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EPREUVES ÉCRITES

À la première partie, deux épreuves seulement, et non plus trois ; une version latine et une composition française, épreuves qui, plus que tous les autres exercices écrits des collèges, ont paru propres aux Cconstatations plus haut indiquées.

Version latine. — La durée de cette épreuve est portée de deux à trois heures, non compris le temps de la dictée, s’il n’est pas remis de textes autographiés aux candidats. En augmentant la durée de cette composition, le Conseil supérieur n’a pas entendu accroître la difficulté des textes. Loin de là, il estime que les textes à traduire doivent être des textes faciles, de la force moyenne de la classe de rhétorique, bien choisis, formant un tout, présentant un ensemble d’idées. Il a voulu seulement bien marquer l'importance de cette épreuve, qui est probante entre toutes, puisqu'elle dénote à la fois la connaissance du latin, celle du francais et l’antitude à suivre un développement et un enchaïnement logique de pensées.

Comme par le passé, la version latine sera faite sans dictionnaires, à l’aide de simples lexiques.

Composition française. — Le Conseil a maintenu cette épreuve. Pour bien marquer ses intentions, je ne saurais mieux faire que de citer textuellement les raisons développées, en séance, par un de ses membres :

« La composition française dans le baccalauréat secondaire classique représente essentiellement les études de rhétorique. Au temps du monopole universitaire, on n’exigeait qu’une seule composition, la version latine ; mais, à celte époque, on imposait à tous les élèves le certificat d’études, c’est-à-dire l’attestation d’une classe de rhétorique et de philosophie faite dans un établissement de l'Etat. Lorsque le certificat d’études fut supprimé, on a cru nécessaire d'exiger, comme garantie des mêmes études, le discours latin, et plus tard, toujours par le même motif, la composition française. Le choix de la composition française n’était d’ailleurs que le complément de toutes les réformes de 1880, qui partout mettaient au premier rang le devoir français ; dans toutes les classes, à tous les degrés, une composition de style en français était introduite, et la composition française supplantait le discours latin pour je prix d’honneur. Dans tous les examens, même des jeunes filles, mêmes des Ecoles primaires, un devoir de francais sous forme d’histoire ou de morale est aujourd’hui exigé. Dans les Ecoles du Gouvernement, Polytechnique, Saint-Cvr, la composition française est à sa place. Il serait surprenant que le baccalauréat secondaire classique, remplaçant le baccalauréat ès

lettres, fût le seul examen où il n’y eût pas d’exercice de ce genre. La composition philosophique de la seconde partie ne peut suffire à le remplacer, et d'aileurs, on sait que dans cette seconde partie deux séries, celle des mathématiques et celle de la physique ne sont pas assujetties à la composition de philosophie : il y aurait donc un grand nombre d’élèves qui obtiendraient le diplôme de bachelier sans avoir fait preuve de quelque facilité à exprimer leurs idées en français.

« Les objections qui pourraient être faites porteraient plutôt sur le choix des sujets de composition que sur l’épreuve elle-même. On a pu dire que trop souvent la composition française se faisait à l’aide des manuels ; mais cela dépend des sujets donnés. Si en effet on choisit des sujets sur lesquels les élèves n’aient aucune notion personnelle, comme seraient par exemple des sujets empruntés à la littérature du moyen-âge, ou même du xvi‘ siècle, les élèves sont bien obligés d’employer des connaissances extérieures ; mais il faut surtout faire appel aux souvenirs de leurs propres études en puisant dans les auteurs classiques qu’ils ont dû nécessairement lire, et que leurs professeurs leur ont expliqués. En outre, la composition française ne doit pas se renfermer exclusivement dans les auteurs français. L’Iliade, l’Enéide, les tragédies les plus connues de Sophocle, les discours de Démosthène et de Cicéron que l’on traduit dans les classes, la comparaison des anciens et des modernes dans les imitations françaises peuvent fournir des sujets de composition. On n’oubliera pas d’ailleurs que, dans les programmes de 1880, il avait été entendu que la composition française pourrait porter sur l’histoire aussi bien que sur la littérature, et rien n’a été changé en cela. Seulement il ne s’agit pas de l’histoire au point de vue spécial et technique, mais au point de vue littéraire ; il s’agit toujours de l’art d'exposer, d’ordonner et d’exprimer les idées ; des compositions historiques d’un caractère un peu général seront très propres à cet effet. On n’a pas même exclu l’ancienne forme oratoire il serait étrange qu’à une époque où plus que jamais la parole est une puissance, on interdit la forme des discours. En ur mot, comme il a été dit dans les Instructions de 1880, la composition française peut prendre toutes les formes : dissertations de littérature, de morale ou d'histoire, discours, lettres, fables, parallèles, dialogues, etc. Le tout est d’écrire en français. C’est à l’art des professeurs de choisir une matière appropriée à l’âge et à la culture des jeunes gens. On évitera de pousser aux souvenirs de manuels, ou de demander des appréciations littéraires trop délicates et qui conviennent à la licence plus qu’au baccalauréat. On se contentera de notions communes qui sont le patrimoine de tous les esprits cultivés, pourvu que ces notions soient exprimées avec correction, justesse et une certaine précision. Te] sera du moins le niveau moyen ; les esprit plus distingués sauront se faire jour et obtiendront par là des rehaussements de notes. Mais le baccalauréat est surtout la preuve d’une culture moyenne telle qu’on peut la demander à tout - homme bien élevé et qui ne se destine pas exclusivement aux carrières littéraires ; ce qu’on y demande surtout, ce sont les qualités d’un bon ‘esprit qui puisse suffire aux devoirs divers qu’exige la société. »

