MARTON, FRONTIN
MA.RTON,
Ton maître part le jour que la noce s’apprête;
Quand il en est prié, rien n’est plus mal honnête Mais je ne conçois rien à ce procédé-là:
Je voudrais bien savoir qui le porte à cela.
Mais il a ses raisons.
MÀRTON.
Il n’en a que de fausses.
FRONTIN
Faut-il te parler franc? nous n’aimons pas les noces; Nous trouvons ces plaisirs si fades, si bourgeois, Que, pour les éviter, nous fuirions dans les bois. Toute la parenté qui se trouve priée,
Et vient complimenter la jeune mariée ;
Les mauvais mots du jour et ceux du lendemain :
Ah ! le joli régal !
MARTON
Il est fort de mon goût.
FRONTIN
Je te crois trop d’esprit pour penser...
MARTON
Point du tout;
J’eus toujours pour la noce un penchant invincible ; Pour tout autre plaisir mon cœur est insensible ;
Un amant ne saurait me plaire qu’à ce prix.
FRONTIN
Serviteur; le temps presse, et je pars pour Paris.