CARNOT
Extrait du projet de Carnot pour l’organisation d’un: rh-uannerie en Angleterre, et dans lequel Hoche puisa les instructions dunnées par lui à la seconde légion des Francs,
39 “Les hommes employés à cette expédition devront À
* Correspondance de Hoche, lettre du 17 mars 1766.
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être, autant que faire se pourra, jeunes, robustes, audacieux, d’une âme accessible à l’appât du butin.
“Il faut qu’à l'exemple de ce que faisaient les flibustiers dans les Antilles, il sachent porter, au milieu de leurs ennemis, l’épouvante et la mort,
‘On pourrait incorporer dans ces troupes les condamnés par jugement aux fers ou à la chaîne en qui l’on reconnaîtrait les dispositions physiques et morales requises pour les individus employés à cette expédition. On assurerait à ces individus la possession du butin qu'ils feraient. On leur en promettrait la jouissance tranquille dans quelques-unes de nos colones. Il faudrait en outre faire espérer aux condamnés la rémission de leurs peines, en récompense des services qu’ils auraient rendus à la patrie.
“Le premier noyau de ces hommes, au nombre d'environ deux mille, serait organisé en compagnies d'environ cinquante hommes chacune qui auraient leurs officiers et seraient subordonnés à un chef unique chargé de l’ensemble des opérations. Ce chef serait investi d’une très-grande autorité.
“Il ne faut pas perdre de vue qu’une expédition tentée d’abord avec aussi peu de monde ne peut réussir que par des moyens extraordinaires.
“ Il ne faut point de grands approvisionnements en effets d’habillement : les ressources de la troupe seront dans son courage et dans ses armes.
“11 faut que le débarquement: se fasse sur plusieurs points de la côte, soit parce que la désolation et la terreur portées dans une grande étendue de terrain multiplieront aux yeux de nos ennemis la qualité de nos forces, soit parce que les moyens ue subsistance en seront plus faciles.
“En arrivant, les chefs s'annonceront, eux et leurs soldats, comme vengeurs de da liberté et ennemis des éyrans,
‘Il faut que la troupe jure guerre aux châteaux et faix aux chaumières, et que sa conduite, surtout au début, soit conforme à cette déclaration.
‘ À mesure qu'ils avanceront, ils ouvriront les prisons,
$ recruteront les détenus, les incorporeront: ils appelleront les ouvriers, les indigents, les mécontents, à faire cause commune avec eux, leur présenteront des armes, des subsistances ; leur offriront l'appât du butin. Ils briseront toutes les voitures.
‘Il faut poursuivre l'ennemi à outrance quad il est battu, et ne point faire quartier aux prisonniers. ‘11 faut rompre les ponts, couper les communications, arrêter et piller les voitures publiques, brûler tout ce qui is appartient à la marine. sommer les communes de rendre leurs armes; exécuter militairement celles qui résisteraient..." # |
Dans une lettre écrite de Meaux et datée du 26 plu-
20 viôse an V (14 février 1797), Hoche raconte à son beaufrère Debelle une fête patriotique dont il fut témoin à l'occasion de la prise de Mantoue, Ayant aperçu le cortége, il le suivit et entendit le discours d’un officier municipal qui, dans l'attente probable d’une contre- 26 révolution royaliste, trouva moyen de ne point prononcer les mots compromettants de c#oyen et de république, afin d’être en règle à tout événement. Hoche, en rappelant ce souvenir, ne peut contenir son indignation : “Voilà bien nos Français! écrit-il; être tour à 30 tour constitutionnel avec Lacour, modéré avec Brissot, jacobin sous Robespierre, thermidorien avec André Dumont, et royaliste ainsi que le sont devenus quelques
* Extrait du livre publié per le marquis de Grouchy sous os titre: Le général de (rouchy à l'Irlande en 1796. ‘ces 16-23
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enragés démagogues, tels sont les principes de cette classe moutonnière qui se compose de la majorité des rentiers, des fonctionnaires publics actuels, avocats, procureurs et baurgeois, pour qui le retour à l’ancien ordre de choses est une espèce de résurrection... et dont l'opinion constante est que peu importe l’opinion nationale, la prospérité publique, le commerce et les arts compromis par des réactions continuelles, pourvu que la soupe soit bien chaude et qu’on ne demande pas d'impôts. Peuple malheureux !... tu mérites ton sort.”*
Hoche reconnaissait, dit son biographe, M. Bergounioux, qu’un État monarchique comporte peut- être plus de lib:rté qu’un État républicain, et néanmoins il était fort opposé au rétablissement de la royauté... ‘Quel que fût le monarque, écrivait Hoche, et par cela seul qu’il serait le monarque, il lutterait contre le principe, contre l'essence de la révolution qui est l'abolition des classes ; il serait malgré lui forcé de recréer une noblesse, et la résurrection de cette noblesse deviendrait la cause de sa ruine en irritant le #ers Ælat qui ne serait plus TOUT, c’est-à-dire TOUT LE MONDE. La monarchie tomberait par le seul fait de cette tentative. Nouvelle révolution. Il nous faut un gouvernement qui consacre, dans le fait comme dans le droit, le principe de l'égalité... ce gouvernement ne peut être que le gouvernement républicain.”{
Quant au personnel de ce gouvernement, Hoche ajoute: “Voilà mes idées fondamentales: président
électif, rééligible, deux chambres, l’une entièrement 30
élective, l’autre pour moitié seulement.”
