‹ Le 17e Dix-septième siècle par les textes, morceaux choisesChapitre 351 sur 511 · UNE OMBRE REBUTÉE · texte numérisé non relu

UNE OMBRE REBUTÉE

Une ombre tient si peu de place.

CARON

Ou paye, ou tourne ailleurs tes pas.

l'ombre.

De grâce, par pitié, ne me rebute pas.

CAROX.

La pitié n'est point ici-bas ^, Et Caron ne fait point de grâce.

l'ombre.

Hélas ! Caron, hélas ! hélas !

CARON

Crie hélas ! tant que tu voudras :

Rien pour rien en tous lieux est une loi sui^de.

Les mains vides sont sans appas ; Et ce n'est point assez de payer dans la vie. Il faut encor payer au delà du trépas. l'ombre en se retirant.

Hélas ! Caron, hélas ! hélas !

CARON

Il m'importe peu que l'on crie :

Hélas ! Caron, hélas ! hélas !

Il faut encor payer au delà du trépas.

ALCIDE, 2 CARON, les ombres.

ALCIDE, sautant dans la barque.

Sortez, ombres ; faites-moi place ; Vous passerez une autre fois.

(Les ombres s'enfuient.)

CARON

Ah ! ma barque ne peut souffrir un si grand poids.

ALCIDE

Allons, il faut que l'on me passe.

CARON

Retire-toi d'ici, mortel, qui que tu sois : Les enfers irrités puniront ton audace.

ALCIDE

Passe-moi, sans tant de façons.

1. Ici-bas. Dans les enfers. cée) est descendu aux enfers pour en

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