COSME, LA DUCHESSE, JULIANO*, LE GARDE
COSME, à Juliano, que deux gardes ont amené. Cette nuit, Juliano, vous vous êtes secrètement introduit dans l'intérieur de mon palais ; vous y êtes resté caché jusqu'au matin; vous vous en échappiez furtivement quand les archers vous ont saisi. Quel intérêt vous avait donc amené nuitamment chez moi? {Silence de Juliano.) Vous ne répondez pas, Juliano?... Cette même nuit un vol a été commis dans mon palais ; savez-vous qui a commis ce vol ?
JULIANO
C'est moi, monseigneur.
LA DUCHESSE, vivement.
Mais cela ne peut-être... Vous ne savez donc pas, Juliano, que les voleurs sont à jamais flétris par les lois ?
JULLiNO.
Dieu veuille que son déshonneur n'atteigne que le coupable !
LA DUCHESSE
Mais il n'en pourrait être ainsi... votre déshonneur ne vous frapperait pas seul, car vous avez un père, une fiancée.
JULLVXO.
Oui, madame. {Avec supplication. ) Et à cause d'eux je ne demande pas que l'on me pardonne, mais que l'on m'épargne, monseigneur.
LA DUCHESSE
Mais il n'est pas coupable, monseigneur.
COSME
Pourtant, vous l'entendez, madame, il l'avoue (A Juliano.) Mais, mallieurcux, que voulais-tu donc faire de cet or, toi qui n'as pas pensé que la générosité de Cosme aurait pu te garantir du déshonneur?
JULIANO
Ayez pitié, monseigneur, et ne me questionnez pas.
VOIX , dans la coulisse.
Il faut que j'arrive jusqu'à lui.
' La Duchesse, Juliano, Cosme.
MAGASIN THÉÂTRAL
JULUNO.
La voix de mon père !
LA DUCHESSE , à part.
Son père ?