LES DIFFERENTS AGES
Mon oncle * m'a conté que, montrant '" à Ronsard Tes vers ^ étincelants et de lumière et d'art, Il ne sut que reprendre en ton apprentissage ' Sinon qu'il te jugeait pour ^ un poète ^ trop sage.
Et ores ^° au contraire on m'objecte à péché Les humeurs ^^ qu'en ta Muse il eût bien recherché ^^. Aussi je m'émerveille, au feu ^^ que tu recèles, Qu'un esprit si rassis ait des fougues si belles ; Car je tiens comme lui que, le chaud élément ^^ Qui donne cette pointe ^^ au vif entendement, Dont ^^ la verve s'échaufïe et s'enflamme de sorte Que ce feu dans le ciel sur des ailes l'emporte. Soit ^" le même qui rend le poète ^^ ardent et chaud, Sujet à ses plaisirs ^^, de courage -^ si haut. Qu'il méprise le peuple et les choses communes. Et, bravant les faveurs, se moque des fortunes -^ Qui le fait débauché, frénétique -^, rêvant,
1. Ainsi. En disant ceci, au cas 11. Humeurs. Caprices, saillies du où les deux derniers vers seraient pro- tempérament.
nonces par le loup ; en votjunt la bête 12. Il eût bien recherché. Il eût
morte, si nous en faisons une ré- bien fait de chercher de nouveau,
flexion du poète. car il les y aurait trouvées (?). — Re-
2. Se réconforte. Se réconforter cherché. Invariable. Nos régies du dequelquechose,c'ests'en/roui;e7-tjen. participe n'étaient pas encore fixées.