‹ Lazare le patreChapitre 58 sur 64 · NATIVA, LAZARE · texte numérisé non relu

NATIVA, LAZARE

LA DUCHESSE , dans le délire.

Mon fils!... mon enfant! oh! il va périr peutêtre !... mais il faut que je coure au rivage! L-vzARE, lui barrant le passage.

Juliano n'est pas mort, madame !

LA DUCHESSE

Que dites-vous ? ,

LAZARE

Il a dù plus tôt que les archers atteindiele bc du fleuve... et marcher ou se traîner dans l'obscurité jusqu'à la rue voisine, qui le conduira chez Mathéo, son père...

LA DUCHESSE, avec inquiétude et désespoir.

5Iais pourquoi cette dangereuse tentative ?

LAZARE

Pour faire croire à sa mort, madame, et tromper ainsi le poignard assassin de Judaël...

LA DUCHESSE

Oh ! VOUS ne m'abusez pas ?...

LAZARE

Je dis la vérité, madame.

LA DUCHESSE, avec force.

Et vous espérez que Juliano sortira de cette lutte insensée?...

LAZARE , vivement.

Comme je l'espérais, madame, lorsqu'il y a quinze ans je le reçus de vos mains, et l'emportai de la taverne en le cachant sous le manteau de Lazare.

LA DUCHESSE

Lazare !

LAZARE , s'inclinant devant elle.

Femme ou fiancée de mon frère, soyezbénie, ma sœur!...

LA DUCHESSE , courant à lui.

Raphaël !... toi, mon frère... dans cette affreuse misère'

Cette misère, ma sœur, aura servi à sauver Juliano.

LA DUCHESSE

Et c'est toi son sauveur?... toi , prisonnier... Viens, Raphaël, je veux appeler et dire...

LAZARE

Arrêtez, ma sœur... et partez sans que l'on puisse soupçonner notre entrevue... car depuis quinze ans l'on me croit muet dans cette prison maudite... et si l'on savait que j'ai parlé, la mort nous atteindrait e.isemble... Partez ! ^'e m'accusez pas si je n'ai pas eu la force de me taire quand vous aviez tant besoin d'un mot consolateur.

LA DLCUESSE.

Sans cela la douleur m'eût tuée...

LAZARE

Je le craignais, ma sœur, et cette crainte justifie mon imprudence... Allez !... Dieu nous guide au milieu de ces événemens mystérieux et terribles... Laissons agir la Providence, et ne provoquons ni combat ni vengeance. Allez!

LA DUCHESSE

Je ne te quitterai pas, Raphaël.

LAZARE

Mais en restant vous me perdez, ma sœur.

LA DUCHESSE

Je pars... mais quand te reverrai-je?

Demain !

■^ LA DUCHESSE

Où donc?

LAZARE

Au^ialais iMédicis.

LA DUCHESSE

Tu y seras !

LAZARE

J'y serai... Partez, partez, ma sœur... [La Duchesse va pour sortir, puis elle s'arrête. ) Qu'attendez-vous ?

LA DUCHESSE

Je ne t'ai pas embrassé... Raphaël!

LAZARE , lui tendant les bras.

Oh ! ma sœur !

LA DUCHESSE

A demain, mon frère...

LAZARE

A demain! ma sœur...

Elle sort par la porte, au deuxième plan, à droite.

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