LA POETIQUE DE THEOPHILE
Imite qui voudra les merveilles d' autrui ; Malherbe a très bien fait, mais il a fait pour lui. \Ti11e petits voleurs Técorchent ^ tout en vie. Quant à moi, ces lauriers ne me font point d'envie ; J'approuve que chacun écrive à sa façon ; J'aime sa renommée et non pas sa leçon. Ces esprits mendiants, d'une veine infertile, Prennent à tout propos ou sa rime ou son style, Et de tant d'ornements qu'on trouve en lui si beaux Joignent l'or et la soie à de vilains lambeaux Pour paraître aujourd'hui d'aussi mauvaise grâce Que parut autrefois la corneille d'Horace ^. Ils travaillent un mois à chercher comme à fils Pourra s'apparier la rime de Memphis...
1. Perche. Le singulier avec deux les associe, les confond l'un et l'autre sujets. Construction alors fréquente, dans ses hommages, tout en s'en éloiméme si les deux sujets sont unis gnant. Il s'essaie en divers sens au par et, mais surtout quand ce sont gré de son humeur, de son inconsdes termes à peu prés synonymes. tance. Sa théorie, si l'on peut em-
2. Le criminel ne cherche. Ne ployer un tel mot avec lui, est toute cherche le criminel. Cf. p. 12, n. 6. personnelle, tout individuelle. »
3. Fait ses études. S'exerce. (Sainte-Beuve. Portraits contempo-