‹ Le 17e Dix-septième siècle par les textes, morceaux choisesChapitre 118 sur 511 · FELICITATIOXS SUR LA VICTOIRE DE ROCROY · texte numérisé non relu

FELICITATIOXS SUR LA VICTOIRE DE ROCROY

Monseigneur, à cette heure que - je suis loin de Votre Altesse et qu'elle ne peut plus me faire de charge ^, je suis résolu à vous dire tout ce que je pense d'Elle depuis longtemps. A dire le vrai. Monseigneur, vous seriez injuste si vous pensiez faire les choses que vous faites sans qu'il en fût autrement question ni que l'on prît la liberté de vous en parler. Si vous saviez de quelle sorte tout le monde est déchaîné dans Paris à discourir de vous ^, je suis assuré que vous en auriez honte et que vous seriez étonné ,de voir avec combien peu de respect et peu de crainte de vous déplaire tout le peuple s'entretient de ce que vous avez fait.

A dire la vérité, c'a été trop de hardiesse et de violence à vous d'avoir, à l'âge où vous êtes, choqué ^ de vieux capitaines que vous deviez respecter, quand ce n'eût été que pour leur expérience ; fait tuer le pauvre comte de Fontaine ^, qui était, à ce qu'on dit, un des meilleurs hommes des Flandres, et à qui le prince d'Orange n'avait jamais osé toucher ; pris seize pièces de canon qui appartenaient à un prince ^ oncle du roi, frère de la reine, et avec qui vous n'aviezi jamais eu de différend; enfin mis en désordre les meilleures troupes des Espagnols, qui vous avaient laissé passer avec: tant de bonté. Je ne sais pas ce qu'en dit le Père Musnier ^^ mais tout cela est contre les bomies mœurs, et il y a là, ce me semble, grande matière de confession. J'avais bien

1. Paroles. Mots. Cf. p. 114, n. 2. 4. De vous. Sur vous ; cî.parler de.

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