‹ Le 17e Dix-septième siècle par les textes, morceaux choisesChapitre 178 sur 511 · Je ne pouvais mieux que de du participe. Cf. p. 31, n · texte numérisé non relu

Je ne pouvais mieux que de du participe. Cf. p. 31, n

toiicliait point. Outre que les trois maximes précédentes * n'étaient fondées que sur le dessein que j'avais de continuer à m'instruire ; car, Dieu nous ayant donné à chacun quelque lumière pour discerner le vrai d'avec le faux, je n'eusse pas cru me devoir contenter des opinions d'autrui un seul moment, si je ne me fusse proposé d'employer mon propre jugement à les examiner lorsqu'il serait temps ; et je n'eusse su m'exempter de scrupule en les suivant, si je n'eusse espéré de ne perdre pour cela aucune occasion d'en trouver de meilleures, en cas qu'il y en eût- ; et enfin je n'eusse su borner mes désirs ni être content, si je n'eusse suivi un chemin par lequel, pensant être assuré de l'acquisition de toutes les connaissances dont je serais capable, je le pensais être par même moyen ^ de celle de tous les vrais biens qui seraient jamais en mon pouvoir, d'autant que, notre volonté ne se portant à suivre ni à fuir aucune chose que selon que notre entendement la lui représente bonne ou mauvaise, il suffit de bien juger pour bien faire ^, et de juger le mieux qu'on j)uisse pour faire aussi tout son mieux, c'està-dire pour acquérir toutes les vertus et ensemble tous les autres biens qu'on puisse ^ acquérir ; et, lorsqu'on est certain que cela est, on ne saurait manquer d'être content.

Après m'être ainsi assuré de ces maximes, et les avoir mises à part avec les vérités de la foi, qui ont toujours été les premières en ma créance, je jugeai que, pour tout le reste de mes opinions, je pouvais librement entreprendre de m'en défaire ; et, d'autant que j'espérais en jDouvoir mieux venir à bout en conversant ^ avec les hommes qu'en demeurant plus longtemps renfermé dans le poêle ^ où j'avais eu toutes ces pensées, l'hiver n'était pas encore bien achevé, que je me remis à voyager. Et en toutes les neuf années suivantes je ne

1. Les trois régies de la morale, 2. En casque s'employait fréquem-

exposées au début de la troisième ment dans des constructions ana-

partie. 1° Observer les lois et les logues avec le sens de supposé que.

coutumes de mon pays; 2" être le ?,. J'ar inémemoijen. CA. p.2(),nAS.

plus ferme et le plus résolu en mes 4. Maxime très contestable, mais

actions que je pourrais et ne suivre qui s'accorde bien avec le rationa-

pas moins constamment (avec cons- lisme de Descartes,

tance) les opinions les plus douteu- 5. Puisse. Latinisme. Dans l'usage

ses, lorsque je m'y serais une fois moderne, on met l'indicatif,

déterminé, que si elles eussent été 6, En conversant. En entretenant

très assurées ; '.i" tâcher plutôt à me des relations. Cf. p. 179, n. 2.

vaincre que la fortune. 7. Poêle. Cf. p. 179, n. 4.

fis autre chose que rouler çà et là dans le monde, tâchant d'y être spectateur plutôt qu'acteur en toutes les comédies qui s'y jouent ; et, faisant particulièrement réflexion en chaque matière sur ce qui la pouvait rendre suspecte et nous donner occasion de nous méprendre, je déracinais cependant ^ de mon esprit toutes les erreurs qui s'y étaient pu glisser auparavant. Non que j'imitasse pour cela les sceptiques, qui ne doutent que pour douter et affectent d'être toujours irrésolus ; car au contraire, tout mon dessein ne tendait qu'à m'assurer ^ et à rejeter la terre mouvante et le sable, pour trouver le roc ou l'argile.

{Ibid., 3e partie.)

JE PENSE, DOxXC JE SUIS l'essence de .l'homme n'est que de penser *

Je ne sais si je dois vous entretenir des premières méditations que j'ai faites ; car elles sont si métaphysiques et si peu communes, qu'elles ne seront peut-être pas au goût de tout le monde ; et toutefois, afin qu'on puisse juger si les fondements que j'ai pris sont assez fermes, je me trouve en quelque façon contraint d'en parler. J'avais dès longtemps remarqué que, pour les mœurs, il est besoin quelquefois de suivre des opinions qu'on sait être fort incertaines tout de même que si elles étaient indubitables, ainsi qu'il a été dit ci-dessus ; mais,pour ce qu' ^ alors je désirais vaquer seulement à la recherche de la vérité, je pensai qu'il fallait que je fisse tout le contraire et que je rejetasse comme absolument faux tout ce en quoi je pourrais imaginer le moindre doute, afin de voir s'il ne resterait point après cela quelque chose en ma créance qui fût entièrement indubitable. .Ainsi, à cause que ® nos sens nous trompent quelc[uefois, je voulus supposer qu'il n'y avait aucune chose qui fût telle qu'ils nous la font imaginer ; et,

1. Cependant. Pendant ce temps. 4. C'est l'homme en qualité d'être Cf. p. 25, n. 12. pensant que notre littérature clas-

2. 5'y étaient pu f/lisser. L'emploi sique a surtout étudié; et, par là ende pu entre le pronom personnel et le ^ore, il v a affinité entre le cartésiaverbe pronominal n'empêche pas „{,.„„ pi ip classicisme

celui-ci de se construire avec l'auxi- nisme et le classicisme.

liaire être. ^- Pour ce que. Pour cette raison

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