‹ Le babillardChapitre 290 sur 356 · MARTON, FRONTIN · texte numérisé non relu

MARTON, FRONTIN

MA.RTON,

Ton maître part le jour que la noce s’apprête;

Quand il en est prié, rien n’est plus mal honnête Mais je ne conçois rien à ce procédé-là:

Je voudrais bien savoir qui le porte à cela.

Mais il a ses raisons.

MÀRTON.

Il n’en a que de fausses.

FRONTIN

Faut-il te parler franc? nous n’aimons pas les noces; Nous trouvons ces plaisirs si fades, si bourgeois, Que, pour les éviter, nous fuirions dans les bois. Toute la parenté qui se trouve priée,

Et vient complimenter la jeune mariée ;

Les mauvais mots du jour et ceux du lendemain :

Ah ! le joli régal !

MARTON

Il est fort de mon goût.

FRONTIN

Je te crois trop d’esprit pour penser...

MARTON

Point du tout;

J’eus toujours pour la noce un penchant invincible ; Pour tout autre plaisir mon cœur est insensible ;

Un amant ne saurait me plaire qu’à ce prix.

FRONTIN

Serviteur; le temps presse, et je pars pour Paris.

Page 1