‹ Le 17e Dix-septième siècle par les textes, morceaux choisesChapitre 245 sur 511 · LES ROMAINS APRES LA GUERRE CONTRE PYRRHUS · texte numérisé non relu

LES ROMAINS APRES LA GUERRE CONTRE PYRRHUS

La guerre de Pyrrhus ouvrit l'esprit aux Romains et leur inspira des sentiments qui ne les avaient pas touchés encore. A la vérité, ils y entrèrent grossiers et présomptueux, avec beaucoup de témérité et d'ignorance ; mais ils eurent une grande vertu à la soutenir, et, comme ils virent toutes choses nouvelles, avec un ennemi qui avait tant d'expérience, ils devinrent sans doute - plus industrieux et plus éclairés qu'ils n'étaient auparavant... Pour les choses qui sont purement de l'esprit, c{uoique la harangue du vieil Appius ^ eût fait chasser de Rome Cinéas ^, l'éloquence de Cinéas n'avait pas laissé de plaire, et sa dextérité avait été agréable.

Les présents offerts, bien que refusés, donnèrent cependant une secrète vénération pour ceux qui les pouvaient faire, et Curius ^, si fort honoré jjour sa vertu désintéressée, le fut encore davantage c[uand il leur fît voir, dans son triomphe, de For, de l'argent, des tableaux et des statues. On connut alors qu'il y avait des choses plus excellentes ailleurs qu'en Italie.

Ainsi, des idées nouvelles firent, pour ainsi parler, de nouveaux esprits ; et le peuple romain, touché d'une magnifi-

1. « Sa pièce la plus jolie et la ("Sainte-Beuve, Nouveaux Lundis,

plus citée est la Conversation du Père t. XIII).

Canaye et du maréchal d'Hocquin- o. Sans doute. Sans nul doute. CL

court. ^ C'est une provinciale, la p 153^ n, 4

dix-neuviéme provinciale comme je 0 \^^;„l r-i„,,^,„c r,^^,,^ o'^^

rappelle, écrite"^ par un homme du posa ^^sTe sS ^^Lârnroposé;

monde, qui, en raillerie sur le iond ^^^ d^L.. ^L„ '1 j P^l^+P^°?i^^^!

des choses, va plus loin que Pascal. ^Y^. .V^f- h H'.h H l'fetrl ^

La scène se passe en 1654; mais il ^«^ eAacuat d abord 1 Itahe. est probable que Saint-Evremond 4. Mmistre de Pyrrhus.

ne s'en ressouvint et n'eut l'idée 5. Curius Dentatus avait battu

de récrire qu'après les Provinciales » Pyrrhus à Bénévent.

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cence inconnue ^, perdit ses vieux sentiments, où l'habitude de la pauvreté n'avait pas moins de part que la vertu.

La curiosité éveilla donc les citoyens ; les cœurs mêmes commencèrent à sentir, avec émotion, ce que les yeux avaient commencé de voir, avec plaisir ; et, quand ces mouvements se furent mieux expliqués -, on fit paraître de véritables désirs pour les choses étrangères. Quelques particuliers conservèrent encore l'ancienne continence ^, comme il est arrivé depuis, et dans le temps de la République la plus corrompue ; mais enfin il se forma une en\ ie générale de passer la mer, pour s'établir en des lieux où Pyrrhus avait su trou\'er tant de richesses. Voilà proprement d'où est venue la première guerre de Carthage. Le secours donné aux Tarentins en fut le prétexte; la conquête de la Sicile, le véritable sujet.

{Réflexions sur les divers génies^ du Peuple romain, chap. VI.)

DIVERSITES ET C03IPLEXITES DE L'HOMME

Pour nous °, si nous avions à dépeindre un naturel semblable à celui de C'atilina, nous aurions de la peine à concevoir dans une même personne des qualités qui paraissent opposées ; tant de hardiesse avec un si grand artifice, tant de fierté ^ et tant de finesse, tant d'ardeur en ce qu'il désirait avec tant feinte et de dissimulation.

Il y a des différences délicates, entre des qualités qui semblent les mêmes, que nous découvrons malaisément. Il y a quelquefois un mélange de vice et de vertu, dans une seule quahté, que nous ne séparons jamais...

Ces distinctions particulières qui marquent diversement

1. Touché d'une maç/nificence. prits à cette époque eurent comme

Sur lequel cette magnificence avait lui le sens historique. Il substitua

fait impression. dans tous les domaines, morale,

2.ExpZi7j;és. Développés, (cf.p. 251, histoire, littérature, le point de vue

n. 2) et déclarés. relatif au point de vue absolu ; et

3. Continence. Modération ; sens par là, on peut le considérer comme plus général que dans l'usage mo- un précurseur du XVIIP siècle, derne. 5. Xous. Nous autres. Français

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