‹ Le 17e Dix-septième siècle par les textes, morceaux choisesChapitre 115 sur 511 · DEFENSE DU MOT CAR · texte numérisé non relu

DEFENSE DU MOT CAR

Mademoiselle, car étant d'une si grande considération ^ dans notre langue, j'approuve extrêmement le ressentiment que vous avez du tort ^ qu'on veut lui faire, et je ne puis bien espérer de l'Académie, dont vous me parlez, voyant qu'elle se veut établir ^ par une si grande violence. En un temps où la fortune joue des tragédies par tous les endroits de l'Europe, je ne vois rien si digne ^ de pitié que quand je vois que l'on est prêt de ^ chasser et faire le procès à un mot ^ qui a si utilement servi cette monarchie, et qui, dans toutes les brouilleries du royaume, s'est toujours montré bon Français. Pour moi, je ne puis comprendre quelles raisons ils pourront alléguer contre une diction ^ qui marche toujours à la tête de la raison et qui n'a point d'autre charge que de l'introduire ^®. Je ne sais pour quel intérêt ils tâchent d'ôter à car ce qui lui appartient pour le donner à pour ce que, ni pourquoi ils veulent dire avec trois mots ce qu'ils peuvent dire avec trois lettres.

Ce qui est le plus à craindre. Mademoiselle, c'est

1. Qu'il. Le que signifie dans 6. iîien si digne. Rien de si digne. lequel Cf. p. 41, n. 5. Cf. p. 24, n. 3.

2. Certains beaux esprits, Gom- 7, Prêt de. Prêt à. Cf. p. 18, ber ville entre autres, prétendaient n. 1.

substituer pource que à car. 8. Chasser et faire le procès à.

3. Considération. Importance. Construction interdite par la gram-

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