ACTE I, SCÈNE VI
CHAMPAGNE
Et d’épée.
LISETTE
Ils peuvent la porter en campagne.
CH AMPAGNE.
A la cour,
A la ville, plus d’un l’arbore chaque jour:
Il est même par là cligne qu’on le préfère.
On meurt avec honneur des mains d’un militaire,
LISETTE
Ton maître, sous ce nom, sera reçu des mieux:
Tout le monde a besoin de son aide en ces lieux.
La tante est vaporeuse, et le père hypocondre :
Pour le mal de la fille, oh ! j’ose bien répondre Que personne ne peut le guérir mieux que lui.
Il n’a qu’à se montrer devant elle aujourd’hui,
Il sera dissipé par sa seule présence.
Ce coup établira d’abord la confiance.
C’est le grand point ; tous deux se verront sans danger. Son amour, à loisir, pourra tout ménager.
Ses traits sont inconnus à toute la famille;
Et, par un grand bonheur, il n’a vu que la fille, Quand j’étais avec elle en un cloître éloigné.
CHAMPAGNE
Je l’ai, dans ce couvent, vingt fois accompagné.
LISETTE
Je vais pour un docteur l’annoncer à madame.
Et de Lucile après je disposerai l’àme.
Sa tante a donc beaucoup d’autorité céans ?
LISETTE
Oui, vraiment ; la marquise est veuve et sans enfants. C’est elle qui soutient la maison de son frère,
Et que ton maître ici doit gagner la première.
Va, cours le prévenir sur son emploi nouveau.
(Elle rentre.)