‹ Le bacille de Koch est une bacterie innocente et pas l'agent pathògene de la tuberculoseChapitre 2 sur 3 · DIT MEME AUTEUR · texte numérisé non relu

DIT MEME AUTEUR

En hollandais:

L’application hypodermique de l’acétate de morphine dans le choléra asiatique, 1866,

Le limaçon membraneux et son évolution , avec 4 planches. (Thèse de doctorat) 1867.

L’anatomie, la pierre angulaire du temple de la médecine (Discours inaugural), 1871.

La centralisation de l’instruction médicale, 1876.

Le bacille de Koch n’est pas l’agent pathogénique de la tuberculose, Groningue, 1908.

En allemand:

Atrésie de l’artère pulmonaire chez un adulte , avec 2 planches , „lnternat. Monatschrift für Anatomie u. Histologie”, 1886, Band 111, Heft 7.

L’injection de la mamelle, avec 2 planches coloriées, Ibidem, Leipzig 1887.

Le rapport entre la cause , la nature et le traitement de la tuberculose. Discours tenu au Congrès de Berlin en mai 1 899. Paru aussi dans le „Médecin”, no. 41, 1899.

En français:

Le remède de Koch , sa valeur contre la tuberculose. Paris , J. B. Baillière et fils, 1891.

Nouvelles études concernant les bacilles de Koch. Ibidem, 1891.

La cause bacillaire de la tuberculose. „La France Médicale ”, 1894.

La cause de la tuberculose suivant M. le professeur R. Koch et sa méthode curative, Groningue, J. B Wolthers, 1897.

La doctrine de Koch. Communication faite au IVe Congrès pour l’étude de la tuberculose, Paris 1898.

Historique de la polémique concernant la signification du bacille de Koch dans la tuberculose et sa méthode de guérison. „Le Médecin” no. 12, 1900.

La nature de la tuberculose et la méthode curative de Koch. Communication faite au XIIIe Congrès international de Médecine. Paris 1900.

L’étiologie de la tuberculose suivant le prof. Koch et sa méthode curative, 2e édition. Paris, A. Maloine , 1903.

La question de la tuberculose devant la Société Médicale des Praticiens à Paris. Paris, A. Maloine, 1903.

Le bacille de Koch n’est pas l’agent pathogène de la tuberculose. Réponse à la critique de M M. le Dr. G. Lemière , professeur de bactériologie et d’hygiène à la faculté libre de Lille , le Dr. Samuel Bernheim , chef de l’œuvre de la tuberculose humaine en France et rédacteur en chef de la Revue Internationale de la tuberculose à Paris et le Dr. C. H. H. Spronck , professeur d’anatomie pathologique à l’Université d’Utrecht. Paris, A. Maloine, 1906.

Der Kochsche Bacillus ist eine unschuldige Bakterie und nicht der spezifische obligate Erreger der Tuberkulose. Berlin — Charlottenburg , Adolf Ecksteins Verlag 1909.

Messieurs et très honorés Confrères,

La polémique dans cette question jusqu’à l’automne de 1 905 vous est connue. Il n’est donc pas nécessaire de la répéter ici amplement. Un aperçu suffira.

C’était le 24 mars 1882, dans une séance de la Société physiologique à Berlin, que Robert Koch annonça, comme le résultat de ses ; recherches des dernières années sur l’étiologie de la tuberculose, que | cette maladie est causée par des parasites microscopiques en forme de ; bâtonnets, auxquels il donna le nom de bacilles tuberculeux.

Après deux ans , il exposa plus amplement sa doctrine dans un article intitulé :

Die Aetiologie der Tuberculose ).

Ayant étudié depuis 1871 la nature de la tuberculose tant histologiquement qu expérimentalement , en tout chez 205 chiens et 40 lapins et dans 200 autopsies de tuberculose de différents organes, il m’intéressa de contrôler les résultats de ses études.

Tout en appréciant la méthode de coloration ingénieuse à 1 aide de laquelle il avait découvert ces microbes , je ne pouvais pas constater leur présence constante et régulière dans les tubercules eux-mêmes. De là mon doute et mon avis de ne pas attacher encore trop de valeur à sa doctrine.

Il en demeura là quelques années.

Le 4 août 1890 il en fut autrement. Alors Koch dit dans la première séance du Congrès International de Médecine à Berlin: “qu’il { avait trouvé un moyen capable de rendre des animaux inaptes aux inoculations avec des bacilles tuberculeux et à arrêter le procès tuberculeux chez des animaux déjà tuberculeux.

