G LÉO N
J’en sais plus qu’on ne peut m’en apprendre, Après ce que j’ai vu rien ne peut me surprendre.
MO N TV AL
Si vous vouliez, monsieur, croire aussi mes avis,
Vos maux, comme les leurs, seraient bientôt guéris. Plus que vous ne croyez je puis vous être utile.
GLÉON.
Non ; quoique vous soyez un médecin habile,
J’ai résolu pour moi d’en choisir un meilleur.
MO NT VAL
Vous me surprenez fort. Eh ! qui donc?
GLÉON.
C’est monsieur.
Oh ! s’il dépend de moi, la guérison est sûre.
GLÉON.
Ce discours m’encourage et m’est d’un bon augure. Puisqu’il faut, sans détour, vous révéler mon mal, Apprenez qu’aujourd’hui, dans ce salon fatal,
Je l’ai pris en voyant votre fille endormie :
Sa beauté m’a frappé d’abord, quoique assoupie ; Elle s’est réveillée ; un regard enchanteur Vient d’enfoncer le trait jusqu’au fond de mon cœur. La langueur de ses yeux a passé dans mon âme ; L’amour, à soixante ans, m’a fait sentir sa flamme Pour la première fois. Je soupire, en un mot :
Mais je soupire au point que je meurs comme un sot De ce feu violent qui vient de me surprendre,
Si je n’obtiens de vous la qualité de gendre.
C’est le remède seul qui peut sauver mes jours,
Et c’est de voire main que j’attends ce secours.
Votre sœur m’a Halté que j’y pourrais prétendre,