* Lettre communiquée.
t Lettre de Hoche au général Chérin, citée par M. Bergounioux, À 46id.
On voit, dans d’autres documents, combien ses idées sur l’organisation politique en général étaient encore indécises, peu pratiques et parfois même contradictoires. Ainsi, par exemple, son bon sens naturel le mettait en
$ garde contre les dangers inséparables du suffrage universel, il voyait avec raison dans le vote politique moins un droit qu’une fonction, et il aignorait pas que toute fonction suppose une certaine capacité au moins présumée dans celui qui la remplit. ‘ Tout homme, disait-il, n’est pas to un citoyen,” et il craignait de convier la multitude sur la place publique. Le patriotisme n’était pas pour lui une garantie suffisante, “Le peuple qui souffre, écrivait-il au Directoire, est toujours désireux d’un mieux quelconque, et il croit le trouver en changeant sans cesse.”’# 15 Cependant, malgré ce péril, Hoche adoptait le suffrage universel comme base de l'élection, mais sous la condition d’être réglementé et non exploité, soit par les aristocrates, soit par les démagogues, ‘desquels, disait-il, la France, vraiment laborieuse, patriote, honnête, aura 20 longtemps à se défendre.”
Hoche avait imaginé, dans ce but, un système bon peut-être en théorie, mais fort difficile à mettre en pratique ; il voulait que la presse fût libre, mais que les noms propres fussent mis hors de toute discussion et
25 qu'il y eût à l'égard des candidats, dans les élections, abstention absolue du gouvernement et de la presse ; il voulait enfin qu'ils ne fussent désignés que par la considération générale et la notoriété publique: ‘“ Agir autrement, disait-il à Chérin, serait faciliter les menées
30 de l'aristocratie et de la démagogie. Ce sont deux minorités qu’il faut désarmer et empêcher de faire trop de bruit. C’est servir la liberté que de la restreindre chez qui la réclame pour opprimer.”f Revendiquer la liberté de la presse en tace du suffrage universel et en
35 même temps interdire à la presse toute immixtion dans
les élections, c’est une anomalie qui étonne dans un
* Rapport de Hoche au Directoire. Citasion de M. Bergounioux, + Lettre de Hoche au général Chéiin,
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Bergounioux,
homme d'un sens si droit, et qui ne s'explique que par le défaut de toute expérience pratique,
Extrait d'une lettre écrite par Hoche à sa femme, le 9 juin 1795, sur l'éducation des filles.
En général l’éducation en France ne vaut rien, celle que l’on donne aux femmes surtout. Nous faisons de nos filles des coquettes étourdies ou des Agnès dont la timidité rebute. Les Anglais s'y connaissent mieux que nous : leurs femmes sont décentes, instruites ; elles 10 parlent à propos et ne connaissent pas ce que nous appelons timidité On laisse aux filles la liberté de sortir, de parler aux hommes : leurs mères leur inspirent de l’horreur pour le vice, de la défiance contre la séduction, et du reste elles ne les traitent pas en esclaves. 15 Aussi remarque bien, ma chère amie, que telle fille qui, lorsqu'elle était chez ses parents timide et ne parlant jamais sans rougir, est À peine mariée qu’elle ne connaît souvent plus de fre. Pourquoi ses parents l'ont-ils traitée en esclave, etc., etc. ? 20
(Lettre communiquée)
N.B. For names of persons, towns, villages, and rivers, see the “ Biographical and Gceographical Index,” p. 144. Page. Line.
» 6. Gardes-françaises, an infantry regiment formed by Charles IX, 1563; grenadiers were added to it by Louis XIV, and Louis XV. ‘This regiment sided with the people in 1789, and contributed to the fall of the Bastille. It was cashiered by Louis XVI.
2, 4 Surrunérariat, supernumerary service.
