‹ Lazare le patreChapitre 46 sur 64 · scène avec épouvante · texte numérisé non relu

scène avec épouvante

Quoi ! ses secrets endormis se réveillent quand

le vieillard expire... Oh! mille démons ! je veux lutter encore; les vivans seuls liéritent, et je veux être hardi comme le hasard et prompt comme la pensée. [Courant à la porte au deuxième plan.)

GALEOTTO, paraissant.

Vous êtes seul?

JL'DAEL.

Seul.

GALEOTTO

Et le duc?

JUDAEL.

Il est évanoui, mort ou va mourir, et il vient de me révéler...

GALEOTTO

Je sais tout, monseigneur ; car de cette chambre, et l'oreille appuyée sur la porte, j'ai tout entendu.

JUDAEL.

Et tu as compris, n'est-ce pas, qu'il faut que la nouvelle de la mort du porte-enseigne arrive en même temps que celle de la mort du duc de Médicis?

GALEOTTO

Oui, monseigneur.

JUDAEL.

Va, descends dans les prisons, emploie contre Juliano sans défense le poison ou le poignard... nous accuserons demain sa faiblesse ou son désespoir. Va.

GALEOTTO

Mais, monseigneur, si le duc revient de cet ^-évanouissement, si demain il demande à voir cet Is^îJritier, ce prisonnier?...

^~ JUDAEL.

Il apprendra sa mort.

GALEOTTO

Et verra sur son cadavre les traces d'une mort violente... et que deviendrai-je, moi qui l'aurai seul approché?

JUDAEL.

Oui, maissileduc meurt, Galeotto, que faire?... que résoudre?... 0 mon Dieu 1... Ah!... descends dans les prisons , prépare tout pour la mort du porte-enseigne, et je te ferai savoir le sort de Cosme de Médicis.

GALEOTTO

IMais par qui me fercz-vous porter cette nouvelle, sans créer peut-être un témoin contre nous?... prenez-y garde, monseigneur.

JUDAEL.

En effet... [Use promène avec inquiétude. S'arrêtant tout à-coup) Ecoute, je vais me rapprocher du duc, et s'il donne encore signe dévie, si les médecins espèrent... [désignant la fenêtre) je viendrai jeter par cette fenêtre le cri de veille de nuit aux archers du palais; et ce cri, répété de sentinelle en sentinelle, ira bientôt jusqu'au fond des prisons. Ce cri t'annoncera le salutde Jlcdicis. Protège alors la vie du capitaine... Mais si avant une heure les sentinelles n'ont pas parlé, qu'il meure, Galeotto, car ce silence t'apprendra que Cosme aura cessé de vivre.

Bien, monseigneur... bien pensé, carie cri sera le signal du salut, etle silence celui de la mort... et le silence ne pourra jamais témoigner contre nous.

JUDAEL.

Tu m'as bien compris, je le vois.

GALEOTTO

Oui, monseigneur... si j'entends la sentinelle, j'épargne Juliano.

JUDAEL.

Et si dans une heure tu n'as rien entendu?

GALEOTTO

Sa mort sans retard.

JUDAEL.

Va donc.

GALEOTTO

Je pars. [S'arrêtant.) Mais, monseigneur... et le muet prisonnier que j'ai laissé là, seul, sans gardes ?

Il désigne la porte.

JUDAEL.

En effet, envoie des hommes d'armes avec l'ordre de le conduire dans les cachots; je ne veux pas qu'il reste dans le palais.

GALEOTTO

Bien. Et maintenant, l'oreille attentive, je vais attendre le signal.

Et sans témoin, sans secours, nous pouvons défier l'événement...

GALEOTTO, montant la scène.

Allez auprès du duc.

JUDAEL , le suivant.

Toi près du porte-enseigne.

GALEOTTO

Hâtez-vous !

JUDAEL.

Hâte-toi !

Galeotto sort par le fond.

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