‹ Le 19e Dix-neuvième siècle par les textes; morceaux choisisChapitre 197 sur 305 · SUR L'INSTRUCTION DES FEMMES · texte numérisé non relu

SUR L'INSTRUCTION DES FEMMES

Voltaire a dit, à ce que tu me dis (car, pour moi, je n'en sais rien ; jamais je ne l'ai tout lu, et il y a trente ans que je n'en ai pas lu une ligne), que les femmes sont capables de faire tout ce que font les hommes, etc. ; c'est un compliment fait à quelque jolie femme, ou bien c'est une des cent mille et mille sottises qu'il a dites dans sa vie. La vérité est précisément le contraire. Les femmes n'ont fait aucun chef-d'œuvre dans aucun genre. Elles n'ont fait ni Vlliade, ni VEnéide, ni la Jérusalem délivrée, ni Phèdre, ni Athalie, ni Rodogune, ni le Misanthrope, ni Tartufe, ni le Joueur, ni le Panthéon ^, ni l'église de Saint-Pierre *, ni la Vénu^ de Médicis *, ni V Apollon du Belvédère ^, ni le Persée ", ni le Livre des Principes ', ni le Discours sur Vhistoire universelle, ni Télémaque. Elles n'ont inventé ni l'algèbre, ni les télescopes, ni les lunettes achromatiques ^, ni la pompe à feu, ni le métier à bas, etc. ; mais elles font quelque chose de plus grand que tout cela : c'est sur leurs genoux que se forme ce qu'il y a de plus excellent dans le monde : un honnête homme et une lumnête femme. Si une demoiselle s'est laissé bien élever, si elle est docile, modeste et pieuse, elle élève des enfants qui lui ressemblent, et c'est le plus grand chef-d'œuvre du monde. Si elle ne se marie pas, son mérite intrinsèque, qui est toujours le même, ne laisse pas aussi que d'être ® utile autour d'elle d'une

1. Lettres adressées à Constance 7. Les Principes ■ de philosophie, deMaistre ; 1808. ouvrage de Descartes.

2. Temple de la Rome ancienne. 8. Qui font voir les objets sans

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