‹ Le 19e Dix-neuvième siècle par les textes; morceaux choisisChapitre 117 sur 305 · LA NOURRICE · texte numérisé non relu

LA NOURRICE

Lucrèce, écoutez-moi ; car vous n'oubliez pas

Que je vous ai longtemps portée entre mes bras.

C'est pourquoi laissez-moi parler. — Que vos esclaves

Filent pour votre époux les amples laticlaves ^ ;

Je les ferai veiller jusqu'au chant de l'oiseau

De qui la voix sacrée annonce un jour nouveau.

Mais vous, ma chère enfant, suspendez votre tâche ;

Vous la reprendrez mieux après quelque relâche.

Faut-il donc que vos yeux s'usent, toujours baissés,

A suivre dans vos doigts le fil que vous tressez ?

Pourquoi vous imposer tant de pénibles veilles ?

Cherchez à vous distraire, imitez vos pareilles ;

Et que, de temps en temps, des danses, des concerts,

Ramènent la gaieté dans vos foyers déserts.

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