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3. Du Bellay, La Deffence et Illustration de la Langue françoise, II, 12.
antique, et, par là, en ouvrant le chemin au théâtre futur. Ici, il faut bien voir les dates. L'Electre est de 1537 ; VHécube de 1544 et 1550. En 1552, Jodelle donnera sa Cléopâtre. Un art original va naître : Baïf et ceux qui secondaient ses efforts (Thomas Sibilet, Hugues Salel, Bouchetel) ont hâté, par leurs simples traductions, l'éclosion d'un genre nouveau. Ils ont rompu avec les traditions scéniques du moyen âge, retrouvé les sources classiques d'inspiration, dénoué la langue poétique. Ils ont préparé la scène française : Jodelle et Grévin peuvent venir.
Enfin, Lazare de Baïf a favorisé les lettres renaissantes de tout l'amour qu'il leur portait, et qu'il portait à ceux qui les aimaient comme lui. On a remarqué avec raison qu'en fondant son Académie, Jean-Antoine de Baïf ne faisait que mettre à fin la tâche inachevée du père 1 . En sorte qu'il faudrait remonter de Bichelieu à Gonrart, de Conrart à Jean- Antoine de Baïf , et de Jean-Antoine à Lazare, pour reconnaître en celui-ci un des fondateurs, je ne dis pas de l'Académie française, mais au moins de l'esprit académique en France.
1. Ed. Frémt, Origines de V Académie française : V Académie des derniers Valois, p. 27.