SCÈNE IX
(a part.)
Son ton de voix m’endort, et déjà je sommeille.
LÈAN DRE.
Je ne dis rien.
ISMENE et DOR IS.
Paix.
LÉ AND RE
Paix !
CÉPHISE, lentement.
Conduite par l’amour,
Certaine dame au bal se rendit l’autre jour.
LÉ ANDRE
Au bal de l’Opéra.
CÉPHISE
Sans doute. Un mousquetaire L’attirait en ces lieux.
LÉ AND RE
En amour comme en guerre.
Ce sont de verts messieurs.
CÉPHISE
La dame en question,
Je ne la nomme point, et cela pour raison.
Je devine qui c’est.
LÉ AN DRE
C’est la jeune marquise.
I S MÈNE, à part.
Il va, par son babil, indisposer Céphise,
CEPHISE.
Un instant ; attendez : celle dont il s’agit A près de soixante ans, à ce que l’on m’a dit.
LÉ ANDRE
Oh î j’y suis pour le coup.
MÉLITE
Je sais aussi l’affaire.
LÉANDRE
C’est Ghloé.
CÉPHISE
Point du tout.
HORTENSE, à part.
L’étrange caractère.
MÉLITE
C’est Glorinde.
LÉ AND RE
Ou Lucile.
CÉPHISE
Eh ! d’un esprit moins prompt...
LÉ AND RE
Mais, sans vous interrompre.
CÉPHISE
Encore il m’interrompt !
LÉANDRE
Permettez-moi...
CÉPHISE
Je prends le parti de me taire, Puisqu’on n’écoute pas, qu’on me rompt en visière.
LÉANDRE
Moi, madame? j’en suis incapable.
CÉPHISE
Il suffit.
DORIS
Pour bien faire, parlons tour à tour.
C’est bien dit.
La conversation doit être générale.
MÉLITE
Le moyen, si monsieur saisit toujours la balle?
LÉANDRE
Je n’ai pas entamé seulement un discours.
DAPHNÉ, bas à Léandre.
Allez, laissez-les dire, et poursuivez toujours.
DORIS
Mesdames, irez-vous à la pièce nouvelle ?
LÉANDRE
Le titre, s’il vous plaît ?