UN PRÉJUGÉ FANTAISISTE
Du temps où Balzac écrivait, on ne doutait pas que les gens de lettres ne mangeassent, à chaque repas, le diamant brochette au coulis de perles. Canalis n'avait pas parlé de vendre ses chenets ; Lousteau, ceJ
affreux Lousteau, trouvait moyen, malgré sa misère, de manger vingt mille francs, bon an mal an. Pour Nathan et consorts, la vie n'était qu'un long souper chez Florine, l'ullia, Coralie, ou Schontz, ces lorettes de la veille. Ces doux préjugés, avalés par la jeunesse du temps, eurent des conséquences déplorables ; les lettres accaparèrent une multitude déjeunes gens qui, sur le seuil des boutiques de la rue du Sentier, eussent fait le plus bel ornement de la société.