SCÈNE XII
JENNY, Made DE VERVELLES.
Mad. DE VERVELLES.
Eli bien ! ma chère aine, tout est arrangé; tu t'es rendue, tu as bien fait... il est si doux de rendre heureux ceux qui le méritent,
jenny y froidement.
Oui , quand ils le méritent.
Mad. DE VEUVELLES.
'Il me semble que personne n'a plus de droits que le colonel ; ce cher Derville ! tout-à l'heure , quand il me demandait mon consentement , il était si troublé , que moi-môme j'en ai été émue !... Il est des souvenirs qui ne peuvent s'effacer.
JENNY
J'en suis fâché pour vous , ma chère tante... mais vous en serez pour vos frais d'émotion... car , à coup sûr , je n'épouserai jamais le colonel.
Mad. DE VEUVELLES.
Qu'est-ce que vous m'apprenez-là ?
JENNY
L'excte vérité... ma résolution est prise; et je n'en changerai jamais.
Mad. DE VERVELLES.
Air : vaudeville de la Somnambule.
*■" Qu'entends-je. . . ô ciel ! vous seriez inconstant» I y pensez-vous? quel exemple immoral!
^ • Vous ma nièce?
* pensez-vous? quel exemple
JENÎCY.
Et cependant ma tante, Si je ne l'aime plus. . .
Mme DK VKBVELLE.
C'est égal!
Car une femme qui s'honore,
Pour son amant observant le traite,
Ne l'aimant plus, doit l'épouser entor» ,
Par respect pour la fidélité.
Ce pauvre jeune homme !
JEJXIVY.
Elle va le plaindre a présent.
Itad. DE VEUVELLE9. "V
Oui, certes, je dois le plaindre et le défendre... Quelle conduite que la sienne ! 6on aventure avec Louise est admirable.
JE2VNY.
Eh Lien î ma tante , ca ne suffit pas.
irad. DE VERVELLES.
Comment ! ca ne suffit pas !... Je sais Lien qu'il n'est pas encore à la hauteur des Céladons et des Amadis ; mais il faut de l'indulgence ; il faut eonsidérer dans quel temps nous vivons... et certes, dans ce moment-ci, en fait de ,fidélité et de constance , vous ne trouverez rien de mieux... ainsi donc , vous n'avez point d'excuse, et vous l'épouserez.
JEIYNY.
ATon , ma tante.
Mad. DE V E II V ELLES.
Vous l'épouserez !
JENNY
Non , non , cent fois non... et j'ai des motifs...
Mad. DE VEIIVLLLES.
Quels mo ifs... s'il vous plaît ?
JEWHT.
Des motifs... qui font que... enfin , ma tante... il est inutile de vous les dire.
Mad. DE VERVELLES.
Et moi, je veux les connaître. Parlez , qu'avez-vous à lui reprocher ?
jeivky , a part.
Je ne sais plus que lui dire ma foi \ inventons....
Mad. DE VERVELLES.
Eh Lien ! ma nièce ?
jenky , avec mystère.
J'ai appris qu'il avait des dettes... des créanciers... et ▼ous sentez qu'une pareille conduite...
Mad. DE VERVELLES.
Esttrès-repréhensible... j'en conviens, mais cependant . ma nièce
JENNY
Taisez-vous, lo voici... et surtout ne lai en dites rien.... (a part.) car s'il savait ce que je viens d'inventer sur son compte.