On connait l’effet sur l’assemblée. L’enthousiasme était étonnant.

Pour le moment ce fut tout. Son discours fini , Koch se déroba à des informations ultérieures allant en voyage et ne retourna qu après j la fin du Congrès ').

Le 20 oct. s. il communiqua au référendaire Althoff en toute confiance qu’il avait trouvé un moyen spécifique contre la tuberculose et sollicita son congé comme Directeur de 1’ Institut Hygiénique ce qui lui fut accordé le 24 suivant.

Alors le secret était levé.

Le 1 3 nov. il donna la première communication sur sa méthode curative. Quoique voilée elle excita un enthousiasme inouï dans le : monde médical et laïque. L’afflux à Berlin de médecins et de malades fût énorme.

*) Miltheilungen aus dem Kaiserl. Gesundheilsamie II, S. 46, 65. -) Berliner Klin. Wochenschr ■ 1890 S. 1158 u. f.

Deux mois s’écoulèrent.

De part et d’autre on insistait sur des élucidations ultérieures.

Ce ne fut que medio janvier 1891 que Koch donna sa deuxième communication *).

Nous y apprîmes que son remède contenait “une certaine quantité de substance tuberculeuse nécrosante' .

Par ces mots il fut pour la première fois depuis 1 884 possible de juger de la valeur pathogénique des soi-disant cultures pures de ses bacilles. Ils me donnaient lieu à m opposer à son remède.

Désirant prendre des informations chez Koch lui-même , je me rendis à Berlin.

Le 3 février, je me présentais à son laboratoire, die Med. Centr. Zeitung ayant annoncé qu’il partirait le 6 pour l’Egypte.

Cependant il était déjà parti le 2.

J’ai raconté ailleurs les détails de ma visite '). De ses aides, le Dr. Libberts était invisible et le Prof. Pfuhl, le beau-fils de Koch, prié de me montrer les bacilles dans les tubercules eux-mêmes, n’avait pas la clef du laboratoire.

Ma première brochure parut en mars suivant ). On se rappelle l’effet.

Mon opinion fut reçue avec très peu de sympathie.

Au contraire en premier lieu mes collègues à la Faculté de Médecine à Groningue, puis à Leide s’élevèrent, irrités comme s’il s’agissait de leur propre cause. Ce n’était pas tout.

A leur tête mon collèque Fokker , 1 hygiéniste et bactérioloque „qui périt de dépit”, comme un des Curateurs m’écrit.

Deux autres brochures de moi suivirent dans le cours de cet année. L’agitation augmenta. Au printemps de l’année suivante à l’instigation de la Faculté une conjuration formelle fut entamée contre moi de la

Le 23 février 1892 je priai mes collègues, les cliniciens H. A. Kooyker et C. F. A. Koch rte m'éclairer sur quelques malades tuberculeux décédés dans leurs salles. Au lieu d’y satisfaire, ils engagèrent la Faculté de Médecine à me faire une opposition injuste et irritée.

Institués par eux les Curateurs de notre Université et le Ministre de l’Intérieur, alors Tak van Poortvliet, ami du Prof. Fokker, conjurèrent contre moi pendant plusieurs mois.

Le 8 juin j’appris confidentiellement que les Curateurs avaient reçu de la part du Ministre l'avis ,,de consulter des experts sur mon enseignemen t.”

Au lieu de s’opposer énergiquement à un tel examen inquisitorial, ils n’hésitèrent pas à y donner suite.

Ils prirent des informations auprès de quelques uns de mes e x - d i s c i p 1 e s et aussi d'un expert reconnu, — sans doute un professeur d’anatomie pathologique, versé aussi en bactériologie qui donna un jugement peu flatteur de mon enseignement, sans y avoir jamais assisté, — mouchards que ces autorité- n« m’ont jamais nommés.

De plus ce Ministre ne craignait pas d'altérer malicieusement une phrase dans une de mes missives.

Aussi M. St r au b, beau-frère de mon collègue C. F. A. Koch, maintenant Professeur d’ophthalmologie à Amsterdam, fit de son mieux pour aider à celte procédure 1).

En 1899 le même Straub déclara la publication de Koch sur la tuberculine „u n e mystification’^) et Fokker eu même temps, „que déjà depuis 20 années il avait montré que la bactériologie doctrinaire est insoutenable.”

