‹ Le bactériophage; son rôle dans l'immunitéChapitre 46 sur 78 · MORPHOLOGIE · texte numérisé non relu

MORPHOLOGIE

L ultramicrobe bactériophage est d'une ténuité extrême : à Tul- \. iramicroscope on n'aperçoit, dans les milieux qui le renferment, que des points brillants très fins ; il est vraisemblable que chacun ;j de ces points représente un ultramicrobe, d'autant plus que Tabon- 1» dance plus ou moins grande de ceux-ci semble correspondre avec le résultat des numérations effectuées sur gélose. Sa ténuité est telle qu un milieu qui contient plusieurs milliards d'ultramicrobes bactériophages par centimètre cube paraît parfaitement limpide. L'ultramicrobe est pourtant doué d'une masse puisque chaque élément se dépose sur la gélose en des points définis et cette masse est appréciable car les ultramicrobes se sédimentent avec le temps.

Exp. — Un tube renfermant une culture de Bactériophage antidysentérique, filtrée sur bougie, est laissé immobile dans une armoire pendant onze mois.- Au bout de ce temps je prélève un échantillon de liquide près de la surface et UQ autre échantillon dans le fond du tube, en appuyant le bout de la pipette sur le verre.

Numération des germes à la surface : 280 millions par cm*.

Numération des germes dans le fond : 2.900 millions par cm^.

Les ultramicrobes se sédimentent, quoique partiellement, par centrifugation à grande vitesse.

88 LE BAGTÉRIOPHAGE

Exp, — 25 cm* de culture du Bactériophag'e (anti-dysentérique) filtrée sur bougie, sont centrifug'és dans un appareil de Jouan donnant 12.000 tours à la minute^ pendant 3o minutes.

Résultat des numérations :

Avant centrifugation : 1.760 millions par cm'. Après, centrifugation : surface, 5o millions par cm^. Après centrifugation : fond, 8.700 millions par cm^.

La dialyse à travers des membranes de collodion de diverse dureté peut nous fournir un renseignement, bien grossier il est vrai, sur la grosseur d'un ultramicrobe bactériophage. Comme test j'ai mélangé une partie de sérum de cheval, à trois parties de culture du Bactériophage. J'ai dialyse contre eau distillée et recherché après 12 h. de dialyse le Bactériophage et l'albumine dans Teau baignant le sac. J'ai observé qu'on obtenait le passage des ultramicrobes quand il y avait passage de l'albumine, jamais quand la dureté de la membrane était suffisante pour empêcher le passage de celle-ci. L'ultramicrobe bactériophage passe donc où passe une molécule d'albumine du sérum, il est retenu quand cette molécule est retenue . Il appartiendra aux physiciens d'en déterminer la dimension exacte par des méthodes plus rigoureuses ; cette détermination serait d'autant plus intéressante que le Bactériophage est le seul ultramicrobe sur lequel elle soit actuellement possible, puisque c'est le seul dont on puisse compter les éléments; elle pourrait servir à élucider un problème important touchant la constitution de la matière organisée.

On a calculé qu'un ultramicrobe de r/ioo de [jl de diamètre devait contenir une vingtaine de molécules d'albumine et cinq à six atomes de soufre. Les physiciens ont déterminé la grosseur des pores des membranes de collodion les plus serrées : ils n'ont pas plus de deux millionièmes de millimètre; or, l'ultramicrobe de la peste aviaire traverse de telles membranes, chaque élément ne pourrait avoir plus de i/5.ooo de [jl de diamètre ; il serait donc composé de un dixième de molécule d'albumine. D'un autre côté, un ultramicrobe est déjà un organisme fort complexe, susceptible d'adaptation, possédant la faculté de sécréter des toxines, des diastases, ayant en^un mot toutes les caractéristiques des êtres vivants, ce qui implique une organisation déjà très élevée. Nous nous trouvons donc acculé à une absurdité, car on ne peut concevoir un organisme complexe formé d'une seule molécule ou de la dixième partie d'une et il serait plus simple d'avouer qu'on ne peut se figurer sous quel aspect se présente la vie chez l'ultramicrobe et sous quelle forme

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