‹ Le babillardChapitre 220 sur 356 · PAROLES ET MUSIQUE T R È S- A N C I E N N E S · texte numérisé non relu

PAROLES ET MUSIQUE T R È S- A N C I E N N E S

ACCOMPAGNEMENT DE PIANO PAR M. LASSIMONNE

Dans les gardes-françaises,

J’avais un amoureux,

Fringant, chaud comme braise,

Jeune, beau, vigoureux;

Mais de la colonelle C’est le plus scélérat :

Pour une péronnelle,

Le gueux m’a planté là.

Pour sa dévergondée,

Sa Madelon Friguet, Depleurs tout inondée J’ai rempli mon baquet;

Je suis abandonnée,

Mais pour comble d’ennui, Ma fille de journée Est sa femme de nuit.

Il avait la semaine Deux fois du linge blanc Et comme un capitaine La toquante d’argent;

Le fin bas d’écarlate A côtes de melon,

Et toujours de ma patte Frisé comme un bichon.

Une petite rente Qu’un monsieur m’avait fait,, Mon coulant, ma branlante *, Tout est au berniquet;

Il retournait mes poches Sans me laisser un sou;

Ce n’est pas par reproches, Mais il m’a mangé tout.

La nuit, guand je sommeille, Je pense à mon coquin;

Le plaisir me réveille Tenant mon traversin :

La chance est bien tournée!

A présent, c’est Gatin Qui suce la dragée,

Et moi le chicotin.

De ta lame tranchante Perce mon tendre cœur;

Fais périr ton amante,

Et rends-lui son bonheur.

Le passé n’est qu’un songe, Une fichaise, un rien;

J’y passerai l’éponge,

Viens, rentre dans ton bien.

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