‹ Le 17e Dix-septième siècle par les textes, morceaux choisesChapitre 341 sur 511 · Un vain bruit. La gloire. fenêtre, a reçu les hommages du · texte numérisé non relu

Un vain bruit. La gloire. fenêtre, a reçu les hommages du

4. Faire usage... de l'oisiveté. jeune Timante. Dans la scène qui Mettre à profit son loisir. suit, Harpaième, déguisé, se donne c'^^wH."^^^ 1 ^^"«'^^«"'^■- ,^y^« comme un cousin d'Hortense, pour ^ irci°r^râoSl?Jn\enuSf^rpSési;; apprendre quels sont les sentiments d'un tour singlilier, où la vertu trouve J^ sa pupille. Cf. dans l Ecole des moven de s'accommoder avec l'oisi- femmes la scène analogue entre veté, où les Philis se placent à côté Arnolphe et Horace (Acte L scène de l'Etre suprême, et qui fait naître vi). C'est, ici, par sa pupille clleun sourire'dans une larme. » (Sainte- même que le tuteur ; connaît son Beuve, Portraits littéraires, t. I). infortune.

Mais vous, d'une amour folle ^ étant préoccupée ^, Vous rendez du défunt la volonté trompée ^; Et le pauvre Harpajème, au lieu d'affection, N'a vu que haine en vous et que rébellion.

HORTEXSE

Il est vrai, son humeur a rebuté la mienne.

Mais, Monsieur, ce n'est pas ma faute : c'est la sienne.

HARPAJÈME

Comment ?

HORTEXSE

Nous demeurions à huit milles d'ici.

Je n'avais jamais vu que lui seul d'homme : ainsi, Je me comptais toujours compagne de sa couche, Quoiqu'il me parût froid, noir, bizarre, et farouche ; Sans amour, il est vrai, toutefois sans ennui *, Présumant que tout homme était fait comme lui. Mais, loin de me tenir dans cette erreur extrême, A me désabuser il travailla lui-même ; Et j'appris par ses soins, avec quelque pitié, Qu'il était des mortels le plus disgracié.

HAPRAJÈME

Quoi ! lui-même ? Comment ?

HORTEXSE

Vous le savez, mon père De son pouvoir sur moi le fit dépositaire. Et mourut. Peu de temps après la mort du sien. Harpajème, héritier et maître d'un grand bien. D'avoir place au sénat conçut quelque espérance. 11 voulut faire voir son triomphe à Florence ^, Wy traînant avec lui, malgré moi. Dans ces Heux, Mille gens bien tournés s'offrirent à mes yeux, Qui de me plaire tous prirent un soin extrême. Faisant réflexion sur eux, sur Harpajème, Que vis- je ? Ah ! mon cousin, quelle comparaison ! L'erreur en mon esprit fit place à la raison ;

1. Amour folle. Cf. p. 108, n. 5. 4. Ennui. Dans un sens plus fort.

2. Préoccupée. Dans le sens éty- Cî n 11 n "^ mologique. • p- » • —

3. Vous rende:... trompée. Cf. p. 20, o. Harpajème est Florentin ; de n. 6. là le titre de la pièce.

LA FOXTAIXE 381

Mon jaloux me parut d'un dégoût ^ manifeste, Et je pris sa personne en haine.

HARPAJÈME, à part.

Je déteste

HORTENSE

Quoi donc ! ce franc aveu vous déplaît-il ? Comment ' Est-ce que je m'explique à vous trop hardiment ?

HARPAJÈME

Non pas, non pas.

HORTENSE

Je vais me contraindre.

HARPAJEME

Au contraire :

De ce que vous pensez il ne faut rien me taire. Si vous voulez, pesant " l'une et l'autre raison ^, Que je fonde une paix stable en votre maison, Vous devez me montrez votre âme toute nue. Ma cousine.

HORTENSE

Oh ! vraiment j'y suis bien résolue.

Avant que d'épouser Harpajème aujourd'hui, Afin que vous jugiez si je dois être à lui, De tout ce que j'ai fait, de tout ce qu'il m'inspire, Je ne vous tairai rien Mais n'allez pas lui dire *.

HARPAJÈME

Oh ! non, non. Revenons à la réflexion '\ Vous fîtes dès ce temps le choix d'un galant ?

HORTENSE

Non :

Jamais d'en choisir un je n'eusse eu la pensée ; Mais Harpajème, épris ^ d'une rage insensée. Poussé par un esprit ' ridicule, importun, A son dam, malgré moi, m'en fit découvrir un.

1. D'un dégoût manifeste. D'une (les raisons) d'Hortense et celle de aideur manifestement répugnante, son tuteur. r-r „ ,1

rriprrnr.tî^ntP^ ^- ^ allcz paslui dire. CL p. 57 ,n. 4.

(dégoûtante). __^ ^^ réflexion. Cf. plus haut •

2. Pesant. Se rapportant au sujet faisant réflexion, etc. de fonde. 6. Epris. Saisi.

3. U une et Vautre raison. L.a raison 7. Esprit. Inspiration.

HARPAJÈME

Vous verrez que cet homme aura tout fait.

HORTENSE

Sans doute ^ ; Car, me voulant contraindre à prendre une autre route, Pour m'ôter du grand monde, il me fit enfermer 2. J'étais à ma fenêtre à prendre souvent l'air ; D'un logis près ^, un homme en faisait tout de même : Je ne le voyais pas d'abord ; mais

HARPAJÈME

Harpajème Vous le fit découvrir, n'est-ce pas ?

HORTENSE

Justement.

Il me dit, tourmenté par son tempérament *, Que sans doute ^ cet homme était là pour me plaire, Et m'ordonna surtout, fulminant de colère. De ne plus me montrer lorsque je l'y verrais. Instruite à ce discours ^ de ce que j'ignorais, A me montrer encor je me plus davantage ; Et je vis qu'Harpajème avait dit vrai.

HARPAJÈME, à part

J'enrage !

HORTEîsSE

Cet homme enfin, Monsieur, dont Timante est le nom, Me fit voir en ses yeux qu'il m'aimait tout de bon. Il est jeune, bien fait ; sa personne rassemble Dans leur perfection tous les bons airs ' ensemble ; Magnifique en habits, noble en ses actions, Charmant

HARPAJÈME

Passez, passez sur ses perfections ; Il n'est pas question de vanter son mérite.

1. Sans doute. Sans nul doute. Cf. 5. Sans doiite.'Sans nul doute. Cf p. 163, n. 4. n. 1.

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