‹ Le babillardChapitre 244 sur 356 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

LE MARQUIS

Oui, mon amour, quoi que je fasse,

Sera toujours infortuné.

Pour les obstacles, je suis né.

Mon froid ami, qui rit de ma disgrâce,

A ne point me servir est toujours obstiné.

La Gidalise, à me nuire empressée,

Redouble ses soins assidus.

Pour comble de douleur, ma veuve était placée,

A table, entre son frère et ce femelle Argus. Encore, si j’avais été vis-à-vis d’elle.

La perpective eût fait ma consolation :

Mais, par malheur, ma place était la plus cruelle ; Et l’importun objet de mon aversion S’était arrangé de manière Qu’il s’offrait, de profil, le premier devant moi, Et qu’il me cachait tout entière La charmante beauté qui me tient sous sa loi.

LE MAIU GARÇON

Je faisais bonne contenance ;

Et tâchant d’exciter les autres au plaisir,

Pour faire les honneurs, j’augmentais ma souffrance : Le héros de la fête en était le martyr.

Pour déclarer mes feux, quel moyen vais-je prendre?..

De l’écriture empruntons le secours ;

Souvent, mieux que la voix, elle serties amours. Écrivons un billet ; et, pour le faire rendre,

A la suivante ayons recours.

L’intérêt séduisant guide toute soubrette ;

Toujours par l’or sou cœur est radouci.

Tâchons, par son éclat, de séduire Finette ;

Et courons de ce pas... Mais elle vient ici.

Page 1