ACTE II, SCÈNE VII
LE MARQUIS
Pour le coup ton amour aurait tort d’en douter,
Dans les yeux de madame on le voit éclater.
EMILIE
J’en fais gloire, monsieur, bien loin que je m’en cache. J’aime trop mon époux.
BELFORT
L’aveu qu’il vous arrache Met le comble à mes vœux, et je ne conçois pas Comment j’ai pu, deux jours, négliger tant d’appas. Me pardonnez-vous bien un oubli si blâmable?
EMILIE
Oui, fussiez-vous encor mille fois plus coupable.
Mais laissons le passé, ne songeons qu’au présent.
LE MARQUIS
Madame, pour tous deux, ce présent est charmant. Pour moi, je vous l’avoue, il est moins agréable.
EMILIE
Mais vous le trouveriez en France plus aimable :
Mon cœur, pour votre bien, vous y voudrait déjà.
LE MARQUIS, d’un air piqué.
Rien n’est plus obligeant pour moi que ce vœu-là :
Je vous en remercie, et de toute mon âme.
BELFORT
Ne parlons que de joie et de plaisir, madame.
Je veux, ce soir, je veux donner ici le bal.
Nous l’ouvrirons tous deux.
LE MARQUIS
Moi ! j’y danserai mal.
BELFORT
Je prétends célébrer cette heureuse journée Comme le premier jour d’un nouvel hyménée.
J’ai répandu l’ennui sur un front si charmant,
J’y veux, aux yeux de tous, rappeler l’enjoûment.
Mes toits ont éclalô, l’offense est solennelle :
La réparo^on le doit être comme elle.
Je vais tout ordonner. Souffrez auparavant Que je vous ^conduise à votre appartement.
L’ÉPi) IX PAT. SUPERCHERIE.
L’ÉPOUX PAIl S U PE U C il É U l Ë
EMILIE
Oui; je veux en chemin vous prier d’une chose.
BELFORT, lui donnant la main.
Que de ma volonté la vôtre en tout dispose.
Adieu. Prépare-toi, marquis, à bien sauter.