Ce portrait fut écrit en 1658. qui est censé parler
qu'il dit être tout à fait conforme à l'original ; mais, toute correcte qu'elle est, possible ^ n'évitera-t-elle pas la censure de certaines personnes qui ne peuvent souffrir que l'on se mêle de pénétrer dans le fond de leur cœur, et qui croient être en droit d'empêcher que les autres les connaissent, parce qu'elles ne veulent point se connaître elles-mêmes. Il est vrai que, comme ces Maximes sont remplies de ces sortes de vérités dont l'orgueil liumain ne se peut accommoder, il est presque impossible qu'il ne se soulève contre elles et qu'elles ne s'attirent des censeurs. Aussi est-ce pour eux que je mets ici une Lettre - que l'on m'a donnée...; elle m'a semblé assez propre pour répondre aux principales difficultés que l'on peut opposer aux Réflexions et pour expliquer les sentiments de leur auteur : elle suffit pour faire voir que ce qu'elles contiennent n'est autre chose que l'abrégé d'une morale conforme aux pensées de plusieurs Pères de l'Eglise, et que celui qui les a écrites a eu beaucoup de raison de croire qu'il ne pouvait s'égarer en suivant de si bons guides et qu'il lui était permis de parler de l'homme comme les Pères en =^ ont parlé ; mais, si le respect qui leur est dû n'est pas capable de retenir le chagrin ■* des critiques, s'ils ne font point de scrupule de condamner l'opinion de ces grands liommes en condamnant ce livre, je prie le lecteur de ne les pas imiter, de ne laisser point entraîner son esprit au premier mouvement ^ de son cœur, et de donner ordre, s'il est possible, que l'amourpropre ne se mêle point dans le jugement qu'il en fera : car, s'il le consulte, il ne faut pas s'attendre qu'il puisse être favorable à ces maximes ; comme elles traitent F amour-propre de corrupteur de la raison, il ne manquera pas de prévenir l'esprit contre elles. Il faut donc prendre garde que cette prévention ne les justifie, et se persuader qu'il n'y a rien de plus propre à étabhr la vérité de ces Réflexions que la chaleur et la subtilité que l'on témoignera pour les combattre. En effet, il sera difficile de faire croire à tout homme de bon sens que l'on les condamne par d'autre motif ^ que par celui de
1. Possj7)/e. Peut-être. Cf. p. 121, n. 5. - j .^^ , , ^. .„^
2. Klle terminait VAni.'i mi JprfPnr. "l Laisser entraîner... au.Ctp.l86,