14. Du maniement de l'arme à l'excréice des manœuvres, from manual to field exercise.
21. Grenadiers, a name given in 1667 to the old company of the ‘‘ Enfants Perdus ” (picked men who led in every attack). They were originally employed in thro ving hand-gre” \des, hence their name. The ‘‘grenade ” is so called om its likeness to the pomegranate, ‘‘ granatum malu: 1.”
40. Et répand de charmes, the de is explained by the presence of combien higher up. The complete sentence would be ‘Combien la culture de l'intelligence répand de charmes.”
8, 27. Ouvrajes de polémique courante, current polemics.
4, 29. R'/eva t, set off.
5, 36. Latiille, or les tailles (there were a great many kinds), a very heavy tax levied on all those who were not of noble birth, or did not belong to the clergy. ‘Its name (says Littré) comes from the fact that the coliectors used a ‘tall;,"or stick, on whih they kept their accounts by notches.”” This mode uf ‘‘notching ” accounts is still used by bakers in some country places in France,
36. Corvée, statute labour, a certain amount of work which the vassal had to do gratuitously for his lord.
37. Æoturirs, commoners, those who are not of noble birth. They were said to be “‘tai'lables et corvéables à merci,” subj-ct to taxes and statute labour at the will of their lord.
6, 12. L'Assemblée Nationale et Constituante, the name taken by the ‘‘States-General,” June 17, 1780.
The fol'owing are the names of the priacipal Assemblies, Committees, &c, of the French Revolution from 1789 to 179S :—
4 Étais-Généraux,” the representatives of the Nobility
Clergy, and ‘‘Tiers-Etats,” assembled at Versailles May 5, 1789 ; 1118 members,
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Page. Lin
‘ Assemblée Nationale Constituante,” the name taken by the above assembly, June 17, 1789.
4 Assemblée Léuislative,” 745 members, October 1, 1791,
‘Convention Nationale,” 749 members, proclaimed the: Republic, September 21, 1792.
# Comité de Salut Public,'’ created by the Convention originally for a month, April 6, 1793 It lasted till the ‘‘ Directoire,” and established the KKeign of Terror ; 9 members.
‘4 Conseil des Anciens,” 250 members,
Conseil des Cinq-Cents,’’ 500 members, » Oct. 27, 1795.
“ Directoire,” $ LDirectors, (
‘4 Consulat,”’ 3 Consuls, November 10, 1799
6, 20. Louis X V1I., see ‘* Bivgriphical and Geographical Index,” P. 152 7; 17. Invalides (l'hôtel des) was built by Louis XIV, 167r-
1674 ; it contains now about 3000 invalided soldiers and officers ; it is situated in the ‘‘ faubourg St. Germain, ”’ S W. extremity of Paris,
Oo. Suisses, the Swiss Guards, 8, 3 Duvphin, when Humbert IT, ceded the province of
‘ Dauphiné” to Philippe VI. of Valois (1349), it was stipulated that the heir apparent to the throne vf France would take the ritle of “ D'iuphin.”
$ Blanches . , . tricolores, white is now the colour of the
Bourbons and the ‘ancien résime ;” red that of the Democrats ; and the three colours, blue, white, and red together, represent the Republican party,' as well as those who believe in a limited monarchy.
9,11-12, 6 octobre (1789), the attack on the Castle of Versaill s by
the mob, who insisted on Louis XVI. coming to Paris.
11-12. 14 juillet (1789), the taking of the Bastille by the people. 10, 33. Zemple (Le), origin-lly a monastery in Paris occupied by
the Templars and other monastic orders Part of the building was used as a prison during the Revolution,
11, 33. La Marseillaise, see Rouget de L'Isle in the Index. 12, 40. Par mentuire, one who in the civil war cilled ‘La
Fronde,’’ sided with the Paliam:nt and ‘‘ Tiers-État against the Cardinal Mazarin, 1648-1653, during the minority of Loui XIV,
18, 3-4 L'attentut du 21 Janrier (1793), execu'ion of Louis XVI. 28. Comité de salut public, see list of Assemblies, note, p 6,
17, 24 Jacobiis, members of a political club composed of extreme
Democrats. They originally met in an ancient monastery of Jacobin monks.
25. Convention, see list of Assembh'ies, note, p. 6, 1. 12. 33. Impériaux, a name given since the sixteenth century to the
troops of the Germau Empire.
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vention sted till Terror ;
Index,”
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wince of 9), it was of France
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note, p 6,
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Page Line.
18, 7, Les montagnards (from ‘‘ montagne,” mountain), seated on the highe-t benches in the use, they represented the extreme Democratic party ; the group ‘‘la Plaine” (the plain) or ‘ le Marais” (the marsk) was lower down, and moderate in their views. Their enemies called them “les crapauds (toads) du Marais.”