est le médecin chef, six malades qu'il a utilisés à des emplois dirigés. Sur ces six malades, un est mort six ans après, les cinq autres sont en excellent état de santé.
Tenant compte de l'opinion de Lafforgue, G. Andrieu et A. Frankel, il semble que, provisoirement, on puisse s’en tenir dans la majorité des cas à conseiller au convalescent de tuberculose la reprise de son travail habituel, au cas où
ose
celui-ci ne serait pas trop pénible, en recherchant cependant une amélioration des conditions d'hygiène, etc.
L'expérience du Professeur Leuret ouvre des perspectives intéressantes, et il est bien évident qu'il serait désirable d'étendre autant que possible les indications de ces réédu-
cations.