ACTE III, SCÈNE IV
Mais, puisqu’il veut, Léandre, Que vous éclaircissiez la chose devant nous,
A son désir vous devez condescendre;
C’est un secret, pour moi, que je brûle d’apprendre.
LÉANDRE
J’ai tort de n’avoir pas rendu son billet doux.
LE MARQUIS
Pourquoi ne pas le rendre?
LÉANDRE
Apaise ton courroux.
CID ALISE
C’est un soin que jamais un bon ami n’oublie.
LÉANDRE
Mademoiselle, excusez, je vous prie.
Je vous l’aurais rendu, puisqu’il était pour vous,
Mais j’ai cru franchement que vous étiez partie.
LE MARQUIS
Ah! quelle trahison! Je reste confondu.
Pour l’oubli d’une lettre, il paraît éperdu !
Mais ce jeune homme a des manières Et des frçons d’agir toutes particulières.
LÉANDRE, à Cidalise.
Le billet vous sera fidèlement rendu,
Et vous ne perdrez rien pour avoir attendu.
LA COMTESSE, à Cidalise.
Je vous l’avais bien dit, que vous étiez aimée,
Je vous en félicite, et j'en suis très- charmée.
LE MARQUIS
Madame, encore un coup, votre esprit est déçu : Impitoyablement votre frère me joue.
LA COMTESSE
Adieu, marquis. Vous voilà convaincu,
Et de votre choix je vous loue.
(Elle s’en va.)
CIDALISE
A ce tendre billet que je dois recevoir Si vous voulez que je fasse réponse,
LE MARI GARÇON
Il faut me l’envoyer ce soir :
Je pars demain, je vous l’annonce,
Et vous risquez, marquis, de ne plus me revoir.
(Elle suit la comtesse.)