Doré. Nous disons d'or. poétique. Cf. p. 30, n
La fausse humilité ne met plus en crédit ;
Je sais ce que je vaux et crois ce qu'on m'en dit.
Pour me faire admirer, je ne fais point de ligue ;
J'ai peu de voix pour moi, mais je les ai sans brigue^
Et mon ambition pour faire plus de bruit
Ne les va point quêter ^ de réduit en réduit '^.
Mon travail sans appui monte sur lé théâtre ;
Chacun en liberté l'y blâme ou l'idolâtre ;
Là, sans que mes amis prêchent leurs sentiments,
J'arrache quelquefois des applaudissements ;
Là, content ^ du succès que le mérite donne.
Par d'illustres avis * je n'éblouis personne.
Je satisfais ensemble et peuple et courtisans,
Et mes vers en tous lieux sont mes seuls partisans.
Par leur seule beauté ma plume est estimée ;
Je ne dois qu'à moi seul toute ma renommée ^,
Et pense toutefois n'avoir point de rival
A qui je fasse tort en le traitant d'égal.
{Excuse à Ariste.)