‹ Le 19e Dix-neuvième siècle par les textes; morceaux choisisChapitre 64 sur 305 · Ville proche de Jérusalem · texte numérisé non relu

Ville proche de Jérusalem

Al.tkEl) DE VH.SY 91

Le peuple tout entier tressaille de la fête.

— Mais le sombre vainqueur marche en baissant la têt€ ;

Sourd à ce bruit de gloire, et seul, silencieux,

Tout à coup il s'arrête, il a fermé ses yeux ^

Il a fermé ses yeux, car au loin, de la ville,

Les vierges, en chantant, d'un pas lent et tranquille.

Venaient ; il entrevoit le chœUr religieux ;

C'est pourquoi, plein de crainte, il a fermé ses yeux.

Il entend le concert qui s'approche et l'honore : La harpe harmonieuse et le tambour sonore, .

Et la lyre aux dix voix, et le Kinnor léger. Et les sons argentins du Nebel étranger 2,

Puis, de plus près, les chants, leurs paroles pieuses, Et les pas mesurés en des danses joyeuses, Et par des bruits flatteurs les mains frappant les mains Et de rameaux fleuris parfumant les chemins.

Ses genoux ont tremblé sous le poids de ses armes ; Sa paupière s'entr'ouvre à ses premières larmes : C'est que, parmi les voix, le père a reconnu La voix la plus aimée à ce chant ingénu :

t( O vierges d'Israël ! ma couronne s'apprête La première à parer les cheveux de sa tête ; C'est mon père, et jamais un autre enfant que moi N'augmenta la famille heureuse sous sa loi. »

Et ses bras à Jephté donnés ^ avec tendresse, Suspendant à son col leur pieuse caresse : « Mon père, embrassez- moi ! D'où naissent vos retards ? Je ne vois que vos pleurs et non pas vos regards *.

1. « Jephté avait fait un voeu A était un instrument de musique en l'Etomt'l et lui avait dit : « Si tu usage ciiez les Hébreux, et qui livres entre mes mains les fils d'Am- n'avait rien d'étranger.

mon, quiconque sortira des portes 3. Donnés. Sorte d'ablatif absolu,

de ma maison au devant de moi. i"» Il faut suppléer, après le second vers

mon heureux retour, je l'offrirai de la strophe, elle dit.

on holocauste «. (Jtiges. XI, '.iO, 'M). 4. Cf. VIphigénie de Racine,

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