Ces hommes étaient mes adversaires. Même Robert Koch dira: non tali auxilio, uon istis defensoribus.

’) Deutsche Mediz. Wochenschrift 1891. No. 3.

2) Le Médecin 25 Mars 1900.

’) Der Werth des Kochschen Heiherfahrens gegen Tuberculose. Emden. W. Haynel. fi Geneeskundige Courant, 31 Juli, Il Dec et 25 Dec 1892.

Ned. Tijdschr. v. Geneeskunde — 1899.

part des Curateurs de l’Université et du Ministre de l'Intérieur, — cherchant de toute façon à me faire donner ma démission.

J en ai raconté ailleurs les détails :

Au moment psychologique cependant vers la fin de novembre ces autorités reculèrent devant une acte gouvernemental injuste.

Après cet attentat, les années suivantes, le silence de la part des autorités médicales en Hollande, malgré un appel réitéré de ma part

en 1893, 1894, 1895 et 1898.

Du moins en public — dans les coulisses cependant le dénigrement, les intrigues et la conjuration.

Cinq ans de silence passèrent sans aucune réponse à mes objections.

Ce ne fut qu’en 1898 que le Congrès de la Tuberculose à Paris , 27 juillet au 2 août, m’offrit pour la première fois l’occasion d’exposer les résultats de mes études dans une assemblée scientifique — je ne peux pas dire — reçus avec sympathie.,

Le Président Nocard m’accorde à peine les 10 minutes officielles me disant, d’abord: „Lisez ! seulement vos conclusions. Votre opinion est connue. Vous combattez une doctrine adoptée unanimement par tout le monde médical’', — tandis qu’il laisse discourir d’antres pendant 20 et 30 minutes.

Cornil à qui je montrai mes documents, au lieu de me proposer de vérifier mes préparations ; sur des pièces dans son laboratoire, partit le lendemain samedi 30 août, deux jours avant la clotûre du Congrès, pour Vichy.

Roux auquel je propose le lendemain la même démonstration, se contente d’un exposé verbal , disant „qu’il n’avait pas le temps”.

Trois jours après Stiénon à* Bruxelles ne me montre uou plus aucune préparation de sa part.

L’année suivante au Congrès de la Tuberculose à Berlin 23 — 27 mai 1899 je m’étais annoncé d’avance pour une communication dans la IIe Section. Néanmoins mon nom ne se trouve pas sur la liste.

On me dit „que j’aurai oublié de m’annoncer et qu’il n’y a rien à faire”.

Je présente le reçu de la poste, Ferreur est reconnue.

Koch quoique sachant qu’ici la question de l'étiologie de la tuberculose serait mise en discussion, était absent, étant parti déjà quelques semaines à l’avance pour un voyage scientifique en Italie.

En son lieu , Bernhard Frankel de Berlin et Karl Flügge de Breslau président dans la IIe Section.

Le premier cherche de toute façon à m’interdire la parole. Au dernier moment encore un effort suprême de Frankel plein d’intrigues et de mensonges pour m’écarter ").

De ma part appel à l’Assemblée qui me fait justice.

Je peux disposer de 8 minutes.

') Voir le Médecin du 25 mars 1900, Die Bedeutung der Kochschen Bacillen bei der Tuberkulose 1900, — Prof. Dr. A. P. Fokker, De Verlegenwoordig er der bactériologie aan de Rijks-Universiteit te Groningen 1902. Le bacille de Koch n’est pas l’agent pathogène de la tuberculose. — Paris. Maloine. 1906 e( Der Kochsche Bacillus ist eine unschuldige Bakterie u. s. w. Berlin-Charlottenburg , Adolf Ecksteins

Verlag 1909.

“) Le Médecin 25 mars IÇOO.

Pas encore à la fin de ma communication , a) Flügge vient à son aide et me bousculant dans la tribune m’interrompit d’une manière très malhonnête s’écriant „que mon opinion était tout à fait en contradiction avec tout ce que nous avions vu jusqu’ici.’

Le plus curieux dans sa protestation était bien cette phrase : „ Quand le procès tuberculeux est encore frais, les bacilles tuberculeux se trouvent en grand nombre, mais quand apres la nécrose commence , on ne peut plus les voir.” 2)

Précisément le contraire de ce qu’on observe dans chaque poumon tuberculeux avec cavernes ouvertes, où dans la masse nécrotique qui y forme pour la plus grande partie le contenu , contient des milliers et des millions de ces microbes. Flügge donc au lieu de me réfuter, confirme ici au contraire mon opinion.

