‹ Le 17e Dix-septième siècle par les textes, morceaux choisesChapitre 235 sur 511 · LES DEVOIRS DE CIVILITE · texte numérisé non relu

LES DEVOIRS DE CIVILITE

Les hommes sont liés entre eux par une infinité de besoins, qui les obligent par nécessité de vivre en société, chacun en particulier ne se pouvant passer des autres.

Or il est absolument nécessaire, afin que la société des hommes subsiste, qu'ils s'aiment et se respectent les uns les autres. Car le mépris et la haine sont des causes certaines de désunion. Il y a une infinité de petites choses très nécessaires à la vie, qui se donnent gratuitement et qui, n'entrant pas en commerce, ne se peuvent acheter que par l'amour. De plus, cette société étant composée d'hommes qui s'aiment eux-mêmes et qui sont pleins de leur propre estime, s'ils n'ont quelque soin de se contenter et de se ménager réciproquement, ce ne sera qu'une troupe de gens mal satisfaits les uns des autres, qui ne pourront demeurer unis.

Mais, comme l'amour et l'estime que nous avons pour les autres ne paraissent point aux yeux \ ils se sont avisés d'établir entre eux certains devoirs qui seraient des témoignages de respect et d'affection. Et il arrive de là nécessairement que de manquer à ces devoirs, c'est témoigner une disposition contraire à l'amour et au respect. Ainsi nous devons ces actions extérieures à ceux à qui nous devons les

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