SCÈNE IX
LÉANDRE
Un mot.
ME LITE
Elle est en Picardie...
LÉANDRE
Oh! je suis son cousin...
DORIS
Par le dernier courrier...
LÉANDRE
Au (roisieme degré.
M ÉLITE
Jusqu’au mois de janvier...
LÉANDRE
Je sors d’un sang bourgeois.
DORIS
Elle vient de m’écrire
MÉLITE
Je dois...
LÉANDRE
Et je me fais un honneur de le dire.
c É P II i s E.
Mais...
MÉLITE
Dans ce pays-là comme j’ai quelques bions...
LÉANDRE
Je le suis...
DORIS
Elle épouse un conseiller d’Amiens...
MÉLITE
Je dois aller bientôt...
LÉANDRE
Du côté de ma mère.
DORIS
C’est un riche parti...
MÉLITE
Je pars avec mon frère...
CÉPHISE
Mesdames,
LÉ AIN DRE
Il est sûr...
GÉPHISE.
Mais, monsieur...
Madame...
DAPHNÉ, à Léandre.
LÈANDRE, MÉLITE, DORIS.
Tenez bon.
DAPHNÉ, à Léandre.
Allons, poussez, car vous avez raison.
(Léandre, Mélite, Doris, Céphise et Ismène parlent ensemble.)
LÉANDRE
On me conteste en vain ce que je certifie,
On ne m’apprendra pas ma généalogie.
Mieux qu’un autre, je crois, je dois en être instruit, Puisque cent et cent fois mon père me l’a dit.
MÉLITE
Comme je la connais dès la plus tendre enfance, Qu’elle eut toujours en moi beaucoup de confiance Ne pouvant me parler, elle m'écrit souvent,
Et je lui fais aussi réponse exactement.
DORIS
A vous dire le vrai, la province m’ennuie,
Car je hais les façons et la tracasserie ;
Et si je n’espérais de bientôt revenir.
Je ne pourrais jamais me résoudre à partir.
CÉPHISE
Il ne se vit jamais une chose semblable !
Il faut avoir l'esprit, l’humeur insupportable ;
Et c’est un procédé, monsieur, des plus choquants, Que de fermer ainsi toujours la bouche aux gens.