Elle prouve suffisamment ce que ce patholoque de laboratoire avec ses bousculades en savait par l’examen des organes tuberculeux de l’homme.

, Ni l’un ni l’autre cependant n’ont prouvé jusqu’ ici que mon opinion soit erronée.

Ma démonstration, annoncée en ces termes dans le Tageblatt du Congrès: „Des microscopes pour des démonstrations sont disponibles à la Salle 3 3”, finie , deux journalistes m’abordent, l'un le délégué de la Semaine Médicale et l’autre du Wratsch et me promettent de publier ma communication. Encore visiblement sous l’influeuce de la réception au Rathhaus du soir précédent, ils ont oublié leur promesse.

Des patholoques-anatomes ou bactérioloques Virchow, Israël, Hansemann, Weichselbaum. Dire h-H irschfeld, Bollinger, Denys, C. Frankel, Lof fier e. a. et des cliniciens aucun n’y assistait, même pas un seul des membres hollandais Kooyker, Wenckeb a c h e. a.

Au Congrès Intern. de Médecine de Paris 2 — 9 août 1900 à peu près la même réception.

Aucun des experts ne se soucia en rien de ma démonstration.

De même la Presse médicale en France et en dehors ne dit un seul mot de mon discours ni de ma démonstration.

A ma demande de me donner pour ma communication uu des premiers jours, vu la démonstration qui suivit, Rendu, le secrétaire général, me répond le 10 mai qu’il tâcherait de la l'aire passer le premier ou le second jour. Elle fut fixée au 8 août , l’avant-dernier jour du Congrès. Je fus placé dans la Section de Pathologie interne. Les experts étaient quittes de moi. Après mou discours pas de réplique.

Et ce ne fut qu'après des sollicitations reitérées auprès de Rendu et de Lannelongue qu’enfin je pouvais faire ma démonstration , non dans la Section d’anatomie pathologique ou de bactériologie , mais dans celle d’anatomie normale où d’ailleurs je trouvais un accueil très cordial de la part du professeur Retterer.

Cependant les experts Cornil, Chantemesse, Duclaux, Roux, Letulle, Me t c hnikoff, Bouchard, e. a. et aussi les cliniciens y faisaient défaut. Même pas le Vice-président de ma Section, Dieulafoy, adhérent de la doctrine de Koch. Peut-être qu’en cas de présence, il n'aurait pas écrit en 1903: „On trouve le bacille dans les granulations tuberculeuses de toute dimension et de tout âge’’. 2) Aussi les délégués hollandais y mauquaieut comme à Berlin.

*) Ursache , Wesen u. Behandlung der Tuberculose.

") Bericht über den Kongress zur Bekâmpfung der Tuberkulose als Volkskrankheit- Berlin

Tout autre fut l’accueil de la part de la Société médicale des Praticiens lorsque j’avais l’honneur de lui exposer mon opinion le 1 7 octobre 1902 , dont je conserve toujours un agréable souvenir. Un auditoire attentif et , après deux ans un tribunal impartial.

Ma communication donna lieu à une discussion très mouvementée.

M. le Docteur Samuel Bernheim, Rédacteur en chef de la Revue Internationale de la Tuberculose et Président de l’oeuvre de la Tuberculose humaine à Paris, se fit le défenseur de la doctrine de Koch et : s’éleva très vivement contre mes idées.

Invoquant l’autorité de ses maîtres et l’enseignement de ceux-ci , il vous dissuada de proclamer la non-spécificité du bacille de Koch , déclarant „qu’il était prêt à montrer expérimentalement des erreurs nombreuses dans ma communication et qu’il contestait dans son ensemble mes conclusions.”

Vous connaissez la marche de cette polémique qui a duré jusqu'à

la fin de 1904. x)

En mai 1905 il m’annonça ,, qu’il fera une communication au sujet de la spécificité de la tuberculose le 6 juin à 8 heures Va du soir à la Société Intern. de la Tuberculose.

Connaissant les promesses du docteur je ne m’y rends pas.

Deux jours après je suis informé par le Secrétaire ,,que la communication du Dr. S. Bernheim n’a pas pu être lue parce que l’ordre du jour était surchargé,” ce qu’il avait pu prévoir parcequ’il était le vice-président.

