GIACOMO, LAZARE
LAZARE, entrant.
Tu m'as dit, Giacomo, qu'à toute heure tu m'ouvrirais ta porte...
GIACOMO
Sois le bien venu, Lazare.
LAZARE, descendant péniblement la scène.
Je suis accablé de lassitude... {Après s'être assis.) Merci.
GIACOMO
Je veux non seulement te donner un asile... mais aider à ta fortune.
Avant tout, dis-moi? Cosme de Médicis!
GIACOMO
Il est sauvé! Quant à son frère Antonio, on le dit mort !
LAZARE
Mort ! Et Sylvio le moissonneur, qui a combattu pour eux?
GIACOMO
On l'a vu sortir de la ferme, blessé, sanglant; voilà tout ce que j'en sais.
LAZARE , se levant.
Adieu, Giacomo!
GIACOMO
Où vas-tu ?
LAZARE
Chercher Sylvio mort ou vivant !
GiAcoAio, s'opposant.
A cette heure de nuit? es-tu fou?
' LAZARE
Laisse-moi !
GIACOMO
Mais tu chancelles, Lazare.
Oui, la fatigue me tue... ( Il retombe assis.) Plus de six lieues en deux heures, et cela pour arriver trop tard !
MAGASIN THÉÂTRAL
GIACOMO
Comme il est accablé!... Tu pleures Médicis, je le vois... Eh bien ! sache donc qu'il reviendra, Lazare!... Tiens, pour te remettre, prends ce verre; voyons, bois!...
LAZARE, repoussant le verre.
Merci !
GIACOMO, insistant.
Au retour du Médicis, Lazare, buvons ! et à la mémoire des frères Salviati, qui sont morts pour lui.
LAZAIÎi:.
Je le veux bien, Giacomo ! [Levant son verre.) A vous, frères Salviati, morts si jeunes et si braves !