La seconde partie comporte dès à présent deux séries d’épreuves, -entre lesquelles les candidats choisissent au moment de leur inscription, et qui ont pour bases les programmes, l’un de la classe de philosophie, l’autre de la classe de mafhématiques élémentaires.

Première série. — Une seule composition écrite : dissertation de philosophie. 2 , Deuxième série. — Une seule composition écrite portant à la fois

sur les mathématiques et la physique. Le texte du décret est limitatif ; il s’agit de la physique proprement dite, et non des sciences physiques en général. Par suite, aucun sujet de chimie ne peut être donné.

L'article 8 du décret dispose que pour les compositions écrites, sauf pour la version latine, il est donné trois sujets différents entre lesquels les candidats ont le droit de choisir.

Cette disposition, empruntée à d’autres pays où elle a donné d’excellents résultats, a pour but de diminuer l’aléa de l’examen. Avec un sujet unique, il peut se faire qu’un bon candidat tombe sur la question qu’il possède le plus imparfaitement. Avec trois sujets différents, cette chance

est singulièrement diminuée. Des trois sujets proposés, le candidat ne doit traiter qu’un seul. REA L S

Contre cette disposition on a objecté qu’elle pourrait favoriser les préparations partielles. Si, par exemple, à la première série de la seconde partie les trois sujets de dissertation étaient pris, l'un dans la psychologie, l’autre dans la logique, le troisième dans la morale, on aurait des candidats qui n’étudieraient que la psychologie, ou la logique, ou la morale. Il a été répondu que les trois sujets différents devaient être pris tous les trois dans la même partie de la philosophie ou dans la même branche des mathématiques ou de la physique. à

Pour la composition scientifique, on a fait observer avec justesse qu’il serait d’une pratique bien difficile, et en même temps qu’il serait contraire à l'intérêt des candidats de leur donner à choisir entre trois problèmes qu’ils devraient essayer successivement avant de s’arrêter à un. Il a été entendu que les trois sujets prescrits ne différeraient l’un de l’autre que par la question de cours, mais que, lorsqu'ils comprendraient un problème, ce serait le même pour tous les trois.

EPREUVES ORALES

J'arrive maintenant aux épreuvés orales. MM. les Professeurs des Facultés savent quelles qualités, j'allais dire vertus, elles exigent des examinateurs : la bienveillance, la douceur, l’affabilité, la patience. Le baccalauréat n’est pas une épreuve solennelle où il y ait à faire montre de savoir ; c’est encore moins la mise en présence de juges et de justiciables. C’est tout simplement une vérification d’études chez un jeune homme de seize à dix-huit ans. D’où le caractère des épreuves orales, un entretien familier dans lequel l’examinateur s’assure, par des questions faciles, nettement formulées, méthodiquement posées, répétées et variées s’il le faut, que le candidat a fait ses études et qu’il en a profité. Tout cela, MM. les Professeurs des Facultés le savent mieux que moi ; je n’insiste pas.

Je me permettrai seulement d’appeler leur attention sur un point, à mon sens, fort important : l'examen du baccalauréat est coordonné aux études secondaires et aux programmes de ces études ; il faut donc qu'il soit dirigé dans le sens même où sont dirigées ces études. La justice l'exige ; l’intérêt des études le commande. En effet, s’il y a discordance entre la nature ou le caractère des questions posées au baccalauréat et la direction imprimée aux classes, si, par exemple, en histoire on interroge à l’examen sur de menus faits de détail, alors qu’il est recommandé, au Lycée, de s’en tenir aux faits les plus significatifs, à ceux qui mettent le plus en relief les caractères d’une époque, d’une civilisation, il est bien évident que les études en seront faussées, l’effort des maîtres entravé, l’esprit des élèves déconcerté. Aussi ne saurais-je trop prier MM. les Examinateurs de se pénétrer des instructions jointes aux derniers programmes de l’enseignement secondaire, qui leur ont été distribués, et de s’en inspirer aux examens.