Enfin le 2 octobre 1905, il satisfait à sa promesse d’octobre 1902. Il lit sa communication, une critique détaillée de mon opinion dans la réunion de la Société Intern. de la Tuberculose. 3)

Un peu tard, c’est vrai, mais en tout cas il tint sa promesse et je dois le louer.

^ — D’autres n’en ont pas fait autant.

Je lui ai répondu point par point en même temps qu’à Lemi'ere Professeur à la Faculté libre de Lille et à Spronck, Professeur à Utrecht, dans une brochure, où critique et réfutation sont mises en regard. 4)

Ces trois sont seulement depuis 4 ans les seuls qui ont donné une ample critique de mes études, Koch lui même ne s en souciant en rien.

Lemi'ere donna sa critique en automne 1903 — et la publia en 1904.

Je ne fus pas honoré d’un exemplaire de cette critique par 1 auteur même , je la connus par celle de Bernheim. Moyen bien simple d avoir raison dans une question scientifique.

D’abord Bernheim s’esquive déjà à la démonstration à 1 Hôpital St-Antoine le 19 s. ; ensuite après bien des subterfuges pendant deux

*) La question de la tuberculose devant la Société médicale des Praticiens — Paris, Maloine, 1905.

2) Manuel de pathologie interne. Xlll édition. 1902. 1. p 3* 02

3) Le bacille de Koch est-il l’agent pathogène de la tuberculose P

“*) Le bacille de Koch n’est pas l’agent pathogène de la tuberculose. Paris, Maloine, 1906.

ans — nonobstant sa promesse réitérée de fournir les résultats définitifs de ses expériences et sa déclaration ,, qu’il possède déjà un faisceau de preuves expérimentales et pathologiques qui me confondront et réduiront à néant toutes mes assertions’’ — quoique serré de près par la Société , il finit par ne rien fournir.

C’est pourquoi celle-ci adopte enfin le 18 novembre 1904 après une discussion mouvementée 1 ordre du jour suivant :

,,La Société Médicale des Praticiens , attendant vainement depuis 26 mois les preuves que le Dr. Samuel Bernheim dit avoir en mains, considère comme terminé le mandat de la Commission de la tuberculose, constate que le professeur Middendorp n’a jamais obtenu de réponse à ses affirmations et se conformant à son vote , décide la publication des documents.’

Vraiment la plus curieuse parmi les objections de Bernheim est la lutte acharnée entre les bacilles et les cellules , la digestion et la disparition de ceux-là par la phagocytose d après Metchnikoff , invoquée par lui pour expliquer, pourquoi les bacilles échappent à la vue dans les tubercules crûs et agglomérats.

Dans les tubercules crûs et jaunes et dans les petits et grands agglomérats, comme je le pose en fait, on ne trouve constamment et régulièrement aucun bacille de Koch.

J’ai incisé nombre des uns et des autres en divers sens et parmi ces derniers , de très petits agglomérats, mais aussi de la grosseur d'une châtaigne et de meme des foyers ramollis clos du poumon et d’autres organes de différente dimension sans rencontrer aucun bacille, tandis que, par la même méthode de coloration, des milliers furent aussitôt mis au jour dans la moindre partie du contenu d’une petite cavernule de 2 à 5 millim. de diamètre et de cavernes plus grandes dans le même poumon ou dans 1 autre poumon du même individu, depuis peu issues de foyers ramollis clos qui, à leur tour étaient auparavant de tels agglomérats , dont elles représentent encore la forme à tous égards.

Seulement en cas d’ auto-infection et d infection qui prennent leur origine d’une caverne ouverte des poumons , on découvre ça et là dans les tubercules crûs , leurs agglomérats et les foyers fermés quelques rares bacilles , tandis que des centaines de tubercules et nombre d‘agglomérats et foyers du même poumon n’en montrent pas un seul.

Selon Bernheim e. a. leur absence s’explique ainsi : „les bacilles sont digérés par les cellules épithéloïdes et les cellules lymphoïdes mononucléaires du tubercule.”

Eh bien ! si chaque cellule prend pour son compte un bacille , quelques centaines de ces microbes seront digérés et disparus dans un seul tubercule crû et quelques milliers dans un petit agglomérat.

