ACTE II, SCÈNE X
Et pour mieux affermir la paix,
Commencez par metlre vous-même Vos injustes désirs au rang- de vos sujets.
SIGISMOND
Mes désirs sont trop purs pour que j# les immole. Uue dis-je? la princesse abhorre mon rival Et son cœur est contraire à cet hymen fatal: Vous-même, retirez une injuste parole.
le roi.
Qu osez- vous proposer? la parole des rois.
Comme celle des dieux, doit être inviolable:
J ai prononcé pour lui, souscrivez à ce choix*
C’est un arrêt irrévocable.
SIGISMOND
Ah! tyran! c’en est trop! cet arrêt inhumain Vient de rallumer dans mon sein Les feux de mon courroux avec plus de furie:
^eS È^spects, les égards que j’ai pour Sophronie,
Et 1 espoir d’obtenir sa main,
Pouvaient seuls retenir la haine qui m’enflamme;
Ce trésor, accordé, pouvait seul de mon âme Effacer aujourd’hui tant d’outrages reçus.
Ton impitoyable refus,
Et l’odieuse préférence
Que vient de donner ta puissance
Au plus grand de mes ennemis,
Du joug de la nature affranchissent ton fils*
Et ce nouvel affront, qui grossit les tempêtes Qui vont tomber sur vos deux têtes Surpasse et comble enfin tous ceux que tu m’as faits. Plus d accord entre nous, plus de paix désormais*
Je ne suis plus ton fils, père indigne de l’être Que pour m’armer de mes droits contre toi/
Crains, dans ton propre Etat, de n’ètre plus le maître. Instruu do mes devins, tout le peuple est pour moi;
tremble, frémis de te voir sous ma loi;
Ma bouche te déclare une immortelle guerre:
Et j atteste le Dieu du ciel et de la terre,
Que je ne verrai point reparaître le jour,
L\ VIS EST UN SONGE
LA VIE EST UN SONGE
Que mon bras armé du tonnerre De mes tyrans affreux n’ait purgé cette cour,