‹ Le 19e Dix-neuvième siècle par les textes; morceaux choisisChapitre 62 sur 305 · Cf. p. 86, n. 1 . des tombes», c'est la terre · texte numérisé non relu

Cf. p. 86, n. 1 . des tombes», c'est la terre

6. Moïse veut dire que Dieu, ne 9. Dans le chapitre XXXIII du le laissant pas homme, devait le Deutéronome, Moïse, peu de temps retirer aussi de dessus la terre. avant sa mort, bénit les enfants

7. Une grêle mêlée de feu; c'est d'Israël en prédisant à chaque tribu « la septième plaie d'Egypte. « ses destinées.

8. Dathan et Abiram s'étant ré- 10. Après avoir fait pleuvoir la voltés contre Moïse, celui-ci les fit grêle (n. 7), Moïse « tarit la source mettre devant leurs tentes en recom- des orages » en levant ses mains vers mandant au peuple de s'écarter ; et l'Eternel.

ALFRED DE VIGXY 89

J'engloutis les cités sous les sables mouvants ;

Je renverse les monts sous les ailes des vents ;

Mon pied infatigable est plus fort que l'espace ;

Le fleuve aux grandes eaux se range quand je passe \

Et la voix de la mer se tait devant ma voix.

Lorsque mon peuple souffre, ou qu'il lui faut des lois,

J'élève mes regards, votre esprit me visite ;

La terre alors chancelle et le soleil liésite ^,

Vos anges sont jaloux et m'admirent entre eux. —

Et cependant, Seigneur, je ne suis pas heureux.

Vous m'avez fait vieillir puissant et solitaire ;

Laissez-moi m'endormir du sommeil de la terre ! ,

» Sitôt que votre souffle a rempli le berger ^,

Les hommes se sont dit : « Il nous est étranger ; »

Et les yeux se baissaient devant mes yeux de flamme,

Car ils venaient, hélas ! d'y voir plus que mon âme.

J'ai vu l'amour s'éteindre et l'amitié tarir ;

Les vierges se voilaient et craignaient de mourir *.

M'enveloppant alors de la coloime noire *,

J'ai marché devant tous, triste et seul dans ma gloire,

Et j'ai dit dans mon cœur : « Que vouloir à présent ? »

Pour dormir sur un sein mon front est trop pesant,

Ma main laisse l'effroi dans la main qu'elle touche,

L'orage est dans ma voix, l'éclair efrfeur ma bouche ;

Aussi, loin de m'aimer, voilà qu'ils tremblent tous,

Et, quand j'ouvre les bras, on tombe à mes genoux. —

0 Seigneur ! j'ai vécu puissant et solitaire ;

Laissez- moi m'endormir du sommeil de la terre ! »

Or, le peuple attendait, et, craignant son courroux •, Priait sans regarder le mont du Dieu jaloux ;

1. Allusion au passage du Jour- 4. X>n était frappé de mort en dain ; mais c'est Josué qui fit ce voyant Dieu face ù face, et les miracle. vierges craignaient de l'être en

2. Ici encore, Vigny semble attri- vojant face A face son élu.

buer à Moïse ce que les Livres saints o. L'Exode nous dit que l'Eternel

rapportent de Josué. s'enveloppa d'une colonne de nuées

3. Moïse faisait pattre le troupeau pour guider les enfants d'Israël dans de son beau-père, Jéthro, lorsque le désert.

l'Eternel l'appela pour la première 6. Son courroux. Le courroux du

fois. Cf. p. 88, n. 4. Dieu jaloux.

Car, s'il levait les yeux, les flancs noirs du nuage Roulaient et redoublaient les foudres de l'orage. Et le feu des éclairs, aveuglant les regards, Enchaînait tous les fronts courbés de toutes parts> Bientôt le haut du mont reparut sans Moïse. — Il fut pleuré. — Marchant vers la Terre promise, Josué s'avançait pensif et pâlissant.

Car il était déjà l'élu du Tout-Puissant.

{Pop.mes antiques et modernes, Œuvres complètes ; Ch. Delagrave, éditeur.

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