Toutefois il faut l’avouer — pour ces cellules fragiles, ce n est pas un aliment facile à digérer, ce bacille acidorésistant et encore Colombie , 1 0 dans des crachats et dans le contenu de caverne en putréfac-

tion conservés pendant plusieurs mois , 2" en pièces anatomiques conservées en alcool pendant quelques années et 3" dans des cadavres exhumés après 8 ans. — Mais enfin, acceptons pour le moment avec Bernheim, Lemiere e. a. que les cellules fraîches vivantes du tubercule assistées dans cet oeuvre par la cellule géante „douée suivant Bernheim- Metchnikoff d’une activité phagocytaire intense ”, les ont dévoré tous et que c’est la cause, pourquoi on ne les rencontre pas dans les tubercules crûs et dans leurs agglomérats.

Peu après cependant les agglomérats, comme je viens de le dire, deviennent des foyers ramollis clos qui bientôt deviennent à leur tour des petites cavernes ouvertes répétant encore la forme des foyers et gorgeant de bacilles de Koch.

D où alors ces derniers sont venus, ces milliers de microbes , quand les éléments phagocytaires, les cellules tuberculeuses les ont dévorés et digérés ?

Bernheim, Lemière et Metchnikoff auront sans doute la complaisance de nous élucider ce miracle!

Quant à Spronck, Professeur d'anatomie pathologique et de pathologie générale et hactériolouqe reconnu après avoir combattu mon opinion pendant plus de douze ans — le 14 Janvier 1899 il m’écrivit: „ Depuis plus de dix ans j ai pu me persuader chaque fois de la présence des bacilles tuberculeux dans tous les produits tuberculeux” — dans ses cours et ailleurs, évitant subtilement toute discussion soit par écrit soit par conférence, il fut enfin forcé par le Congrès d’Hygiène tenu à Nimègue des 1 — 2 juillet 1904 à paraître en public.

C était pour moi la première occasion d’exposer mon opinion dans une assemblée scientifique en Hollande.

Là le Bureau avait mis à l’ordre la Tuberculose. Spronck traita amplement l'étiologie, tandis que le Dr. Ruysch, Inspecteur en Chef de la Santé publique à la Haye et le Prof. Pel d’Amsterdam firent des communications sur la prophylaxie et le traitement de cette maladie dans les Sanatoria. Tous trois sont des adhérents de la doctrine de Koch.

Aucun d’eux ne prit la peine de prendre connaissance de mes documents.

Répondant brièvement à ma communication Spronck se défit de la question par un même coup d’autorité comme Nocard en 1 898 et Flügge en 1899, disant: „La majorité est persuadée absolument de la justesse de la doctrine de Koch. Le monde entier est convaincu que le bacille tuberculeux est la cause de la tuberculose ” .

Pas content d’une telle argumentation, je reviens à la question au Congrès suivant tenu les 15 et 16 septembre 1905 à Schéveningue.

Maintenant Spronck soumet mon opinion à une critique détaillée, ajoutant „qu il est parfaitement prêt à descendre en cas de besoin dans toutes les particularités de la question ”.

Sa critique fut publiée en Mars 1906 après des péripéties multiples, le Bureau du Congrès ayant exprimé le désir de rayer du Rapport et mon discours et la critique de Spronck.

e protestai contre cet expédient. Il ne fut pas admis.

Voilà la manière dont on a combattu les résultats de mes études. D’une part le silence, de l’autre la critique maintes fois pleine d’aménités pas taillées au coin de la courtoisie et de la calme réflexion , des machinations et des subterfuges multiples pour écarter une discussion.

Procédons maintenant à 1 examen de la question elle même. — Est-ce le bacille de Koch — ou le protoplasme de la cellule tuberculeuse encore fraîche et la même substance en voie de dégé= nérescence , — la substance tuberculeuse nécrosante, constituant le centre des tubercules jaunes et de leurs agglomérats, la masse des foyers caséeux et la masse principale du contenu des cavernes ouvertes, qui est la cause de la tuberculose ?

Un tubercule gris ou cru qui, tout à fait développé, a à peine un millimètre de diamètre, n’est constitué que de cellules, les cellules tuberculeuses. Elles sont si serrées, qu’il est bien difficile d’en séparer quelques-unes intactes et, pour cette raison, tous les auteurs n’en donnent pas tous le même dessin.

