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LES GRANDES DÉCOUVERTES ET L’ACADÉMIE 3 DES SCIENCES

Les grandes découvertes. — La transmutation de l’eau en terre. — La doctrine de Stahl. — Les nouvelles théories de la combustion et de la respiration. — Le Traité élémentaire de chimie. — Les rapports à l'Académie : rapports sur le froid de 1716, sur les prisons, sur les aérostats, sur le mesmérisme, etc.

La vie intérieure de l’Académie. — Lavoisier directeur. — Le règlement de 1785.

C'est avec l’année 1770 que Lavoisier commenca réellement les recherches originales qui devaient changer la face de la chimie et de la physiologie, et constituer la base solide sur laquelle repose la science actuelle. Nous ne pouvons étudier iei en détail son œuvre scientifique, nous nous bornerons à en marquer les caractères principaux. Rappeler la part qui revient à ses illustres contemporains, Black, Cavendish, Scheele et surtout à Priestley, dans les progrès de la science chimique, montrer les résistances auxquelles se heurtèrent les doctrines du chimiste français, raconter

par le menu les incidents d'une lutte de vingt ans, ce serait F.

faire l’histoire de la chimie dans la seconde moitié du xvui* siècle. il nous suffira de faire voir comment Lavoisier, renversant les idées reçues, apporta une conception nouvelle des faits de la nature et édifia une œuvre qui, sauf quelques points de détail, est encore debout tout entière après un siècle d'existence.

Les chimistes du xvr° siècle admettaient, avec les anciens philosophes, quatre éléments, principes constituants des corps : l’air, le feu, la terre et l’eau. Ils se demandaient si les éléments pouvaient se transformer l’un en l’autre; quelques-uns même avaient admis que l’eau pouvait se changer en terre, en se fondant sur des expériences mal conçues ou mal interprétées de Van Helmont, de Geoffroy, de Margraff et d'Eller. Leur principal argument était déduit de ce fait d'observation que l’eau distillée soumise à une longue ébullition dans un vase de verre, puis abandonnée à l’évaporation, laisse un résidu terreux. Les spéculations sur la nature des éléments constituaient alors le fonds de la philosophie chimique. Elles avaient préoccupé Lavoisier dès sa Jeunesse, à l’époque où il suivait le cours de Rouelle. Des notes de sa main nous apprennent quelles idées vagues 1l avait alors sur cette question; mais c'était l’homme de l’expérimentation, et une des premières questions quil s’efforça de résoudre par l’expérience fut la prétendue transmutalion de l’eau en terre’.

I fit bouillir pendant plus de trois mois, nuit et jour, de l’eau dans un vase de verre, qu’on appelait pélican, parce que la partie supérieure rétrécie se recourbait de manière à venir s ouvrir dans la panse, ressemblant ainsi à l'image classique de l'oiseau de ce nom qui plonge son bec dans sa poitrine. La partie inférieure du pélican étant chauffée, l’eau s'élevait en vapeur qui, se condensant

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