‹ Le 17e Dix-septième siècle par les textes, morceaux choisesChapitre 100 sur 511 · Mont. Se rapporte à Parnasse. 10. Le tabac · texte numérisé non relu

Mont. Se rapporte à Parnasse. 10. Le tabac

.5. Poi;r être proche. Parce qu'il 11. // me convient descendre. De

est proche. descendre. Cf. p. 74, n. 16.

SAIXT-AMA^D. 99

« Non, je ne trouve point beaucoup dp différence

De prendre du tabac à vivre d'espérance,

Car l'un n'est que fumée et l'autre n'est que vent ^

moïse

La faucille à la main de leur cabane ils ^ sortent,

Vont au premier fossé, sur leur tête en rapportent

L'émail tremblant et vert de deux faisceaux de joncs.

En prennent les plus forts, en joignent les plus longs,

Et de leurs rites ^ doigts en dressent un ouvrage

Qui, de bitume enduit pour tromper le naufrage,

Ne sait s'il doit au vrai s'appeler un vaisseau,

Ou plutôt un cercueil ou plutôt un berceau.

Puis après maint baiser accompagné de larmes

Que versait Jocabel ^ sur l'enfant plein de charmes,

Après maint dur sanglot et maint soupir aigu.

Elle le couche enfin dans le ht ambigu ^ ;

Et, voyant qu'il riait d'une douce manière :

« Las ! dit-elle, tu ris, ô ma gloire dernière !

Tu ris, mon seul espoir, et tu ne connais pas

Que peut-être ta vie est proche du trépas.

Tu fais sur ton beau front éclater l'allégresse

Et tu ne ressens point le péril qui te presse.

Ah ! chétif, ah ! chétif, qu'il te siérait bien mieux

De lâcher maintenant les torrents de tes yeux !

0 douleur ! ô remède ! ô lit ! ô sépulture !

Fut -il jamais au monde une telle aventure ?

J'égare exprès un bien afin de le trouver ,

Je l'expose aux hasards afin de le sauver,

Et, par une pitié sinistre et dangereuse,

Même avant le malheur me rendant malheureuse,

Je cherche ma ruine, y cours aveuglément,

Et du sort que je crains hâte l'événement.

1. « Un agréable sonnet est celui 2. /Zs. Le père et la mère de Moïse,

où Saint-Amand se représente fu- 3. Vîtes. Cet adjectif était d'un

mant et rêvant sur la destinée... emploi beaucoup plus fréquent.

Ce sonnet est une bonne petite toile 4. La mère.

hollandaise » (Sainte-Beuve. Lundis, 5. Ambigu. Cf. ci-dessus. On ne sait

t. XII). si c'est un lit, un berceau, un cercueil.

100 LE XVlle SIÈCLE PAR LES TEXTES

Dans la verte épaisseur de ces fragiles plantes Qui poussaient près du Nil leurs têtes chancelantes, S'entrouvrait par contours une espèce de sein ^ Qu'un favorable sort offrait comme à dessein De recevoir l'enfant et garder - que sur l'onde Le courant ne rendît sa barque vagabonde; De joncs et de glaïeuls il était renfermé ^ Et l'art même à propos semblait l'avoir formé. Sitôt qu'en cet asile on eut mis la nacelle Amram ^ dresse ^ ses pas où le travail l'appelle ; Et l'aimable bergère errant à l'environ Laisse aller Jocabel revoir le tendre Aaron ^.

Telle que dans l'horreur d'une forêt épaisse Une biche craintive et que la soif oppresse Quitte à regret son faon, depuis peu mis au jour, Quand pour chercher à boire aux fosses d'alentour, Ayant au moindre bruit les oreilles tendues. On la voit s'avancer à jambes suspendues, Faire un pas et puis deux, et soudain revenir. Et, de l'objet aimé montrant le souvenir, Montrer en même temps, par ses timides gestes, Le soupçon ' et l'effroi des images funestes Qui semblent l'agiter pour autrui seulement, Telle fut Jocabel en son éloignement ^.

(Chant 1er 9).

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