Autrefois, on prenait les grands noyaux bien caractérisés des cellules tuberculeuses pour les éléments constituants du tubercule. Ils s’appelaient alors corpuscules tuberculeux et il n’y a encore que peu d’années que les anatome-pathologistes sont tombés d’accord à l’égard de la nature de ces noyaux, c’est-à-dire, qu’ils ont reconnu les corpuscules tuberculeux d’autrefois comme les noyaux des cellules tuberculeuses, Virchow fut le premier qui montra que le tubercule n’est constitué que de cellules ').

A cause de cette structure dense du tubercule qui n’a point de capillaires sanguins, — et les capillaires du tissu de l’organe sont bientôt oblitérés — les cellules intérieures ou centrales dépérissent les premières.

Ce dépérissement a lieu d’autant plus vite que les tubercules se trouvent plus agglomérés et forment de petits ou de grands agglomérats , de sorte qu aussi dans de petits agglomérats, même s’ils ne sont constitués que de 5 à 6 tubercules, on rencontre si rarement des tubercules purement gris ou crus, c’est-à-dire des tubercules qui existent encore partout et par conséquent aussi dans 1 intérieur de cellules saines.

Les cellules intérieures dépérissent encore plus vite quand de plus grandes parties d’organes sont tellement infiltrées de tubercules^qu’à l’œil nu bien peu du tissu vasculaire original est encore visible, comme on voit très souvent dans le sommet du poumon et pour un organe entier, dans les glandes lymphatiques.

Pendant ce dépérissement, il se forme une masse granuleuse extrè~

') Lehrer der krankhaften Geschwülste, II, p. 63 7, 1865.

mement fine qui n’est plus transparente, d’une couleur plus ou moins jaune, le détritus caséeux ( deterere : pulvériser), la substance tuberculeuse nécrosante, constituée par du tissu cellulaire tuberculeux dégénéré et dans lequel les noyaux des cellules tuberculeuses, résistant plus longtemps par leur structure plus solide à la mortification, restent encore quelque temps visibles, jusqu’à ce qu’aussi ceux-ci dépérissent enfin à leur tour.

Dans le tubercule gris nous voyons alors paraître un point jaune, terne, grandissant bientôt et occupant peu à peu tout le tubercule, laissant seulement un bord plus ou moins large sain ou à peu près sain.

Vu que Spronck n’a pas touché dans sa critique toutes mes thèses, comme nous verrons, et qu’on ne peut pas s exprimer trop clairement dans cette question , il est necessaire d exposer ici notre polémique dans son entier.

Tandis que KOCH dit:

I. — Les bacilles tuberculeux sc trouvent dans toutes les affections tuberculeuses et bien exclusivement dans celles-ci.

Je dois y opposer:

I. — Dans la tuberculose humaine il ne se trouve constamment et régulièrement aucun bacille de Koch dans les tubercules eux-mêmes , ni dans les granulations miliaires grises ou jaunes, ni dans les agglomérats ou dans les infiltrations et non plus dans les parties caséeuses d’organes tuberculeux, où on ne peut plus distinguer les tubercules comme tels, où donc la caséification des parties tuberculeuses est complète — foyers ramollis fermés dans plusieurs organes, poumons et reins caséeux, vertèbres et autres os cariés, cavités articulaires, ganglions bronchiques, mésentériques, cervicaux et autres.

SPRONCK au contraire déclare:

I. — „Dans une certaine période du développement du tubercule de même qu’en chaque affection tuberculeuse en évolution chez l’homme les bacilles | se trouvent constamment et on peut les y démon I trer facilement , du moins si l’on fait usage de j l’experimentation sur des animaux susceptibles”, j puis „on ne doit pas perdre de vue , que l’organisme possède des moyens pour combattre et tner les bacilles, ce qui explique pourquoi on ne les rencontre pas toujours dans les éruptions tuberculeuses.”

à quoi je réponds:

I. A ces assertions j’oppose un démenti formel et catégorique.

Les résultats négatifs de mes études sur la présence des bacilles sont fondés sur l’examen exact, d’abord de nombre de tubercules dans chaque période de leur développement , miliaires et submiliaires, gris et jaunes, examinés sur l’homme, empruntés à des individus de tout âge et a différents organes, et ensuite de nombreuses affections tuberculeuses en évolution..

Ces dernières sont:

1. Les petits et grands agglomérats; parmi les grands, il y avait des conglomérats de 2 à 3 centimètres, d’autres de 4 à 5 centimètres;

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