LA FRESQUE
... Et toi, qui fus jadis la maîtresse du monde,
Docte et fameuse école en raretés féconde,
Où les arts déterrés ^ ont, par un digne effort,
Réparé les dégâts des barbares du Xord ;
Source des beaux débris des siècles mémorables,
0 Rome, qu'à * tes soins nous sommes redevables
De nous avoir rendu, façonné de ta main,
Le grand homme ^, chez toi devenu tout Romain ^,
Dont le pinceau célèbre avec magnificence
De ses riches travaux vient parer notre France
Et dans un noble lustre y produire ' à nos yeux .
Cette belle peinture, inconnue en ces heux,
La fresque, dont la grâce, à l'autre^ préférée.
Se conserve un éclat d'éternelle durée.
Mais dont la promptitude et les brusques fiertés
Veulent un grand génie à ^ toucher ses beautés !
De l'autre qu'on connaît la traitable ^^' méthode
Aux faiblesses d'un peintre aisément s'accommode ;
La paresse de l'huile, allant avec lenteur.
Du plus tardif génie attend la pesanteur ;
1. A. Pour. Cf. p. 12, n. 1.3. ger à pleurer sans contrainte, il en
2. Voici la lettre que Molière faut accuser le peu d'éloquence d'un écrivit à La Mothe-Le-Vayer en homme qui ne saurait persuader ce lui envoyant ce sonnet : qu'il sait si bien faire. >
« Vous voyez bien, monsieur, que 3. Déterrés. Ressuscites,
je m'écarte fort du chemin que l'on 4. Que. Combien,
suit d'ordinaire en pareille rencontre 5. 7^^ grand homme. Mignard. La
et que le sonnet que je vous envoie pièce où se trouve le morceau cité
n'est rien moins au'une consolation. ^^i ^^^ élo<ïe de ce peintre
Mais j'ai cru qu'il fallait en user de q Mi^nard avait longtemps sé-
la sorte avec vous, et que c est con- -^^^^^ .^ p. ^^^
soler un philosophe que de lui justi- „ PrmhnrP Faire naraître
fier ses larmes et de mettre sa dou- '• irodmre. 1 aire paraître,
leur en liberté. Si je n'ai pas trouvé 8. A l autre. L autre genre ae
d'assez fortes raisons pour alTranchir peinture, la peinture a 1 huile,
votre tendresse des sévères leçons î>- A.. Pour. Cf. n. 1.
de la philosophie et pour vous obli- 10. Traitable. Commode.