La nomenclature des épreuves orales du nouveau baccalauréat appelle quelques commentaires

Première partie. — L'ancien programme disait : traduction d’un texte grec, traduction d’un texte latin ; le nouveau dit : explication. Il ne s’agit donc pas seulement de la traduction littérale, mais de l’explication d’un texte, avec les diverses questions grammaticales, historiques ou littéraires, que ce texte peut provoquer. Il n’y a plus d’interrogation spéciale d'histoire littéraire. Mais cette partie des études, à laquelle les instructions prescrivent d’ailleurs de maintenir un caractère trés élémentaire, pourra {trouver place dans l'explication des textes.

L'épreuve de langues vivantes a un coefficient double des autres explications. Par 1à, le Conseil supérieur a voulu marquer nettement quelle importance il y attache. En supprimant à l’écrit le thème allemand et le thème anglais, il a entendu seulement alléger les épreuves. Fi Jui a semblé que la traduction courante d’un texte, avec un thème oral fait au tableau, el mieux encore, toutes les fois que l’examinateur juge la force du ‘andidat suffisante, une courte conversation en allemand où en anglais répondaient mieux à ce que l’on doit se proposer

de l’étude des langues vivantes dans l’enseignement classique : les apprendre pour les comprendre et pour les parler.

Le coefficient 2 ne doit pas être réparti sur chacune des parties de l'épreuve, mais attribué à l’épreuve totale. L’examinateur donnera sa note et la multipliera par 2.

Le décret du 8 août ne fait pas mention expresse des interrogations facultatives d’Italien et d’Espagnol, mais comme il abroge simplement les dispositions contraires à celles qu’il édicte, le décret du 15 janvier 1881 est maintenu. Est maintenu de même le décret du 26 décembre 1882 relatif à l'épreuve des langues vivantes dans l’Académie d’Alger, en ce qu’il n’a pas de contraire au décret du 8 août dernier. Dans cette Académie, les candidats pourront, sur leur demande, être interrogés sur l'arabe.

D’après les anciens programmes, le candidat désignait lui-même, parmi les auteurs inscrits aux programmes de troisième, de seconde et de rhétorique, un certain nombre d'ouvrages parmi lesquels l’examinateur devait choisir le texte à traduire. C’était une prime aux préparations artificielles ; à la demande d’un très grand nombre de Facultés et de Lycées, elle a été supprimée. Désormais, pour tous les textes, pour les langues vivantes, comme pour le grec, le latin et le français, l’examinateur aura droit de choisir les textes d’explication dans les ouvrages inscrits aux programmes de troisième, de seconde et de rhétorique.

Mais, par mesure transitoire, comme le décret qui régit désormais le baccalauréat ne date que du 8 août 1890, aux sessions de 1891-1892 le choix des examinateurs s’exercera seulement sur les auteurs de rhétorique ; aux sessions de 1892-1893, sur les auteurs de rhétorique et de seconde, pour s’exercer pleinement à partir des sessions de 1893- 1894. Cette règle toutefois n’a rien d’absolu, et les jurys demeurent libres, pendant ces années de transition, d’interroger les candidats sur les auteurs qu’ils ont étudiés dans les classes de seconde et de troisième.

L’interrogation d'histoire et de géographie est une. La note sera attribuée d’après l’ensemble de l’épreuve.

L’interrogation sur les éléments des mathématiques doit se faire d’après le programme de rhétorique (arrêté du 12 août 1890).

A la seconde partie (1 série) l’interrogation de philosophie est une, mais elle peut porter à la fois sur l’ensemble de l’enseignement philosophique, philosophie, histoire de la philosophie et auteurs philosophiques (programme du 22 janvier 1885). Pour ce qui est des auteurs philosophiques, je rappelle la note qui accompagne le programme précité : « Le professeur devra faire expliquer chaque année deux textes français, un texte grec et un texte latin choisis par lui dans la liste précédente », d’où pour les candidats, le droit d’indiquer à l’examen les ouvrages expliqués en classe.

L’interrogation d’histoire contemporaine a pour base le programme du 28 janvier 1890 ; celle de physique, chimie et histoire naturelle, le programme du 12 août de la même année.

Les épreuves de la seconde série « ont pour base les programmes de la classe de mathématiques élémentaires ».

M. les Examinateurs ne perdront pas de vue que ces programmes ont été modifiés et mis en harmonie avec le nouveau régime d’études par l’arrêté du 24 janvier 1891.

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