‹ Le 17e Dix-septième siècle par les textes, morceaux choisesChapitre 364 sur 511 · Le Maistre de Sacy avait, en demander · texte numérisé non relu

Le Maistre de Sacy avait, en demander

comédie une chose sainte, si je la crois propre à faire mourir le vieil homme, je dirai que non. Mais je vous dirai en même temps qu'il y a des choses qui ne sont peus saintes et qui sont pourtant innocentes. Je vous demanderai si la chasse, la musique, le plaisir de faire des sabots et quelques autres plaisirs, que vous ne vous refusez pas à vous-mêmes, sont fort propres à faire mourir le vieil homme ; s'il faut renoncer à tout ce qui divertit, s'il faut pleurer à toute heure. Hélas ! oui, dira le mélancohque. Mais que dira le plaisant ? Il voudra qu'il lui soit permis de rire quelquefois, quand ce ne serait que d'un jésuite ; il vous prouvera, comme ont fait vos amis ^ que la raillerie est permise, que les Pères ont ri, que Dieu même a raillé. Et vous semble-t-il que les Lettres provinciales soient autre chose que des comédies ? Dites-moi, Messieurs, qu'est-ce qui se passe dans les comédies ? On y joue un vaJet fourbe, un bourgeois avare, un marquis extravagant, et tout ce qu'il y a dans le monde de plus digne de risée. J'avoue que le Provincial ^ a mieux choisi ses personnages : il les a cherchés dans les couvents et dans la Sorbonne ; il introduit sur la scène, tantôt des jacobins, tantôt des docteurs, et toujours des jésuites. Combien de rôles leur fait-il jouer ! Tantôt il amène un jésuite bonhomme, tantôt un jésuite méchant, et toujours un jésuite ridicule. Le monde en a ri pendant quelque temps, et le plus austère janséniste aurait cru trahir la vérité que de n'en pas rire.

Reconnaissez donc que, puisque nos comédies ressemblent si fort aux vôtres, il faut bien qu'elles ne soient pas si criminelles que vous dites.... ^

EPIGRAMME SUR VlPHiGEME DE LE CLERC

Entre Le Clerc et son ami Coras ^, Tous deux auteurs rimant de compagnie,

1. Pascal, dans la onzième Pro- pas publiée. Boileau détourna Ravinciale <^ii^e de la faire paraître en lui re-

2. Les Lettres provinciales étaient ^f '^TtS. "^"tf. ,?''• **""!>' '-FZlt ^.^ ,, ^ ,, „ . . , faisaient honneur a son esprit, mais

ntitulees Lettres d an provincial. non pas à son cœur,

3. Cette seconde lettre ne fut 4, Sur Coras, Cf, p. 236, n. 4.

RACIXE 405

N'a pas longtemps ^ sourdirent grands ébats

Sur le propos de son Iphigénie.

Coras lui dit : « La pièce est de mon cru » ;

Le Clerc répond : « Elle est mienne et non vôtre. «

Mais, aussitôt que l'ouvrage a paru,

Plus n'ont voulu l'avoir fait l'un ni l'autre.

EPIGRAMME SUR V.ASIWF, ^ DE FOXTEXELLE

Ces jours passés, chez un vieil histrion, Grand chroniqueur, s'émut ^ la question Quand -^ à Paris commença la méthode De ces sifflets, qui sont tant à la mode. « Ce fut, dit l'un, aux pièces de Boyer ^. » Gens pour Pradon voulurent parier ; « Non, dit l'acteur, je sais toute l'histoire. Que par degrés je vais vous débrouiller : Boyer apprit au parterre à bâiller ; Quant à Pradon, si j'ai bonne mémoire, Pommes sur lui volèrent largement ; Or, quand sifflets prirent commencement, C'est, j'y jouais, j'en suis témoin fidèle, C'est à VAs^ar du sieur de Fontenelle. ^)

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