AVIS
Les jeunes hommes qui désirent se faire une position dans le monde littéraire sans l'aide des coteries, peuvent s'adresser en toute confiance, pour les renseigne'
ments, à mademoiselle Tolla et à madame Bovary, dans toutes les bibliothèques ou cabinets de lecture.
Depuis bien des siècles, on répète, non sans raison, qu'il n'est rien de nouveau sous le ciel ; cependant, tout le monde crie au plagiat.
— On m'a pris mon action.
— On m'a pris mes situations.
— On m'a pris mes personnages.
— On m'a pris mon sujet.
— On m'a pris un mot, il y a trois semaines. Que peut-on faire de tout ce qu'on prend?
Vous vous souvenez sans doute d'un charmant vau» deville, un Monsieur et une Dame, de MM. Duvert et Lauzanne, je crois. Ce fut un grand et légitime succès, auquel Sterne ne fut pas étranger. Sterne était mort, on ne cria pas au plagiat. Je suis sûr qu'eût-il vécu, il eût trouvé la chose naturelle, '.'épisode pris par MM. Duvert et Lausanne au Voyage sentimental avait été pris par l'auteur anglais dans les Conte d'Eutrapel, chapitre de Ceux qui prennent en refusant, lequel chapitre est tiré des Sermoiies convivalcs, de
Gassius, et Gassius, ne vous en déplaise, l'avait luimême pillé dans les Facéties de Babelius, qui avai' dû le puiser quelque part. Si vous ûô voulez poinf croire, demandez à M. Mérimée.
On suppose volontiers que les ouvrages les plus lu9 sont ceux qui conduisent le plus sûrement à la réputation. Quel préjugé! X. et Z. sont arrivés à la gloire, l'un pour avoir écrit :
DE LA MANUTENTION CHEZ LES ASSYRIENS. — Paris, 1840.
l'autre :