‹ Le bactériophage; son rôle dans l'immunitéChapitre 29 sur 78 · ORIGINE DES CULTURES SECONDAIRES · texte numérisé non relu

ORIGINE DES CULTURES SECONDAIRES

Quel est le mécanisme intime qui régit la formation des cultures secondaires ? A priori, deux hypothèses peuvent se formuler. Deux facteurs sont en présence, le Bactériophage dont la virulence peut s'atténuer, la bactérie dont la résistance peut augmenter ; les cultures secondaires sont-elles dues à un affaiblissement de l'activité du Bactériophage ou bien existe-t-il, parmi les bactéries contenues dans l'émulsion, certains individus susceptibles d'acquérir l'immunité visà-vis du Bactériophage, ce qui provoquerait la formation d'une race résistante? Les expériences suivantes tranchent nettement la question en faveur de cette dernière hypothèse.

Nous avons vu au chapitre traitant de l'isolement du Bactériophage que, dans la grande majorité des cas, les souches trop peu actives au sortir de l'organisme pour provoquer la lyse d'une éraulsion bactérienne, et où la présence des ultramicrobes ne peut être primitivement décelée que par suite de la présence de plages sui gélose inclinée, étaient susceptibles d'acquérir par passages successifs une activité très grande permettant d'obtenir la lyse d'émulsions très chargées. Cette méthode des passages en série du Bactériophage qu'on oblige à se développer in vitro aux dépens d'une bactérie donnée, correspond exactement à la méthode pastorienne d'exaltation de la virulence d'une bactérie par passages successifs par un animal donné.

Rien que cette expérience, que j'ai renouvelée un nombre consi dérable de fois, en fait chaque fois que j'ai isolé un Bactériophage

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peu actif d'un organisme, montre à elle seule que les cultures secondaires ne se produisent pas par suite d'une diminution de la virulence du Bactériophage, puisqu'il y a au contraire exaltation à chaque passage, même en l'absence d'une lyse macroscopiquement visible. D'ailleurs voici une expérience donnant la preuve directe.

Exp. — Le contenu du tube ayant donné une culture secondaire dans Texpérience relatée à la page 53, est filtré sur terre d'infusoires puis sur bougie. 12 tubes d'émulsion de Shiga type sont inoculés chacun avec i/i.ooo de cm^ de ce filtrat. Lyse parfaite dans les 12 tubes, permanente dans 11. Un seul se retrouble après 4 jours.

Les ultramicrobes bactériophages n'avaient donc rien perdu de leur virulence du fait de la culture secondaire. Ils coexistaient virulents à côté de bactéries devenues résistantes. La culture secondaire est donc le résultat d'un phénomène d'accoutumance delà part de la bactérie qui acquiert l'immunité vis-à-vis de son parasite.

Nous avons déjà vu que le nombre des ultramicrobes inoculés n'a aucune influence sur l'apparition des cultures secondaires, tout se réduit à une lutte où le nombre ne constitue qu'un facteur sans importance : ce qui importe c'est la virulence d'une part et l'aptitude à la résistance de l'autre.

Exp. — 6 tubes contenant une émulsion de bacilles dysentériques à 25o millions par cm^ sont inoculés avec des quantités variables d'une même culture de Bactériophage, avec les résultats suivants :

cm^ culture de Bactériophage : lyse normale puis culture

secondaire.

— — : lyse normale et permanente.

— — : lyse normale et permanente.

— — : lyse normale puis culture

secondaire.

— — : lyse normale et permanente.

— — : lyse normale et permanente.

De plus les tubes donnant une culture secondaire s'intercalent dans les séries, au milieu de tubes où la lyse est définitive.

Exp. — Partie d'une série. Chaque tube de la série, contenant une émulsion de bacilles dysentériques à 260 millions par cm^, est inoculé avec i/i.ooo de cm* de Témulsion lysée du tube précédent. Passage chaque 24 h., c'est-àdire quand le milieu est parfaitement limpide.

8.7.16. Emulsion + 0,001 cm^ culture de Bactériophage : lyse permanente. 9.7.16. — + 0,001 cm' émulsion lysée du 8.7.16: lyse permanente.

cm^

cm^

o,oo4

cm^

cm^

cm^

cm^

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